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Koony - Montreal
Qui es-tu ?
Je m’appelle Koony.
Que fais-tu ?
Depuis 2 ans je suis considéré comme un sommelier mais dans le café, dans l’arabica. Je gère le café La Touche sur l’Avenue Mont-Royal Est à Montréal. J’aime le café, je fais des assemblages spécifiques à chaque personne pour que chaque personne ait sa propre recette de café, celle qui lui correspond. Ici je n’ai que de l’arabica, que du café haut de gamme qui pousse à au moins 1200 mètres d’altitude, c’est uniquement du bio-équitable de grade spécialisé. C’est à dire qu’il y a moins de 10% de production dans le monde qui arrive à ce niveau-là. En Ethiopie par exemple j’ai 3 cafés, le premier qui a vraiment des parfums de darjeling, un fini sucré très agréable à boire. Le deuxième qui est très moka, c’est à dire cacao avec un fini baies sauvages. Et le troisième qui est assez épatant car à l’infusion ça sent le bleuet. J’ai d’autres cafés sur des parfums fumés, d’autres sur des épices, d’autres sur des parfums très traditionnels d’arabicas. Ce qu’il faut savoir c’est qu’à la torréfaction on ne rajoute rien, c’est le terroir qui donne toutes ses spécificités au fruit. Je ne travaille qu’avec des artisans, mon torréfacteur est montréalais, mon importateur de thé aussi, j’ai 34 variétés de thés premium, toutes mes viennoiseries sont faites par un artisan montréalais qui me livre tous les matins. Voilà ce que je fais. Je travaille sur le goût, la qualité, la responsabilité et dans un petit café comme le mien j’ai un menu qui fait 4 pages ! Quand j’ai dessiné mon café j’ai fait en sorte d’avoir assez de place pour pouvoir proposer 4 pages dans le menu. Je suis arrivé à Montréal en 2009 en provenance de Marseille où j’ai fait quasiment toute ma vie jusqu’au moment où je suis venu à Montréal avec ma résidence. Ca été beaucoup plus facile avec ma résidence plutôt que d’enchaîner des permis qui sont plus des semi-prisons, semi-libertés. Grâce à cette résidence j’ai le droit travailler dans tout le Canada, avec qui je veux et comme je veux. Quand je suis arrivé à Montréal j’ai commencé par chercher un emploi de serveur, j’avais déjà 5 ans de métier, j’ai fait entre 150 et 180 restaurants pour zéro emploi. En fait ce qui s’est passé c’est que j’ai rencontré mon premier employeur chez le coiffeur. On a discuté un moment et au bout de la discussion il m’a proposé d’être son premier employé dans le restaurant qu’il allait ouvrir à Rosemer, c’est à peu prés à 45 minutes de Montréal. Donc j’ai du acheter une voiture et j’ai travaillé 6 jours par semaine dans son restaurant. J’ai formé les serveurs, les serveuses, les baristas à tout le métier afin qu’ils soient à l’aise avec les clients, qu’ils connaissent les bons gestes, etc. Ensuite je suis revenu à Montréal, j’ai travaillé pendant 6 mois dans le quartier du Vieux-Montréal. Ce qu’il faut savoir quand tu veux travailler dans Montréal et surtout dans le Vieux-Montréal c’est qu’il faut être complètement bilingue. Le problème c’est que je ne suis pas du tout bilingue. Donc j’y suis allé au culot et quand j’ai passé mon entretien, en français puis en anglais, j’ai décidé d’aller dans une discussion où je connaissais le vocabulaire et j’ai été pris. La saison se passe et mon ancien employeur me recontacte et me donne les clefs d’un de ses restaurants à Griffintown, un des quartiers anglophones de Montréal. Donc c’était une nouvelle expérience qui commençait pour moi. Je gérai l’embauche et le remerciement des salariés, les changements de cartes, la déco, la relation avec les fournisseurs etc. Et à la fin de la première année on a fait +22% de chiffre d’affaire. La deuxième année on a continué et on a fait +17%. La troisième et dernière année j’ai cumulé ce travail avec un travail de serveur à côté, ce qui m’as permis de mettre de côté pour ouvrir mon café. Et le café dans lequel on se trouve en ce moment est ouvert depuis juin 2014. Je travaille beaucoup pour partager mon amour du café avec les clients, ça demande beaucoup d’énergie mais j’aime ça !
Où vas-tu ?
Quand on entend cette question on peut penser aux projets, aux rêves qu’on veut accomplir. Le problème avec moi c’est que j’ai plusieurs rêves que je veux accomplir mais je ne peux pas accomplir ces rêves-là si je ne réussis pas. J’ai ouvert la deuxième compagnie au mois de décembre, ça n’est pas un café mais une distribution de mes assemblages de cafés dans des entreprises, des spas. J’aimerais créer de l’emploi. Ca serait rigolo qu’un mec qui n’a pas réussi à l’école crée de l’emploi. Après j’aimerais aussi créer une école de boxe un jour dans ma cité à Marseille, parce que je crois que le sport peut faire beaucoup pour les jeunes. J’ai encore d’autres projets en tête donc je vais avancer et je verrai ceux qui sont réalisables au fur et à mesure.
Qu'est-ce que tu aimes à Montréal ?
Les côtés positifs de Montréal selon moi sont nombreux. On est dans une grande ville, avec des transports en communs vraiment très efficaces. Si on vit à Montréal et qu’on travaille à Montréal on n’a pas besoin de voiture. Le fait de voir deux villes, une ville l’hiver, une ville l’été, ces deux villes n’ont rien à voir. Ca reste les mêmes rues, les mêmes personnes mais ce sont deux ambiances vraiment différentes, et ça c’est agréable. La politesse des gens chez le montréalais moyen est élevée. même si les montréalais ne sont pas les mêmes que les gens de région, j’aime beaucoup plus les gens de région, c’est normal Montréal est une grande ville et toutes les grandes villes pourrissent les hommes. On peut pas dire que les gens de Paris sont les mêmes que ceux qui vivent à 50 kilomètres de Paris, ce ne sont pas les mêmes personnes. C’est compliqué de se faire des amis québécois, ça prends du temps, mais qu’est-ce que ça en vaut la peine !! Le fait que j’ai vécu en région m’as permis de baigner dans la culture québécoise et de connaitre beaucoup plus de québécois que n’importe quel nouvel arrivant. Le québécois n’aime pas le débat, il n’aime pas le conflit verbal. Beaucoup de français ont des difficultés avec ça parce qu’on a l’habitude de discuter, de se disputer et de boire ensemble après. Et ça se comprend que les français aient du mal avec ça. Déjà qu’un parisien et un marseillais sont aux antipodes de ce qu’est un français alors imagine à 7000 kilomètres de chez toi. Donc il y a forcément un travail d’intégration, de compréhension à faire pour les français qui viennent à Montréal. Moi j’adore les gens d’ici, ils sont vraiment cool. Montréal est une ville agréable à vivre, il y a encore de la place pour tous, il n’y a pas de violences gratuites. Il y a du respect vis à vis des femmes ici. Une femme peut sortir en mini-jupe tranquille, elle ne se fera pas emmerder. La vie est vraiment paisible ici. Il y a des parcs en ville où on n’entend pas les voitures, où on ne sent pas les voitures, où on voit des écureuils, ça fait peut être un peu bisounours mais ça fait partie de la vie à Montréal. Je suis venu à Montréal pour changer de vie et ça a marché. Je me suis donné les moyens de devenir mon propre patron, peut importe si je réussis dans la vie ou pas mais en tout cas j’aurais essayé.
Qu'est-ce que tu n'aimes pas à Montréal ?
Le côté négatif ça va être le climat mais c’est aussi le climat qui fait que Montréal est Montréal donc faut pas forcément cracher sur l’hiver. Certes il est long et pénible mais ça fait partie de la vie montréalaise. Après Montréal est une ville qui manque de style architectural, ça n’a pas 2600 ans Montréal, c’est normal. Les côtés négatifs ça peut être les modes de paiement qui sont des fois déstabilisants notamment pour un français qui viendrait d’arriver. Le sens du mot ami. Moi je viens des quartiers nord de Marseille, il y avait tout pour nous séparer mais notre point commun c’est qu’on n’avait pas d’argent et on était tous des frères, dans le vrai sens du terme. Et ici le mot ami c’est le même sens que le mot ami dans Facebook, ça ne veut strictement rien dire. Donc ça ça a été un peu compliqué pour moi au début. Mais au final il faut essayer car les québécois sont des super personnes. Ce qu’il faut bien avoir en tête quand on vit à Montréal c’est qu’on est dans une culture nord-américaine, c’est capitaliste, très individualiste, très chacun pour soi. C’est vraiment une autre culture, il faut traverser ces difficultés pour bien vivre ici. Moi je suis ici pour rester ce qui veut dire que dans mes choix personnels j’y ai trouvé ce que je voulais. Les ethnies sont séparées à Montréal, on dit qu’il y a un brassage culturel ici mais ça n’est pas vraiment la réalité. Certains français nouvellement arrivés à Montréal me disent que certains québécois sont racistes mais réfléchissez à votre propre comportement aussi. Quel regard portez-vous sur les communautés qui restent entre elles en France ? Donc si vous restez entre français à Montréal il y aura peut être aussi du racisme à votre égard. Même si le racisme, ici comme ailleurs, est souvent le fait de l’ignorance. Donc c’est à chacun de s’adapter à son environnement et à sa culture.
I FOR ONE AM A PEDOPHILE
I ONCE SAW KOON NAKED WHEN HE WAS A BABY.
BEING OLDER THAN HIM, AND ATTRACTED MADE ME A PEDOPHILE.