"Les hommes exceptionnels d’une époque m’apparaissent surtout comme les soudains rejetons d’anciennes cultures, de forces du passé : je vois en eux en quelque sorte l’atavisme d’un peuple et de ses mœurs ; ce n’est qu’ainsi qu’il y a vraiment quelque chose à comprendre à leur cas ! Dans leur temps ils semblent étrangers, rares, extraordinaires : celui qui sent en soi les force dont je parle est obligé de les cultiver et de les défendre contre un monde ennemi, de les vénérer et de veiller à leur croissance contre l’opinion : il devient par là ou un grand homme, ou un original, un fou, à moins qu’il ne périsse à temps. Autrefois ces qualités rares étaient courantes ; elles passaient donc pour vulgaires : elles ne conféraient pas de noblesse."
Friedrich Nietzsche, Le gai savoir, trad. Alexandre Vialatte, 1882.













