Marseille-Cassis, 25 octobre 2015
Départ 9h00 Marseille -> Cassis 19.600km
Beau, dégagé
La dernière épreuve de mon challenge 7/6. Et pas la plus petite. J'ai fini la Cabro d'Or sur d'excellente sensation et la joie d'avoir réalisé une excellente performance. Mais j'y ai laissé des plumes pieds ! J’espérai que la semaine entre les deux épreuves me permettrai de récupérer et être en forme et en état afin de pouvoir faire un bon temps. En réalité, je n'ai fait qu'une seule séance d'entrainement et relativement tranquille et courte. Je voulais juste me tester, pas m'achever. En gros, j'ai jamais trop espéré pouvoir faire la course comme il faut.
J'y vais, j'y vais pas ? J'y vais ? J'y vais pas ? J'y vais !
J'ai quand même hésité à faire la course ou pas. J'étais pas vraiment en état et je le savais. je savais que ça serait compliqué. Mais c'était la dernière épreuve du challenge et puis, Mathieu voulait participer à la course aussi. Je pouvais pas le laisser seul. Comme un ami à moi ne pouvait pas venir faire la course il m'a laissé son dossard. Dossard que Mathieu a voulu. J'étais d'abord étonné par cette décision. Je me suis dis qu'il était fou. Il avait jamais couru une si grande distance. Et puis MC, c'est pas facile non plus. Mais je kiffais tellement l'idée de faire cette course avec lui, que j'ai même pas trop cherché à le convaincre.
La veille de la course, je suis parti récupérer nos dossards. Comme d'hab, se retrouver sur le village départ ça te met tellement dans l'ambiance que tu as envie d'être le matin de la course direct ! J'ai failli ne pas récupérer le second dossard, parce qu'il me manquait un papier, la convocation. Convocation qui permet, entre autre, d'avoir le numéro du dossard. Heureusement, j'ai pu avoir le numéro de dossard et donc pu le récupérer. En vrai, je stressais de pas pouvoir avoir le second dossard. Mais finalement avec la photocopie d'identité de mon pote et son num de dossard ils n'ont pas trop posé de question. Juste récupéré mon nom, au cas où.
Le matin de la course, on avait prévu, avec Mathieu, de se retrouver assez tôt pour que je lui file dossard et les goodies et aussi pour pouvoir déposer les affaires aux consignes. Mais bon, entre le détour par le Vélodrome, toujours aussi inutile, mais toujours aussi beau et le retard de sa navette, on a un peu galéré.
J'ai pu déposer mes affaires juste à temps. Lui, il a fallu qu'on dépose ses affaires dans ma voiture. Sauf que pour retourner à ma voiture, y'avait 2 km ALLER ! On a donc fait l'aller pour s'échauffer. Sauf que vu l'heure et le départ qui approchait il fallait se dépêcher. On a donc pas mal cavaler ! Je crois même que Mathieu était pas loin de son rythme de croisière. Sur le retour on a été plus cool. Il fallait pas que je grille Mathieu avant quasi 20 bornes.
Quasi 20 bornes parce que contrairement aux années précédentes, le parcours était rétréci de 400m à cause des travaux sur le Boulevard Michelet.
On est revenu sur la zone de départ juste à temps pour le coup d'envoi. Mais bon, avec la foule, on a quand même eu 5/6 minutes de bouchons avant de passer la ligne de départ.
Mathieu, à gauche, et moi, à droite
On est parti dans le moulon, parmi les 15 000 personnes. Et vu qu'on était dans la fin du groupe, on a remonté pas mal de gens sur les premiers km. C'était assez chiant d'ailleurs, cette impression de pas pouvoir courir et le fait de devoir chercher sans cesse un chemin pour se faufiler et doubler. Et à deux c'est encore plus chiant, parce que faut pas se perdre de vue. Et que si y a la place pour passer pour un, y a pas toujours la place pour deux.
Le début, ça monte doucement et tranquillement. On force pas trop parce que j'ai prévenu que ça serait plus dur après et qu'on dépense déjà pas mal d'énergie à doubler.
Ça dure comme ça un moment.
Photo prise du pont de l'avenue Mireille
Au bout de 5 km, on arrive au premier ravito. Tout le monde se jette sur les premières tables avec les liquides et les solides. Ce n'est qu'une fois le ravito passé qu'on s'est aperçu que y'avait d'autres tables avec beaucoup moins de monde. Du coup, on aurait pu être moins gêné.
On continue sur notre lancée. Et on arrive en bas de la Gineste. Ça monte plus et on aperçoit dans les virages au dessus la foule qui est devant nous. Y'a vraiment beaucoup de monde.
Peut être on est sur la photo. Peut être pas.
Le dénivelé se fait sentir un peu. Mes pieds commencent à souffrir aussi. Mais j'arrive à tenir le rythme. Pour finir la montée on a ralenti le rythme. Du coup, il est vrai que ça nous a paru moins compliqué que prévu. Mais je suppose que c'est parce qu'on a bien fait de réduire le rythme.
Le sommet du col arrive. On a déjà parcouru la moitié. La plus difficile pour les jambes. La plus simple pour le cœur et les articulations. Mathieu est étonné par la facilité du début du parcours. Il est vrai que c'est pas très compliqué avec son niveau. Mais il restait 10 km encore et quelques difficultés.
Arrivés en haut, on a eu le droit à un autre ravito. On a encore dû s'arrêter tellement y'avait du monde. et encore une fois, on s'est fait avoir avec la table. On aurait dû aller un peu plus loin.
Sur la plateau on a pu aller un peu plus vite. C'est du faux-plat en descente, donc ça aide. En théorie on aurait pu aller plus vite. Mais la partie descente fut une galère pour mes pieds. J'avais vraiment mal et je ne pouvais pas augmenter le rythme. On était seulement à 5:45 min/km. Ce qui par rapport à mon rythme habituel est vraiment faible. Mais sérieusement, c'était dur pour moi et mes pieds d'aller plus vite.
On a passé les pompiers et leur lance à incendie. Comme chaque année, ils arrosent les gens pour les rafraichir. C'est plutôt original comme moyen. Rafraichi directement avec la grosse lance à eau ... Bon, à débit très réduit, sinon tu t'envoles de l'autre côté de la route !
Après ça, j'ai continué en serrant les dents et en comptant les kilomètres. Chose assez rare, les kilomètres étaient marqués et indiqué à l'envers. D'habitude, ce sont les kilomètres parcourus qui sont affichés. Là, c'était les restants. Avec la fatigue et la douleur, j'ai pas compris de suite pourquoi.
Plusieurs fois dans la course on m'a questionné sur mes chaussures. "Est-ce que t'as pas mal ?", "Est-ce que c'est confortable ?", "Est-ce que c'est bien", etc. ... J'ai jamais eu autant de succès avec mes chaussures qu'avec cette paire. Bon, faut dire que jaune fluo en plein jour avec du soleil, ça se voit. J'avais les pieds qui brillaient.
A 13km, on a fait un autre ravito. Cette fois, je me suis pas fait avoir, j'ai pris la fin de la table. Sauf que Mathieu non. Du coup, j'ai failli le perdre et j'ai dû l'attendre et le chercher pour qu'on puisse finir la course ensemble.
C'est vers là que mon cerveau a fait "tilt" pour les numérotations des kms. Comme la départ cette année était décalé de 400 m, ils sont parti du départ pour garder les mêmes emplacements des bornes ! Malin
COUCOU MAMMAMAAANNNNNN. Je passe à la télé
Après, on a attaqué le gros de la descente. On a eu le droit à l'hélico de la télé. Je sais pas si on m'a vu, mais j'ai fait coucou plusieurs fois. Sinon, je me languissais qu'une chose ! LA FIN !!! J'avais mal aux pieds, marre de courir pas à mon rythme. Marre d'être dans le moulon. Mais pas marre d'être avec Mathieu. Heureusement qu'on était deux. Sinon, je sais pas comme j'aurais fini la course.
On a continué à courir et courir. Moi avec mes pieds douloureux, Mathieu avec son niveau. Je pense honnêtement qu'à ce moment là et depuis quelques kilomètres déjà, c'était plus lui qui courait avec moi que l'inverse. J'avais ni les jambes, ni les pieds pour aller plus vite.
La descente ne fut pas une partie de plaisir. C'était plus dur pour mes pieds. Plus dur car il fallait retenir ma foulée. Chaque foulée était douloureuse. J'avais qu'une envie, finir cette putain de course !
Quand on a commencé à s'approcher de Cassis, y'avait plus de monde. Plus de supporters, plus de spectateurs. C'était vraiment agréable de se sentir pousser alors que t'as 18 km dans les jambes et que t'en a marre. Ça aide, vraiment.
Et puis, y'a le "mur" de la fin. Le pire truc dans cette course. Tout le monde te dit que MC c'est 10 km de montées et 10 de descentes. Donc arrivée en haut, tu t'attends à plus avoir de montée. Si on oublie les faux-plat sur le plateau, c'est vrai ... à 99%. Le 1% restant c'est le pire !
Altitude et distance en bas et en haut du mur
Cette montée elle fait 13 m de haut pour 24 de long. Donc 54% !! CINQUANTE-QUATRE PUTAIN DE POURCENT ! Et on les sent bien passé. C'est très dur pour les jambes mais aussi pour la tête.
Mais bon, il reste même pas 2 km à ce moment là IMPOSSIBLE de craquer.
Et puis, y'a le moment de l'arrivée, sur le port. Avec des spectateurs et supporters de partout ! C'est vraiment la folie l'arrivée à Cassis. Tu vois bien l'engouement de cette course. Que cette course elle est pas pareil que les autres.
... no comment sur ma tête
Du coup, on a retrouvé une motivation, on a un peu accéléré, forcément. Et en plus, on a vu le panneau afficher presque 2h10. On a voulu passer sous les 2h10. Chose qu'on a réussi à ... 4 secondes !!
A l'arrivée, j'étais vraiment soulagé. Soulagé d'avoir fini. D'en avoir fini avec cette galère. Courir c'est un vrai plaisir, mais pas quand t'as deux pieds en moins. Sur deux, ça fait qu'il en reste pas beaucoup.
Cette année, j'ai récupéré ma médaille directement en cherchant bien les bénévoles qui les distribuaient.
Dans la foule, on a tenté de trouver de l'eau et à manger. Pour l'eau se fut simple. Des bénévoles distribuaient des bouteilles à volonté. On a donc bien bien bu.
Il faisait soif à l'arrivée
Par contre, pour manger ... ben y'avait rien de prévu. Les seuls endroits pour manger c'était les stands des entreprises. Après s'être fait refoulé à deux endroits, on a réussi à gratter deux bricoles, je sais plus trop où.
Ensuite, on est parti chercher mes affaires aux consignes ... Et putain, ça aussi c'était bien chiant. Entre la foule de coureurs et celle des spectateurs, ce fut la misère pour trouver notre chemin. Et puis le centre de Cassis, c'est pas très grand. Et quand c'est pas grand, vas-y pour garer une douzaine de camion ! Il a fallu qu'on marche une bonne demi-heure. J'ai mesuré, y'avait 800m entre l'arrivée et le parking ! Presque un kilomètre à faire après en avoir couru 20 ! Des tarés ! Et puis, entre la fatigue, mes blessures, la foule et les indications peu facile c'est pas en 15 minutes que tu les fait. Mais en 30 !
Sur la route, on a rencontré une fille qui avait fait, comme moi, la course en Fivefingers. On a rapidement discuté, pris une photo ensemble pour marquer le coup. Puis nos routes se sont séparées.
Quand on a pu trouver le parking, puis le bon camion, j'ai pu récupérer mes affaires. J'en ai profité pour manger !! Heureusement, j'avais prévu des barres de céréales. Sinon, j'aurais mouru de faim. Je sais ça se dit pas. Mais quand j'ai faim, je parle pas bien français.
Et puis, il a fallu rentrer. Pour ça, on a dû rejoindre les navettes. Et là, encore, ce fut une aventure. Bon, on s'est pas trop pris la tête pour trouver le chemin ... on a suivi la foule. Enfin, surtout ceux habillés en coureur. On a marché un bon moment. En regardant sur la carte, y'avait 2.6 km entre le parking des consignes et les navettes ! Et là, pareil que pour aller aux consignes, on était fatigué. Et puis, c'était pas plat, putain ! On a bien dû marcher une heure ! Une heure de marche en espérant trouver des navettes en arrivant. Au lieu de ça, on a surtout trouvé une file d'attente énorme !
En réalité, y'avait deux files. L'une pour jesaisplusou et une pour Marseille. Bien sûr, celle qui m’intéressait était pleine. L'autre vide ! Mais genre, y'avait 12 personnes dans l'une, 200 000 dans l'autre. Du coup, Mathieu qui allait jesaisplusou m'a proposé de me ramener. Ça lui faisait revenir sur Marseille, mais au moins j'attendais pas 1000 ans. Du coup, on a fait la queue pour jesaisplusou. Et en fait, je me suis retrouvé malgré moi, à doubler toute la file de Marseille, quand le car pour Marseille s'est garé devant nous. J'en ai profité pour me faufiler et rentrer chez moi. J'avais un peu honte d'avoir doublé les gens, mais bon, j'étais honnêtement mieux dans le car qu'à attendre bêtement. J'avais abandonné Mathieu, mais il m'avait poussé à le faire. Et puis après, il m'a dit qu'il avait pas attendu longtemps avant d'avoir sa navette.
2h10, quand l'année précédente j'avais fait 1h45. Mais compte tenu des circonstances et de mon état, je pense que c'était une bonne perf. Niveau classement par contre, c'est pas top. On fini 12 595 sur 14 507 arrivant. Soit 87 sur 100. Et dans notre catégorie c'est 93ème sur 100 (4 131 / 4 459). Mais bon, faut voir aussi qu'on est parti DERNIERS ! On a doublé 2 000 personnes quand même ! Sur 20 bornes ça fait du 100 personnes doublés par kilomètre !!! Bon, on se rassure comme on peut. Mais vraiment MC en partant dernier, c'est pas facile.
Félicitations à Mathieu. 2h10 pour son premier Marseille-Cassis. Pour sa première course à 20km. Mec t'as fait fort ! Et encore, je pense que je t'ai ralenti. Merci d'avoir été avec moi et de m'avoir soutenu. J'aurais fini mais en faisant un temps encore pire si t'avais pas été là.
Y'a des fois où t'es bien pendant une course. Là, c'était l'inverse. J'étais pas en forme. Blessé carrément.
Ce fut vraiment dur physiquement. Moralement, j'étais soutenu par mon compère donc ça m'a aidé. Au fond, je pouvais pas lâcher alors que Mathieu faisait son premier 20 km. Et courir à deux, c'est vraiment agréable moralement. Même si j'ai senti la route passée à cause de mes maux, ce fut moins long en discutant et en disant des conneries.
Le challenge 7/6 était pas une bonne idée pour mon corps. Mais ce fut un challenge très intéressant et que j'ai relevé ! 106 km en course officielle en 7 courses et en 6 weekends. Le tout en claquant record perso à Lyon (1:29:22) mon deuxième à la Cabro d'Or (1:30:07) sur le semi-marathon. Et le même chose sur le 10 km avec 40:44 à Puyricard et un 41:19 à la foulée Ressource.