Sayonara Tokyo 2/2
… Puis les pruniers ont été rapidement suivis par les premiers cerisiers en fleurs, écho à nos premières journées au Japon, nous donnant le sentiment d’avoir fait l’expérience de toutes les saisons. Savez-vous que les anciens au Japon distinguaient 72 micro-saisons durant l’année, répertoriées dans l’ancien calendrier lunaire ? Pour cela ils s’appuyaient sur des observations telles que “le moineau fait son nid”, “les saumons se rassemblent pour frayer” ou “les premières fleurs de pêcher apparaissent”…
Dans les dernières semaines, par hasard, JR fait la rencontre d’un français qui porte un arc long dans une rue en bas de chez nous, et qui nous invite à venir assister à un passage de dan (grade) le lendemain. L’art martial qu’il pratique, appelé kyūdō, s’inspire du tir à l’arc guerrier et y mêle des influences du zen, du confucianisme, du taoïsme et du shintoïsme. Il vise le développement de la discipline du corps et la coordination du groupe. La maîtrise des gestes doit être parfaite, tout comme le respect du cérémonial qui accompagne la préparation. Pour l’observateur c’est un peu long et répétitif, mais ça ne manque tout de même pas d’intérêt.
La dernière semaine, entre finitions des maquettes de cabanes dans les arbres pour JR et organisation de la suite du voyage pour Marie, nous prenons quand même le temps de nous retrouver autour d’un ramen avec nos couchsurfeurs Eri et Makoto, de tester un nouvel izakaya avec Louise, et nous avons aussi l’honneur de nous faire inviter dans un resto français, en compagnie de toute l’équipe de l’agence Zo puis dans un resto japonais traditionnel par Kiku-san, un des collègues de JR. Une semaine sportive pour nos estomacs mais qui témoigne d’une reconnaissance que nous avons appréciée.
Notre séjour au Japon touche maintenant à sa fin… Cette année au Japon (onze mois et des brouettes pour être précis) nous laissera un souvenir enthousiaste, celui d’une diversité de visages, de caractères, le sentiment d’une sérénité et d’une honnêteté rares que nous avons rencontrées ici tout au long de notre séjour. L’image d’un Japon traditionnel toujours vivant mêlée à celle d’un Japon “décalé”, en quête de toujours plus d’efficacité et de modernité. Nous avons trouvé ici un accueil chaleureux et bienveillant, une attention et une vive curiosité qui nous a surpris, alors que nous imaginions le contact difficile et timide. Nos efforts pour parler japonais ont sans doute aidé, même si après un an on est encore bien loin de parler couramment… Malgré tout, les conversations autour des derniers repas étaient assez encourageantes et on espère continuer à pratiquer le japonais, langue aussi passionnante que complexe et mystérieuse.
Dans trois jours nous serons dans une autre capitale, à quelques 5000km d’ici, pourtant tout aussi fourmillante et chaotique. Mais Bangkok ne sera qu’une escale sur la route vers Wipawadi où nous retrouverons Claire pour quelques semaines.
Bye bye Tokyo, ou plutôt à bientôt !








