Jour 24 : #30jourspourécrire
Nue, je traverse la nuit. J'y joue en transparence, ton corps comme seul bagage. Je suis tes lignes topographiques, tournant en rond autour de ta peau. Je me déboussole, monte à la hune du mât de ton bateau ivre pour y planter mon drapeau. J'orage et tempête le ciel bleu de tes yeux. Je t'ancre à mes heures nocturnes, allumant une à une les constellations de ton torse, chevauchant la queue de la comète. Je cherche la voie sacrée, la voie lactée, blanche comme ton foutre au goût de miel pour m'y vautrer, moi, la nomade aux mains d'argile. Je me reposerai plus tard, au coin de ta bouche, tes soupirs à garder sous la langue comme une médecine à tous mes mots. Je me promène dans tous tes paysages, me penche au-dessus de tes précipices à peine retenue à ta nuque. Je connais toutes tes routes et tes déroutes, j'y ai déposé mes cailloux blancs que je reprends en passant. Je les jette à l'Ô pour faire des ricochets dans ta mémoire. Je me perds dans le cirque de tes bras, tête renversée, narines frémissantes, bouche entrouverte, un champ de coquelicots explose dans mon ventre, piétinant ton écho. J'ai entre les doigts le sable chaud de ton dos et, de ton coeur à mon coeur des mètres et des mètres d'arpens que j'enroule en riant. La pente est douce, je vagabonde entre tes os, le pied sûr et les cuisses fermes, mes jambes à ton cou. Au milieu coule une rivière. Le désir est voyage. Fais que je m'égare sur le grain de ta peau.













