prolongations proustiennes
les souvenirs deviennent de l’or lorsque l’on sait, dans l’avancée de nos âges, que nous ne pourrons plus vivre la vie qu’ils évoquent, cet or que l’on ressent au travers des images que notre esprit pressé par un furieux désir de retour, nous restitue avec plus ou moins d’allant, puisque eux seuls désormais pourrons nous rendre un peu de ces instants lointains, peut-être même de façon parfois plus précise, plus exacte, plus flamboyante que le présent lui-même (car il s’agit simplement d’une question de point de vue, ici celui différent par où l’esprit voit) ; et je me faisais donc chercheur passionné de cet or reflet de vie et je m’embarquais joyeusement sur la barque de l’inconscience qui elle seule peut remonter les bras secrets du fleuve mémoire, trouver la source vive et limpide du précieux minerai ; et je ne manquais rarement d’en trouver quelques lumières
© Pierre Cressant
(lundi 1 octobre 2012)












