BRIAN DEDORA
Photo: ALEXANDRA PROCHSHENKO 2. KIRBY


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BRIAN DEDORA
Photo: ALEXANDRA PROCHSHENKO 2. KIRBY
bill bissett (w/Honey Novick)
noir z launch
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Noirz, 6 : "Sorry, Wrong Number", Anatole Litvak - 1948
Un Noirz complètement paranoïaque et furieusement jouissif que ce petit bijou au casting impressionnant qu'est Sorry Wrong Number, une fantaisie formaliste de Litvak, réalisateur d'origine ukrainienne, membre du Hollywood de l'Est avec André De Toth l'Hongrois et Edward Dmytryk, lui aussi de descendance ukrainienne (entre autres...).
Une jeune femme seule dans son appartement décroche son téléphone et surprend une conversation téléphonique qui a pour objet son assassinat.
L'intrigue, diabolique mais malheureusement obsolète (plus de "operator!"), fournit à Litvak la matière pour s'amuser des contraintes imposés par le tournage. En plus d'être scotchée au téléphone, l'héroïne est clouée au lit, invalide, et sur ce double huis-clos que le metteur en scène construit toute sa mise en scène, d'une étonnante et vivifiante liberté. Les passages hors de l'appartement sont mois réussis, mais la tension et le suspense sont amenés de main de maître. Une scène marque l'oeil : la caméra rampe dans l'appartement, doucement, vers Leona. Une merveille.
C'est aussi un rôle sublime pour Stanwyck, un peu trop vite proclamée reine du Noirz après son coup d'éclat dans le on-ne-le-présente-plus Double Indemnity de Wilder, pierre angulaire du genre. Avant de s'envoler dans les contrées de l'Ouest et de la Birmanie pour Dwan (dans Escape to Burma et Cattle Queen of Montana) et de finir avec son propre show télévisé ("The Barbara Stanwyck Show"), elle a incarné cette femme fatale maintes fois photocopiée, à qui elle a donné sa naïveté et ses traits enfantins, comme pour édulcorer la menace et la paranoïa dont elle est partie intégrante.
Noirz, 5 : "The Blue Dahlia" - George Marshall, 1946
Coquet.
C'est un peu le sentiment qui prime devant ce parangon du Noirz, dans lequel un soldat de retour du Pacifique au sortir de WWII se rend compte que pendant son absence, sa femme a mené la grande vie.
Un Noirz même assez déséquilibré qui doit, je pense, sa réputation à l'utilisation presque tarte-à-la-crème, en tout cas scolaire, des poncifs du genre : interprétation tout en ironie, expressionnisme clinquant (et peu subtil), cynisme et violence sèche. Pourtant, la clarté et la simplicité de l'intrigue aurait pu pousser le réalisateur, dont on se souvient surtout pour sa participation à l'extravagant How The West Was Won (1962), à frôler l'expérimental, comme Ulmer ou Aldrich, voire Dmytryk (Murder My Sweet et ses farandoles infernales) l'avaient fait avant et après lui. Mais niet. Reste un divertissement qui se regarde, mais un Noirz sans saveur.
A noter tout de même : le couple Alan Ladd/Veronika Lake qu'on retrouvera dans d'autres Noirz, donc The Big Clock de Stuart Heisler, d'une autre trampe (car emberlificoté jusqu'à la lie). Dans le genre "retour du G.I. dans un monde au bord de la folie", on préfèrera aussi Act of Violence de Zinneman, chroniqué là.