Les étoiles brillent ce soir
Fais comme elles
Elles te disent
Broies pas du noir
T’es si belle
Prends ton sourire
Et va les voir
Dans les ruelles
Electriques de Pigalle
Les paradis artificiels
Tu fais les cent pas
T’imagines dans ses bras
Mais c’était hier
Et tu ne t’en souviens pas
Les étoiles brillent le soir
Et font n’importe quoi
Elles te disent tout ce que tu voudras
Allongée dans le noir
Tu te réveilles
Quelque chose brille quelque part
Quelqu’un t’appelle
Te convoque tard le soir
La nuit sera belle
Electrique à Pigalle
Au paradis artificiel
Tu fais les cent pas
T’imagines dans ses bras
Mais c’était hier
Et tu ne t’en souviens pas
Les étoiles brillent le soir
Et font n’importe quoi
Elles te disent tout ce que tu voudras
Ce que tu voudras, ce que tu voudras
Ce que tu voudras, ce que tu voudras
Crée en 2004, Bordeaux Rock est un label musical, mais aussi l’organisateur d’un festival éponyme. L’association développe son action suivant deux axes : la mémoire du rock bordelais et la promotion de la scène rock locale actuelle.
Depuis l’augurale compilation Bordeaux Rock 1977/87 (vendue à 1 500 exemplaires et désormais épuisée), la structure rythme le paysage à la faveur de manifestations dont le simple intitulé dépasse le genre affiché tout en maintenant avec constance ses signatures – de Hot Flowers à Marc Desse. Après un onzième raout en janvier dernier, Bordeaux Rock relève un nouveau défi : initier un festival – Musical Écran –entièrement dévolu au documentaire musical. Avant ce nouveau rendez-vous, du 21 au 24 mai, entretien pluriel avec Richard Berthou, vice-président de l’association, Aymeric Monségur, chargé de communication, et Nicolas Guibert, programmateur au cinéma Utopia.
Et si nous revenions aux origines ?
Richard Berthou : La création remonte à 2004. Au départ, nous n’étions qu’une association d’anciens musiciens locaux soucieux d’exhumer tout un patrimoine allant de la fin des années 1970 au début des années 1980.
Toutefois, à ce souhait « éditorial » s’ajoutait l’envie de live. C’est ainsi que nous avons tenu notre premier festival en 2005 à la Rock School Barbey, après la publication de notre première compilation, le troisième week-end du mois de janvier, et, depuis, nous n’avons pas changé de date.
Aymeric Monségur : J’ai rejoint Bordeaux Rock après la fac et m’y suis immédiatement senti à l’aise. Il régnait un vrai dynamisme à la suite du succès du premier festival. C’est vraiment à partir de 2006 que j’ai pris le train en marche en participant à la compilation de saison comme au festival, qui, cette année-là, regroupait : Calc, Kim, Tender Forever, Magnetix, The Film…
Il n’y a jamais eu de conflits intergénérationnels ?
R. B. : Aucun dans la mesure où nous avons toujours brassé les âges. À l’image de Denis Fouquet, auteur de l’ouvrage Bordeaux Rock(s) publié en 2007 au Castor astral, qui était membre de l’association et a su établir des liens entre « anciens » et « jeunes » en travaillant sur cette somme. Des liens qui par ailleurs se tissent naturellement entre nos compilations thématiques et nos festivals, ces derniers constituant à chaque reprise de vrais moments de retrouvailles sans verser dans la nostalgie.
A. M. : À partir de 2007, nous avons organisé un Teenage Rock Festival, preuve que nous n’étions pas uniquement dans la commémoration ! Certes, il y avait à l’époque un effet de mode, mais, pendant quatre éditions, on a offert la scène à de nouveaux talents. Le plus surprenant, c’est qu’ils ont presque tous tourné casaque pour faire de l’électro.
R. B. : En parlant d’électro, nous avons aussi organisé des soirées au 4Sans. Donc, pas d’ostracisme.
Vous n’avez jamais essuyé le moindre reproche ni la moindre critique en plus de dix ans d’activité…
R. B. : Nous avons une esthétique affirmée et marquée. C’est notre liberté éditoriale. Chacun ses choix, les nôtres compris. Et si certains estiment, à tort ou à raison, qu’il y a des manques, alors qu’ils les comblent.
Quel bilan tirez-vous ?
A. M. : En onze ans, nous avons publié vingt-cinq disques, et pas uniquement
la compilation de saison. On peut citer le catalogue des rééditions – Les Stilettos, Tout est là 1978/1983 ; Strychnine, Amour dehors (1976/1981) ; Les Standards, Il ne fallait pas les réveiller ; Gamine, Revisité 1980/1986 – comme nos dernières signatures, tel Gomina. Une réelle activité de label qui a connu des hauts et des bas, subi la crise comme les autres, mais se maintient,
presse du vinyl et du CD. Par ailleurs, depuis 2012, nous organisons Les Plages Pop au Cap-Ferret, dans un cadre idyllique. Et, depuis 2013, début octobre, nous organisons le French Pop Festival. En résumé, et malgré nos moyens réduits, nous multiplions les projets.
Aucun échec ?
A. M. : Évidemment… Le plus cuisant étant le Bordeaux Rock Late Summer Festival en septembre 2012 au Palais des sports. Buzzcocks, Mansfield. TYA, Arnaud Rebotini, Frustration, Kid Bombardos, Robert & Mitchum, NZCA Lines, Orchestra of Spheres… Une belle affiche, a priori trop « pointue », qui nous a coûté cher.
Comment s’est déroulée la dernière édition en date du festival Bordeaux Rock ?
A. M. : Sold out ! Notre soirée d’ouverture, lancée en 2007 et offrant un réel parcours en ville, est plus qu’un succès, et bel et bien un incontournable rendez-vous. Cette année, nous avons vendu 1 200 pass !
R. B. : Le premier marathon bordelais nocturne, c’est nous qui l’avons lancé ! Plus sérieusement, notre activité est étroitement liée à la mutation des lieux de concerts, mais, bon an mal an, nous réunissons 4 000 personnes durant quatre ou cinq jours.
Pourquoi vouloir vous lancer dans l’aventure d’un festival de cinéma ?
A. M : À l’occasion de nos dix ans, nous avions organisé une exposition photographique à la galerie Sun7 ainsi qu’un petit cycle de projections de documentaires autour du rock en partenariat avec le cinéma Utopia. L’une
comme l’autre ont remporté un grand succès public. Puis, lors de la dernière projection du film de Jim Jarmusch, Only Lovers Left Alive, nous avions organisé un concert de Jozef van Wissem, compositeur de la bande originale. Les places ont été vendues en cinq heures ! On a commencé à se dire qu’il y avait bien un truc à creuser en ce sens.
R. B. : Cette envie de documentaires, voire de biopics, n’est pas une sensation, mais une demande profonde du public dans l’air du temps. En outre, cela fait longtemps que l’on veut articuler ce truc sur l’image, notamment
l’histoire des vidéo clips locaux. On a le sentiment de l’associer à nos actions.
Nicolas Guibert : C’est un rêve de mélomane de pouvoir avoir l’image, sauf qu’en la matière on fait le pari de « recadrer » la musique dans un contexte tout à la fois historique et social. Parler aux passionnés, c’est réducteur, tandis que s’adresser à tout un chacun et aller au cinéma, c’est une autre perspective!
R. B. : On est un peu arrivés aux limites grâce ou à cause d’Internet. Rétablir une hiérarchie et articuler un discours est vraiment nécessaire.
Concrètement, comment avez-vous procédé ?
A. M. : En quatrième vitesse ! L’automne dernier, dans le cadre d’un appel pour l’aide à la création de projets culturels initié par la mairie de Bordeaux, nous avons monté puis adressé un dossier. La réponse, positive, est tombée en plein festival…
N. G. : C’est un peu un rêve de pouvoir monter un tel festival. Dans le cadre d’une programmation classique, c’est l’échec assuré.
Dans un festival, ça fait immédiatement sens. Certes, l’actualité des sorties entre en jeu ; certes, les méandres de la distribution sont épuisants, mais, avec de la motivation et de l’acharnement, on y est arrivés.
Et du point de vue du calendrier, comment avez-vous décidé de la date ?
R. B. : Nous avons simplement procédé par élimination. Janvier, impossible. L’été, non plus, en raison de la météo. L’automne, inutile de se retrouver en
concurrence avec le Festival international du film indépendant de Bordeaux.
Donc, le printemps.
Et le choix du programme ?
R. B. : Nos goûts avant tout, mais on sait bien que, hélas, bien des choses
sont accessibles en ligne. Aussi faut-il s’employer à débusquer de l’inédit en salles. Pas facile à établir en trois mois…
A. M. : Initialement, nous souhaitions un week-end et dix films. À l’arrivée, nous présentons quinze films : dix à l’Utopia, un à l’I.Boat et le reste dans nos locaux. Et, du métal au hip hop, du punk au baltimore, on dépasse notre étiquette de « pop rock à guitare ».
N. G. : Tous les films retenus dépassent le strict cadre du style musical. Et c’est bien que l’on puisse les réunir. La salle permet de réunir les solitaires. On aura de belles surprises, j’en suis persuadé. Notre expérience nous a appris que, chez nous, même un documentaire obscur sur la genèse du dub step pouvait faire salle comble ! Aymeric et Richard ont fait montre d’un enthousiasme supérieur au mien ; souvent, je posais la question : « Est-ce que c’est distribué ? » Nous sommes partis à l’aventure lorsque les distributeurs n’existaient pas, car il existe une réelle difficulté à récupérer une copie d’un film dont tout le monde parle mais que personne ne voit.
Vous n’êtes pas les pionniers ni les seuls sur ce créneau…
R. B. : Hormis le F.A.M.E. – Film & Music Experience – à la Gaîté-Lyrique , à Paris, autour des films musicaux et des cultures pop, et un festival à Barcelone, il y a peu de concurrence.
Il n’y aura pas que des projections et des Esquimau ?
A. M. : Deux soirées thématiques – 90’s Party Night avec la reformation de Deche Dans Face ; This Is A Stones Throw Party avec la présence exceptionnelle de Tape Mastah Steph – sont prévues à l’Heretic Club. Une soirée disco/house à l’I.Boat, avec battle de voguing et de waacking, ainsi qu’un set du légendaire Patrick Vidal. Qui plus est, chaque projection sera
présentée par des journalistes (Guillaume Gwardeath, Captain, Thomas Blondeau).
R. B. : Il y aura aussi « les films à la cave » ! En partenariat avec l’association
Monoquini, Bertrand Grimault nous a concocté trois programmations
underground et érudites dont il a le secret : Crazy Sixties, le 22 mai, DYE or Die : Punk Cinema, le 23 mai, et Expérimentations, le 24 mai. Une sélection de raretés projetées en 16 mm, comme Visa de censure n° X de Pierre Clémenti. On a vraiment de la chance de pouvoir compter sur lui ! Cette prometteuse carte blanche se tiendra dans notre QG entre 14 h et 22 h. Le public pourra également y retrouver une librairie (Le Castor astral) et un disquaire (Total
Heaven) éphémères.
C’est tout sauf un one-shot…
R. B. : La place existe pour un tel événement d’un point de vue strictement
local. Faute de temps et de moyens, nous n’avons pu aligner de prestigieux invités, mais nous aurons le champ libre à l’avenir.
Nous voulons un véritable festival avec un jury, un palmarès, des prix, des films en exclusivité, des réalisateurs…
A. M. : Sans le soutien actif de la ville de Bordeaux – nous avons reçu une
enveloppe de 8 000 euros, du jamais-vu dans l’histoire de notre association –,
jamais nous n’aurions été en mesure de mener convenablement ce projet à
terme. Mais nous avons la volonté de prolonger l’aventure et de l’inscrire dans le calendrier.
Et à venir ?
A. M. : La troisième édition du French Pop Festival, début octobre, avec trois
belles soirées : à l’Heretic Club, un plateau consacré au label indépendant français La Souterraine, avec Laure Briard, Eddy Crampes et Nicolas Paugam ; au Rocher de Palmer, Aline et La Féline ; à l’I.Boat,
Benjamin Schoos et Pendentif pour un hommage à la pop belge francophone.
Le mot de la fin ?
R. B. : Mieux vaut privilégier plusieurs axes de travail complémentaires qu’un
seul projet par an.
Musical Écran,
du jeudi 21 au dimanche 24 mai.
Programmation complète et renseignements :
05 56 81 16 92 et www.bordeauxrock.com
QG Bordeaux Rock
6, rue Pierre-de-Coubertin
33000 Bordeaux
Relentless drums and some magical vocals from Paris based singer-songwriter Marc Desse who has given us a top tune with his lovely new wavey Henri Et Elsa. Have a listen to this track pulled from his Griffith Park and also watch the video treatment here!