La compagnie Les Taupes secrètes présente son Carnet de voyage en maison de retraite durant le mois de juillet.
Par Lucie Babaud
Mme Cha ne veut pas mourir. Mme Pou a fait un AVC. Paulette ne se souvient plus de son prénom. Et Bibi, malgré son grand âge, est un enfant, il a le cerveau d’un enfant. Philippe Rousseau, de la compagnie Les Taupes secrètes, est allé à leur rencontre lors d’un voyage très particulier effectué au cœur d’un Ehpad (établissement hébergeant des personnes âgées et dépendantes) lors d’une résidence de création à la Belle Croix de Floirac. Et à l’issue de ce voyage, comme il l’avait fait pour la Russie, il a écrit un carnet. En compagnie du marionnettiste Pascal Laurent, il propose des soirées spectacle/lecture autour de ses textes suggérant l’environnement, l’univers entrevu et vécu un temps par ce voyageur-narrateur empathique. Émouvant et plein d’humour, ce carnet saisit tout ce qui reste de vie au seuil de la mort. Et ce n’est pas triste.
Carnet de voyage en maison de retraite sera présenté plusieurs fois courant juillet, dans le cadre de l’Été métropolitain, dans des Ehpad (1er et 9 juillet), au refuge Les Guetteurs à Bègles (le 9), au New Boudoir (le 11), au bar de la Marine (le 27). Infos et réservations : 06 88 56 16 96. www.etemetropolitain.lacub.fr
Randonnée des refuges, le 21 septembre, départ de Floirac.
L’été des randonnées périurbaines se poursuit jusqu’au dernier jour à Bordeaux. Cette fois-ci au départ de Floirac, Bruit du frigo organise avec les artistes de Buy-sellf une randonnée des refuges. Un parcours qui permet de se réapproprier la ville, les espaces verts de l’agglomération, mais aussi de (re)découvrir des refuges périurbains qui, loin de parasiter le paysage, lui donnent un charme singulier.
Depuis le 2 mai 2013, un 4e maillon de la chaîne de la mobilité de La Cub a jeté l’ancre dans les eaux fluviales de Bordeaux. Avec pour objectif de compléter l’offre de transports en commun actuelle, Keolis a lancé un appel à projet auquel a répondu l’équipe de constructeurs de bateaux Dubourdieu, basée à Gujan-Mestras. Confortable, sécurisé et design, le premier des deux bateaux prévus s’appelle l’Hirondelle. Il peut accueillir à son bord 45 passagers et 6 vélos et dessert les pontons du bas Lormont, des Hangars, des Quinconces et de Stalingrad. Une volonté : permettre aux travailleurs de traverser le fleuve facilement et donner aux promeneurs l’occasion de (re)découvrir l’agglomération bordelaise sous un autre angle, derrière les hublots panoramiques des Bat’Cub. Éthiques et écolos, ces catamarans sont notamment conçus de manière à diminuer au maximum les besoins en énergie et les émissions de polluants.
En décembre dernier, La Cub instaurait un dispositif de mobilisation citoyenne original : les pionniers du climat. Cent foyers volontaires, munis d’une tablette vont devoir pendant un an libérer des données sur leurs gestes du quotidien. Elles seront ensuite analysées par les services de la collectivité. Rencontre avec une de ces familles au Taillan-Médoc
« Le changement ne peut venir que des citoyens ». En guise d’introduction, un condensé des paroles de Dimitri et Élodie Lalanne, parents de Iban et Maël, protagonistes de cette famille pionnière ayant répondu à l’appel lancé par la communauté urbaine de Bordeaux en décembre dernier. Suivie durant une année, cette famille verra ses habitudes scrutées autour de trois thématiques : l’énergie et l’eau, la mobilité, et les biens de consommation. L’éco-citoyenneté ? Ça les connait. Mais malheureusement, lors de la construction de leur maison il y a cinq ans, le couple n’a pas pu s’équiper des technologies peu énergivores les plus élaborées. Alors, chez eux on adopte la politique des petits gestes au quotidien. Tri sélectif, éclairage à économie d’énergie, attention portée à la consommation de l’eau, limitation des produits ménagers, mise en place d’un composteur, chaudière au gaz et chauffage au sol. Et si la famille s’est inscrite au programme c’est avant tout pour y dégoter de nouvelles pistes et surtout transmettre à leur entourage. Car de l’avis du couple, beaucoup de foyers ne pratiquent pas encore ces conduites, somme toute peu contraignantes.
Au début du programme, la famille a reçu un kit comprenant une tablette numérique – une distribution fleuve peu écologique de l’avis du couple – des isolants pour fenêtres (joints d’étanchéité adhésifs), des ampoules à économie d’énergie et une prise électrique permettant d’éviter les veilles. Le hic, cette dernière ne fonctionne pas avec leur box Internet… Des freins auxquels les éco-citoyens sont souvent confrontés. Dimitri Lalanne dénonce le manque de rigueur de la part des personnalités politiques et le greenwashing – écoblanchiment en français – effet marketing orchestré par les multinationales. Pratique dont nous sommes involontairement tour à tour victimes ou complices. Découragée ? La famille Lalanne ne l’est certainement pas. À 3 et 6 ans les petits Maël et Iban ont déjà tout compris. Fini les bains mais oui au tri sélectif ludique et à l’observation des vers de terre dans le composteur. La deuxième phase de l’étude abordera les questions liées à la mobilité. « La voiture, voilà l’habitude qui explose notre bilan carbone », confesse Élodie Lalanne. Dès le printemps, ils devront privilégier le vélo ou les transports en commun, adopter une conduite souple. En septembre, la troisième partie de l’étude analysera les biens de consommation. Un point sensible car bien manger engendre un coût non négligeable. Pourtant, le couple réfléchit à consommer local. Il favorise les AMAP et s’est déjà inscrit à une Ruche à laquelle il achète des produits de producteurs, en direct et sans intermédiaire. Au palmarès des actions qui leur seront demandées : privilégier les produits alimentaires locaux et de saison, éviter les emballages inutiles, utiliser du papier recyclé, boire de l’eau du robinet, fuir le suréquipement. En définitive adopter tout simplement de bonnes pratiques ! Rien de bien méchant, surtout en temps de crise. Des habitudes à prendre dont tous nous avons entendu parler. Automatiques chez les Lalanne, ces gestes ne décriraient-ils pas ceux d’une famille « normale » ? Alors si nous sommes tous des « pionniers » mais que rien ne change, quand passons-nous à la vitesse supérieure ? Marine Decremps