LE SÉMINAIRE ET SON ESPRIT
Au mois d’août dernier, deux anciens du SPM, Jean Raphael Gosselin et de Philippe Brochu, âgés de 26 ans, étaient de passage en Italie et l’un d’eux avait comme objectif de visiter, à Rome, les deux endroits qui lui semblaient les plus importants : la maison générale des pères maristes et le Colisée. Pourquoi la maison des pères maristes? Pourquoi le Colisée et non le Vatican en priorité? Comme il avait gardé, disait-il, de bons souvenirs de son passage au Séminaire, il tenait à saluer d’autres maristes hors du Québec et comprendre comment était structurée une communauté internationale. Pourquoi pas?
Semble-t-il que nos deux jeunes ont été très bien reçus à la maison parce qu’ils parlent encore de leur passage et de la vue superbe qu’ils ont eu l’occasion de contempler sur le toit de la maison générale. Et ce n’était que le début d’une aventure qui se prolonge encore aujourd’hui. Une simple visite qui a fait boule de neige….
Voilà que deux jours après leur visite, un père mariste australien, le P. Ronald Nissen, passe à la maison générale. Le père Corcoran, secrétaire général, qui a accueilli nos deux Québécois, parle de ces jeunes à son confrère australien de façon élogieuse. Ce dernier travaille depuis quelque temps déjà sur la cause du P. Colin et, cherche comment présenter ce fondateur aux jeunes d’aujourd’hui. Alors lui est venue l’idée de communiquer avec moi pour me demander qui étaient ces jeunes qui avaient fait «a very good impression» et s’il était possible d’entrer en communication avec eux par courriel. «I am wondering if they might be suitable to help with an aspect of work on the Cause of Jean-Claude Colin.» Une réponse rapide de ces jeunes me confirme qu’ils acceptent de relever le défi qui les attend.
Voici en quels termes le père Nissen présente son travail :
«In my work developping resources to promote the Beatification Cause of Father Jean-Claude Colin, I am seeking the advice and collaboration of other people in the Marist world, including the world of young adults….from differents countries and cultures concerning the kind of resources to tell the story of Father Colin.»
Les jeunes sont «full techno» comme ils le disent eux-mêmes. Et la communication étant rapide et instantanée, voilà que le P. Nissen entre en contact avec ces jeunes à qui il a envoyé quelques questions. Comme il manifestait un grand intérêt pour les jeunes de chez nous, je lui ai envoyé les noms d’une douzaine d’autres jeunes, tous anciens du Séminaire, excepté un. Deux de ces jeunes sont actuellement à Fribourg, en Suisse, pour une année de discernement et ils ont le sincère désir de devenir prêtre. Ce sont tous d’excellents jeunes qui ont peu entendu parler du P. Colin, il faut le dire, mais qui connaissent bien l’esprit mariste, qui en est un d’appartenance à une belle grande famille. Il faut dire bien humblement que cet esprit de famille se développe très positivement au Séminaire depuis de nombreuses années et il a atteint un sommet de fierté encore jamais vu auparavant.
Permettez-moi un autre exemple de cet esprit «d’appartenance mariste» qui a été encore une fois très senti lors de récentes funérailles à l’Église St-Charles Garnier, laquelle ne fut jamais aussi remplie, m’a-t-on dit, avec des gens debout à l’arrière, un samedi soir à 6 heures. Si j’avais fait se lever les personnes qui avaient un lien avec le Séminaire des Pères Maristes, je suis certain que les deux tiers de l’Église se seraient manifestés. Elles étaient venues, ces personnes, en «solidarité mariste» avec les trois jeunes hommes qui venaient de perdre leur papa de façon dramatique. Et plusieurs jeunes de dire après la célébration : «c’est ça l’esprit mariste…être proche, solidaires, avoir de la compassion…»
C’est pourquoi, ces jeunes qui collaboreront avec le P. Nissen partageront leur vécu et ce qu’ils ont retenu de plus important lors de leur passage au Séminaire des Pères Maristes, qui depuis plus de 85 ans, ose encore parler de Dieu et de Marie tout en faisant son possible pour former de bons chrétiens, de bons citoyens et de bons savants, avec un cœur ouvert sur l’essentiel.