Toi sans commencement ni fin, comment pourrions-nous entamer un évangile qui soit notre propre histoire toujours nouvelle devant ta gloire ? Nos appels et nos plaintes suffisent-ils à une heureuse parole proclamée qui nous comblerait du bonheur de ta joyeuse présence ? Toi qui es la patience même, comprends-nous dans notre impatience à désirer te balbutier des mots pour un commencement de louange. Toi dont la parole n’a ni début ni fin, comprends-nous dans notre manque qui fait défaillir, devant toi, nos quelques mots éphémères. Dans notre silence d’insuffisances, ne nous laisse pas errer déjà vieux de tant de textes trop entendus et rabâchés. Comment pourrions-nous encore t’attendre puisque Jésus se mit à marcher sur nos chemins aplatis et à nouveau encombrés par tant de siècles d’histoire ? Toi immobile hors du temps, comprends qu’il fallait bien que nous marchions encore vers toi à travers d’autres horizons qu’un désert de sable trop plat et ennuyeux. Toi sans naissance et, pourtant, continuelle nouveauté auprès de nous, donne-nous de nous surprendre afin que nous nous laissions prendre en un début d’Évangile avec toi. Accorde-nous l’honneur d’être, nous aussi, tes messagers proclamant l’heureuse nouvelle de nous savoir éphémères et fragiles en ton éternel plaisir. Et voici, commencement de l’Évangile : nos mots te saisissent, toi insaisissable, non tel un trésor tiré illégitimement à nous, mais tel un commencement de louange sonore.















