Couple of the smartest guys I’ve ever run into on the Central Coast… One makes some of the worst wines in the region and one makes some of the best. The extremely talented and wine-making guru John Munch makes–NYET: distills a soggy mud-heap of NV chardonnay with extended barrel age into a 15-5 brown liquid (it’s not wine) that makes the gods cry. Mike Callahan sources Riesling from the best…
Cartel, Michel Schweizer, les 29 et 30 novembre, Le Cuvier, Artigues-près-Bordeaux.
Le « manager » Michel Schweizer réunit dans Cartel une nouvelle cuadrilla improbable autour de deux ex-danseurs étoile, du corps et du deuil, de l’excellence et de l’obsolescence.
Par Pégase Yltar
Maîtres-chiens, culturistes, ados… Vos précédentes créations, Bleib, Ô Queens ou Fauves, réunissaient des non-professionnels de la scène. Ce n’est pas le cas ici. Qu’est-ce que cela change ?
En fait, je cherche plutôt à réunir sur le plateau différents mondes. Certains sont formés à la scène, d’autres non : c’est cette diversité, ou plutôt ce rapport renouvelé à la vérité, qui m’intéresse. Cette fois, c’est le monde de la danse classique : il est fort éloigné du mien, même si je m’intéresse au corps et si je suis subventionné comme chorégraphe… J’ai toujours été intrigué par cette discipline très datée, fossilisée, et qui se perpétue tranquillement, comme un patrimoine vivant.
Quel est ce Cartel que vous allez mettre en scène ?
Pour une fois, je peux revendiquer une création chorégraphique : ça réunit trois danseurs. Deux danseurs étoile qui ont largement dépassé le niveau de la retraite, Cyrille Atanassoff et Jean Guizerix, des figures emblématiques de la danse classique dans les années 1970. Et un très jeune danseur de 21 ans, Romain di Fazio ; ce qui me sert à questionner la transmission. Je me suis dirigé vers des profils masculins, un genre qui m’interroge beaucoup… J’avais aussi envie de deux présences féminines : une chanteuse lyrique, dont la voix va magnifier certains passages du spectacle. L’autre présence, je préfère ne pas trop en parler… On est donc six sur le plateau.
Pour vous, comme pour les danseurs, il y a donc là un effet miroir ?
Ce travail-là est vraiment une surface réfléchissante, oui. La pratique entraîne une ascèse particulière qui a conduit ces danseurs à éprouver un deuil précoce. Double deuil : de la carrière et du corps. Mais je n’ai pas voulu que ces deux danseurs se donnent en spectacle, je n’invite pas le public à apprécier une performance. C’est une proposition qui nomme notre condition d’être au monde : comment s’accommoder du temps ? Je nourris ça de réflexions du philosophe Bruce Bégout sur la quotidienneté, l’évitement du monde. C’est particulier et il n’y avait rien d’évident à ce que ça fonctionne... Mais c’est un beau mix entre des moments de danse et des prises de parole assez troublantes.
Pour le thème, on pense notamment à Gardenia d’Alain Platel…
Je ne l’ai pas vu, mais je pense que j’aurais été un bon spectateur… Dans une époque qui nie ces thèmes, ce sont des propositions nécessaires. Surtout dans le milieu du théâtre.
Vous dénoncez souvent les lieux institutionnels et le « spectacle qui tue le vivant ». Comment surmonter cette impasse ?
Ces lieux m’intéressent pour leur capacité à réunir des gens et m’insupportent parce qu’ils créent l’illusion d’un rapprochement qui finit dès qu’on sort de la salle. Comment l’éviter ? Modestement, je me dis : pendant une heure et demie, je vais essayer de réactiver tout ça. J’essaie de faire en sorte que le public vive une expérience particulière. Je me dis que ce qui est entendu s’imprègne tout de même de sensations, de réflexions. Que ça reste le bon endroit pour bien voir, et bien regarder. Le vivant travaille.
Promenade obligatoire, le vendredi 18 octobre, 19 h 30, studio de répétition, Le Cuvier. Artigues.
Par Lucie Babaud
Cette année, Le Cuvier d’Artigues lance un nouveau concept : les soirées à déguster. Boire et danser : pas besoin de choisir, on peut faire les deux. Quatre soirées sont prévues ce trimestre avec, avant un spectacle, une petite dégustation de vin et une discussion à bâtons rompus, mais en compagnie d’une personne qui fera office de maître de cérémonie, histoire de ne pas partir dans les vapeurs alcoolisées et de se mettre en appétit avant une pièce. Pour lancer cette initiative, bien cadrer les règles du jeu et nous faire comprendre que ce n’est pas parce qu’on va picoler qu’on fera ce qu’on veut, Le Cuvier propose une Promenade obligatoire, par la chorégraphe Anne N’Guyen. Un titre un peu autoritaire, inspiré par l’auteur russe Zamiatine, qui pensait à la marche en rang quatre par quatre et pour qui l’état de synchronisation représente une victoire face à l’incertitude de la nature. Cette Promenade obligatoire d’Anne N’Guyen interroge les rapports au groupe et à la société, mais surtout au temps, auquel on ne peut échapper. La chorégraphe hip hop travaille sur la contrainte, l’urbanité, le mouvement, à travers une danse très précise et très technique. En amont de cette promenade, la rencontre aura lieu avec Marie-Pierre Chopin, maître de conférences en sciences de l’éducation.