Dans le traitement de l'information, on peut considérer que le cerveau dispose de deux possibilités.
Le traitement linéaire, séquentiel, permet de partir d'un point de départ donné et, par enchaînement logique, de parvenir à une résultat justifiable. Le fait de procéder étape par étape donne accès à la possibilité de communiquer les procédures utilisées, de les expliciter. (...) C'est grâce à cette fonctionnalité cérébrale que l'on peut organiser une argumentation, développer une idée, structurer un raisonnement, justifier un résultat. Le traitement linéaire est (...) celui qui sait utiliser le langage avec fluidité, dextérité, précision.
Le traitement simultané procéde de tout autre façon. A partir d'un stimulus, d'une idée, d'une consigne, tout un réseau associatif de pensées se déploie à très grande vitesse. Chaque idée en génére une autre sans qu'un lien logique sous-tende cette association. De plus, plusieurs axes de pensée se développent simultanément, créant une réelle arborescence de la pensée. Images, sensations, émotions vont alimenter cette arborescence qui devient de plus en plus complexe et dont les multiples "branches" se déploient à l'infini. Rapidement, la densité de pensées est élevée et il devient bien improbable d'espérer les organiser et structurer. Favorable à l'émergence d'idées nouvelles et créatives, jaillissement d'une pensée riche, forte en images et en émotions, la pensée en réseau n'est pas celle du langage qui explique clairement ni du raisonnement qui argumente logiquement.
Lecture 8 - Trop intelligent pour être heureux ? L'adulte surdoué, Jeanne Siaud-Facchin (2008) Ed. Odile Jacob p. 37-38