L'amour est source d'insomnies, le manque dâamour aussiâŠ
V. H. SCORP
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L'amour est source d'insomnies, le manque dâamour aussiâŠ
V. H. SCORP
nous sommes construits pour aller chasser sans cesse lâailleurs ; le rĂȘve nous permet de satisfaire ce besoin lorsque tout est immobile autour de nous ; nous sommes dessinĂ©s pour combler les manques
© Pierre CressantÂ
(vendredi 4 juillet 2025)
APRĂS TOI
Avant toi, tout était gris,
je vivais doucement, presque sans bruit.
Je mây Ă©tais faite, sans vraiment le voir,
comme on sâhabitue lentement au noir.
Puis tu es arrivé sans prévenir,
et tout Ă coup, jâai recommencĂ© Ă vivre.
Les jours avaient une autre couleur,
et sans le savoir, tu prenais mon cĆur.
Ces soirées passées assis sur ce banc,
ces longs chemins, ces instants brûlants,
cette Ă©trange impression dâexister
simplement parce que jâĂ©tais Ă tes cĂŽtĂ©s.
Jâai appris Ă vivre Ă travers toi,
Ă travers tes mots, Ă travers ta voix.
Ă travers ton regard, Ă travers tes silences,
sans voir que je perdais peu Ă peu mon essence.
Puis il y a eu ce choix, trop lourd Ă porter,
une vie trop fragile qui nâa pas pu rester.
Un silence immense entre nos deux mains,
un futur effacĂ© avant mĂȘme demain.
Ăa nous a fragilisĂ©s, lentement brisĂ©s,
on a tentĂ© dâavancer, de tout rĂ©parer.
Mais la douleur revenait, toujours plus forte,
comme un souvenir qui refuse quâon le sorte.
Puis il a fallu revivre ce mĂȘme combat,
encore ce choix, encore ce poids-lĂ .
Pour la deuxiĂšme fois, le mĂȘme vertige,
et cette fois, câest tout qui se fige.
AprĂšs ça, on sâest Ă©loignĂ©s sans cri,
pas brutalement, juste comme un feu qui sâoublie.
On sâest quittĂ©s sans vraiment se dire adieu,
comme si la fin refusait encore dâavoir lieu.
Puis on sâest retrouvĂ©s, presque naturellement,
comme deux Ăąmes perdues revenant au mĂȘme vent.
Un message, un regard, et tout recommençait,
comme une habitude quâaucun de nous nâarrĂȘtait.
CâĂ©tait beau.
CâĂ©tait fort.
Jây croyais encore, malgrĂ© tous les torts.
Puis un jour, jâai compris sans dĂ©tour,
que dans ton histoire, je nâĂ©tais pas lâamour.
Je tâai entendu lui parler en secret,
dans cette salle de bain oĂč tout sâest brisĂ©.
Comme si le destin voulait enfin me montrer
lâhomme que tu cachais derriĂšre tes baisers.
Mais tu avais les mots, les promesses parfaites,
les mensonges bien placés, les excuses discrÚtes.
Et moi, je les ai bus sans voir le danger,
sans savoir quâau fond, jâallais mây noyer.
Tu partageais tes journées avec moi,
mais tes mots se perdaient bien loin de mes bras.
Dans dâautres filles, dâautres regards, dâautres vies,
pendant que moi, je tâaimais encore ici.
Et jâai compris quâen moi quelque chose cassait,
quelque chose de profond qui ne reviendrait.
Je me brisais en silence, sans un bruit,
et pourtant je restais encore prÚs de toi, malgré la nuit.
Pendant de longs mois, jâai tentĂ© dây croire,
de te pardonner encore, de recoller lâhistoire.
Mais jâai fini par comprendre, au milieu du vide,
que te perdre valait mieux que me perdre dans le vide.
Puis la vĂ©ritĂ© mâa laissĂ©e vive,
froide, brutale, impossible Ă suivre.
Ce jour oĂč jâai compris ce que tu avais fait,
ce que derriĂšre mes larmes, tu me cachais.
Tu ne lui avais pas donné que quelques mots,
pas juste des phrases, pas juste un écho.
Tu tâĂ©tais donnĂ©, toi, entiĂšrement,
et moi je tombais encore, lentement.
Alors la colĂšre a pris toute la place,
bruyante, sauvage, laissant des traces.
Des semaines de disputes, de cris, de rancĆur,
jâessayais juste de te rendre un peu de ma douleur.
Mais encore une fois, jâai voulu recommencer,
jâai cru quâon pouvait encore tout rĂ©parer.
Jâai choisi de rester, de pardonner,
et dâessayer encore de marcher Ă tes cĂŽtĂ©s.
Quelques semaines plus tard, notre appartement,
comme un nouveau départ, ou juste un faux semblant.
On y était enfin, malgré le passé,
malgrĂ© tout le mal quâon sâĂ©tait laissĂ©.
Mais les disputes revenaient presque chaque soir,
quelques instants de paix, puis de nouveau le noir.
Le temps passait, et tout devenait plus lourd,
comme si lâamour lui-mĂȘme perdait le dĂ©tour.
JusquâĂ ce que ça dĂ©passe enfin les mots,
jusquâĂ ce que le silence fasse encore plus dâĂ©cho.
JusquâĂ ce que tout dĂ©borde sans prĂ©venir,
et quâil ne reste plus rien Ă retenir.
Puis un jour, tout a fini par basculer.
Moi qui croyais que le pire était derriÚre,
jâai compris que la blessure Ă©tait encore entiĂšre.
En fouillant ton téléphone, comme trop souvent,
par habitude, par peur, par instinct brûlant,
jâai vu une rĂ©action, un dĂ©tail presque rien,
mais parfois il suffit dâun rien pour voir la fin.
Alors jâai cherchĂ© la vĂ©ritĂ© partout,
jusquâĂ ce quâelle tombe, froide, devant nous.
Encore une fois, tu avais trahi ma confiance,
encore une fois, tu choisissais lâabsence.
Encore une fois, ton regard allait ailleurs,
loin de moi, loin de nous, loin de mon cĆur.
Et ce jour-lĂ , jâai eu ce dĂ©clic brutal :
tu ne changerais jamais, et moi jâavais trop mal.
Alors jâai compris, au bout de tous ces mois,
quâaprĂšs toi, je ne serai plus jamais moi.
Tu mâas laissĂ©e diffĂ©rente, marquĂ©e Ă vie,
et mĂȘme sans toi, il restera toujours un peu de toi ici.
Que celui qui me lit comprenne bien le point de vue auquel je me place : Tout ce que je dis est mensonge. Tout mythe nâest quâune tromperie. Toute image un leurre face Ă lâinconnu qui est au cĆur de lâoriginaire. Je ne surveille avec tant dâapplication tout lâespace qui mâenvironne que parce que je recherche avec une fiĂšvre inlassable quelque chose qui manque.
Pascal Quignard. La nuit sexuelle. 2007
je ne veux plus
écrire de beaux poÚmes
je ne veux plus
puiser dans ma tristesse
cultiver l'attente
je ne veux plus ĂȘtre mon propre terrain de jeu je veux
tisser une intimité avec toi
non les poĂštes ne disent pas toujours "je veux ken"
parce que les poĂštes ne se mettent pas toujours
dans les situations les plus faciles ou plutĂŽt
les poĂštes rendent public que l'amour n'est pas
une situation facile et que comme tout le monde
ils dĂ©sirent et la tendresse fait tanguer le cĆur parfois plus qu'un orgasme
et comme tout le monde les objets de désir ont
un travail des amis un concert ce-soir des émotions un passé un enfant deux enfant trois neveux une tante un peu omniprésente un animal de compagnie des kilomÚtres entre nous une passion et ce n'est pas nous un boss d'autres gens à texter un loisir un voyage de prévu un plan de vie
c'est pour cela qu'ils nous manquent, cela n'a rien avoir avec leur
sourire leur regard qu'on soutient à toute heure du jour et de la nuit leurs gestes marques d'affection fossettes yeux profonds mains douces mains caleuses mains grandes poignets avant-bras épaules cul torse cuisse mollet ventre dos danse leur rire le fait qu'il nous dise merci leur capacité à nous créer des souvenirs d'un rien pour les autres mais vraiment beaucoup pour nous cette main sur notre épaule leur capacité à mettre la lumiÚre sur nous de ne plus nous faire sentir seul de nous apaiser hop d'un coup par leur présence ce bisou sur la joue ce cùlin cette pression inhabituelle cette surprise ce cadeau ce temps ce cadeau cette compagnie ce cadeau alors je dis
merci Ă toi aussi
Et je saigne de ton absence dans un silence en velours... ton absence, ton parfum, ta prĂ©sence me manque et je sais que dĂ©sormais il me faudra composer sans toi. OĂč es tu? tu es parti loin de ma vie, je suis lĂ avachie sur le canapĂ© et je me laisse bercer par les souvenirs... une larme c'est glissĂ©e sur mon visage blessĂ©, l'amour arrive sans crier gare et disparaĂźt, comme un souffle.
Maurice Fombeure
Pour la JournĂ©e internationale des femmes (8 mars), je prĂ©pare une vidĂ©o sur ma grand-mĂšre, qui est la femme (la personne mĂȘme) que jâadmire le plus au monde.
Depuis plusieurs jours, je suis plongĂ©e dans tous les cartons de photos et de lettres quâelle a laissĂ©s, et ça fait battre mon cĆur tellement fort.
Elle me manque beaucoup trop.
BRĂVE | De l'appauvrissement du vocabulaire voici un siĂšcle ✠https://bit.ly/Appauvrissement-Vocabulaire En 1925, un chroniqueur des « Annales politiques et littĂ©raires » sâindigne, non sans humour, de lâappauvrissement du vocabulaire de ses contemporains, observant avec consternation leur propension Ă employer avec une dĂ©concertante facilitĂ© les mots « truc » ou « machin » au lieu de sâingĂ©nier Ă puiser dans la richesse de la langue française... Paresse ? Manque dâĂ©ducation ?