"[…] une presse, dite de grande information, dont la caractéristique est précisément de donner le pas au fait-divers et à la vulgarité sur toute question importante. Ce tam-tam est le plus habile des assourdissements. Cette divulgation frénétique assure le secret à la centaine de forbans chargés par le gouvernement allemand de préparer en France la guerre prochaine, la guerre de rapine, d’exaction, d’expropriation. L’avenir enregistrera ce fait indéniable que la prétendue liberté de la presse n’aura servi qu’à enchaîner les journaux aux manieurs d’argent. Cela se fait de mille manières, et notamment par la publicité. Les grandes sociétés de crédit organisent à frais communs un bureau dit "de la presse", qui subordonne celle-ci à la finance."
Léon Daudet, L’entre-deux-guerres. Souvenirs des milieux littéraires, politiques et médicaux de 1880 à 1905, 1915.










