« J’ai maintenant des chaussures neuves et je martèle horriblement le sol des rues désertes. » Lettre 45 de Franz Kafka à Felice Bauer, nuit du 24 au 25 novembre 1912. Il est 9 h et demie, un dimanche soir de novembre, Kafka sort de son demi-sommeil en urgence, il faut aller poster la lettre à la gare, dernière chance que la lettre parte. La lettre en mouvement c’est son sang. La lettre c’est son souffle. Il se lève, fait trois mouvements de gymnastique nu devant la fenêtre grande ouverte, le monde le regarde. Il s’habille et dégringole l’escalier. De justesse, il évite sa famille qui rentre d’une sortie dominicale et s’engouffre dans la nuit des rues désertes. Prague. L’air tremble quand il l’embrasse. Franz sort quand tout le monde rentre. Il dort quand tout le monde veille. Il écrit quand tout le monde se repose. Il est seul mais il n’est jamais seul. Il est plein d’elle. Felice. Sa correspondance. Et comme une ombre brûlant d’un feu continu, il traverse la ville scintillante de givre dont le martèlement de ses pas fait battre le cœur. Ni fantôme ni poète ne peuvent mourir. #kafka #franzkafka #felicebauer #lettresafelicebauer #lepartagedemesnuits #correspondancesouterraine #kubin #alfredkubin https://www.instagram.com/p/Cf6DdW6qbDA/?igshid=NGJjMDIxMWI=














