Watched Mis-Shapes MV again and i just noticed this
👁👄👁
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I don’t usually take videos at concerts because it’s annoying and pulls me out of the moment (also because I like scream-singing and I don’t want that on video), buuuut a friend asked me to film a bit of Pulp last night for him.
This is me struggling to see because I’m smol but still managed to catch something.
Mis-shapes, mistakes, misfits We'd like to go to town, but we can't risk it, oh 'Cause they just want to keep us out You could end up with a smack in the mouth Just for standing out, now really
Débris de songes dans mon café.
M comme mis-shapes (mistakes, misfits)
J’aime bien regarder des documentaires musicaux. Même ceux qui traitent d’artistes que je ne connais pas ou n’apprécie guère. Par exemple, mon favori, c’est Some Kind of Monster alors que je n’écoute pas du tout Metallica. Bon, OK, c’est vrai, ce dernier est si what-the-fuckesque qu’il ressemble plus à un film de Quentin Dupieux qu’à un véritable documentaire, mais tout de même : punk rock en hôpital psychiatrique, black metal sataniste en Lituanie, princesse de la pop en pleine ascension, starlette de la country en mal de sensations, c’est bon, je prends. Aussi, ce week-end, avec l’homme, on a regardé We Are X, le film dédié au groupe de visual kei japonais X Japan (plus de 30 ans de carrière, plus de 30 millions d’albums écoulés). Encore un genre ou un sujet qui ne m’attirait pas en particulier… Mais au final, rien que pour les combi en dentelle et les coiffures je-fais-ce-que-je-veux-euh-avec-mes-cheveux, je me suis dis que j’avais bien fait de me laisser tenter.
C’était un peu émouvant aussi. Faut dire que le batteur leader et fondateur du groupe, Yoshiki, en a un peu chié dans la vie. À sa naissance, les médecins l’ont jugé trop fragile pour survivre jusqu’à l’âge adulte, son père s’est suicidé quand il était tout minot, il a lui-même tenté de se suicider au moins à trois reprises, le guitariste de son groupe aussi, mais lui a réussi… Bref, le genre de trucs qui, s’ils ne tuent pas, ne rendent pas forcément plus fort mais certainement plus sensible. Et il en a de la sensibilité à revendre, Yoshiki. Même si on n’est pas fan de la grandiloquente sentimentalité du rock nippon, ça s’entend dans ses compositions. Il a aussi un sacré sens du sacerdoce ; une dévotion à son art qui l’a conduit plusieurs fois au bloc opératoire. Aujourd’hui, le mec vit à L.A. (financièrement, ça va, quoi), mais il monte sur scène avec une minerve, passe sa vie chez son médecin et pleure toujours la mort de son père et de Hide, son guitariste adoré. Au bout du compte, le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? Le quinquagénaire donne simplement l’impression qu’il n’aurait pas pu en être autrement…
Qu’on kiffe les chemises à jabot et l’eyeliner waterproof ou pas, difficile de ne pas abdiquer devant la démarche jusqu’au-boutiste du groupe (et de leurs fans, cela va sans dire). C’est vrai, au moins jusqu’à la reformation, ça transpire la passion. Le sens du devoir, même, par moments. Et je me dis qu’un tel phénomène ne pourrait naître et perdurer qu’au Japon, pour les bonnes (l’engagement, l’abnégation) comme pour les mauvaises raisons (le drama, l’abnégation). Puis ça m’a fait penser à Split aussi. Si vous ne l’avez pas vu mais qu’il est à votre menu, désolée, mais nos chemins se séparent ici… Sauf si les spoilers ne vous font pas peur. Pour ceux qui ne l’ont pas vu et pour qui ce n’est absolument pas prévu, connaître le scénar’ n’a aucune sorte d’intérêt. Et donc, voilà, ça m’a fait penser à ça : quand la 24e et monstrueuse personnalité épargne l’ado scarifiée en lui disant, en somme, de se réjouir car elle appartient à la frange de l’espèce la plus évoluée : celle des êtres abîmés, fêlés, cassés. Le reste du film m’a moyennement emballée ; c’est un divertissement sympathique, pas de quoi être extatique. Mais cette petite phrase a tout de même continué à me travailler.
Bien entendu, c’est de l’attrape-couillon facile ; on a tous connu des événements malheureux qui nous ont plus ou moins façonnés et c’est aisé de s’identifier, surtout quand on vient de se farcir une heure trente d’un bon vieux survival des familles… Pas sûr que je puisse échapper des griffes d’un dangereux psychopathe grâce aux traumas passés de ma vie de privilégiée, cela dit (j’ai tout de même eu mon lot de pervers narcissiques, merci), mais néanmoins, c’est comme quand le nerd ravit le cœur de la belle et populaire cheerleader : quand on a soi-même souvent l’impression de jouer le rôle du loser, un peu de catharsis de comptoir de temps en temps, ça fait du bien. Et forcément, des instants « purgation des passions » ou « sublimation des pulsions », y en a plein dans les films documentaires musicaux. Quand Yoshiki explique comment la musique lui a sauvé la vie. Quand les légendaires Minutemen ne baissent pas les bras malgré les galères. Quand Damon Albarn avoue qu’il a été un sombre connard avec Graham Coxon. Quand Katy Perry comprend que son mariage prend définitivement l’eau mais qu’elle assure quand même le show. Quand Lars Ulrich hurle “Fuuuuuuuck!“ à James Hetfield… Pour ce dernier, je plaisante, évidemment, (et j’en pleure de rire rien que d’y penser). Mais enfin, vous voyez le topo.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? À vrai dire, je ne le sais même pas… Si ce n’est qu’un peu de compassion et de bons sentiments ne peuvent pas nuire, non ? Puis aussi que je me demande bien ce que je ferais sans les disques, les livres et le cinéma… Sans les gens qui racontent me racontent tous les jours mon quota d’histoires. En tout cas, pour ma part, les écouter ou les écrire, je n’aimerais faire que ça… La preuve, je suis là à vous parler de ce satané Yoshiki dont vous vous foutez sans doute éperdument au lieu de chercher des contrats… Ah ben voilà ! Finalement, y avait pas besoin de pousser les investigations bien loin : je ferais n’importe quoi pour ne pas me remettre au boulot... Ah ben, ça y est, c’est l’heure de manger ! Allez, salut, à la prochaine, hein !