Grâce à mes relations haut-placées dans le sulfureux monde de showbiz, j’ai réussi à gratter une invite pour le concert pourtant complet d’Igorrr au Trabendo. En vrai, jusqu’à ce samedi ensoleillé, j’ignorais absolument qui était Igorrr, mais j’étais impatient de voir Fred aka Niveau Zéro s’activer derrière ses machines. J’avais bien jeté une oreille un peu distraite mais plutôt séduite à son Soundcloud, mais n’avais jamais eu le courage d’aller l’écouter en live, généralement à des horaires où le réseau ferré métropolitain est hors service.
Je n’ai pas été déçu, loin de là. Je n’y connais rien en dubstep, mais je veux bien croire que c’est un son davantage destiné à la nuit qu’à l’apéro. Et pourtant, j’ai l’impression que le bonhomme a réussi à embarquer tout le monde avec lui, samplant indifféremment hip-hop, métal, grosses voix gutturales et j’en passe avec une efficacité redoutable. Il n’y a presque aucun répit et quand ça arrive, c’est uniquement pour laisser le temps de se relever avant la mandale à suivre. Niveau Zéro, c’est la musique du gros méchant dans les blockbusters américains. Ça ne fait pas vraiment dans la dentelle, quoique sans manquer de subtilité pour autant : la puissance à l’état brut.
Spoiler : je vais être un peu moins dithyrambique pour la suite.
J’ai bien conscience que 95% de la salle au moins est principalement venue écouter Igorrr aux machines, accompagné d’un comparse à la batterie (bon point) et de deux, comment dire, vocalistes ? Une chanteuse lyrique et un farfadet. Le farfadet est tout maquillé en haillons et growle dans un micro dont le fil sort de l’anus d’un alien en caoutchouc avec des LED. Ai-je déjà précisé ici que je ne suis pas très fan du grotesque grandiloquant ? Raison pour laquelle j’ai cru décéder d’ennui lorsqu’on m’a traîné il y a bien longtemps dans un cabaret burlesque par exemple. Bref. Laissons sa chance à la musique. Je considère la musique comme un véhicule aux émotions. Et là, c’est tellement foutraque et haché, entre bal musette, métal, opéra et je ne sais quoi, que je ne sais plus. J’ai l’impression de subir un zapping aléatoire. Rien ne passe. Aux meilleurs moments, j’applaudirais la synthèse entre Fantômas et DJ Shadow, mais en général, je pleure coincé entre Evanescence et Cradle of Filth. Au moins je sais maintenant que ça existe et que ça rencontre un franc succès.















