Kelsey was having a good time, despite being overly pregnant and super emotional. She said her hellos, wished Artie a happy birthday and started to head for the door unitl she saw Connor standing there. She let out a breath as she tried to turn around but ended up getting stuck and let otu a breath as she whispered to herself that she can do this. She turned back around and gave him a friendly smile. “Hi, Connor. Are you having any fun?”
Connor : Un large sac en cuir noir à la main, Connor verrouille les portes de sa voiture sans regarder. Ses jambes continuent de le rapprocher de la porte d’entrée de la maison. C’est l’heure du retour à la réalité pour le loup-garou, après un moment passé à déserter les quelques murs en face de lui et ignorer les personnes qui vivaient à l’intérieur. Heureusement, pour l’aider à le faire, Ephram avait été là. Probablement qu’il n’aurait jamais réussi à calmer son angoisse intérieure sans lui – probablement qu’il n’avait pas réussi à la calmer complètement non plus. Juste à l’atténuer, en s’enfermant dans une bulle, protégé du mauvais temps. En revenant ici, il avait le droit à une forme originale de tempête. Connor termine son arrivée jusqu’à la porte avec la sensation que chaque pas double son appréhension. C’est rentrer chez lui pour retrouver quoi au final ? Un rappel de l’existence d’une personne qui souhaite sa mort à deux rues plus loin, des parents tranquillement ignorants et un frère désorienté au possible. Pauvre Isaak. Et merde. Comment il est censé l’aider dans tout ça ? Rien n’apparaît comme la bonne solution. Son ventre se retourne à chaque nouvelle pensée qui vient cogner son cerveau. On se détend, Connor. Une pause, une inspiration. Et puis merde. Finalement le loup-garou fait tourner sa clé dans la serrure. Olko aboie depuis le salon pour annoncer l’entrée de son maître, avant de venir l’accueillir avec des sauts et des coups de queue dans tous les sens. Le jeune homme lui offre un sourire, avant de fermer la porte derrière lui et passer le couloir pour retrouver des yeux le visage qu’il s’attendait à voir. « Salut gros con. » balance alors Connor avec un léger rictus, ni désagréable ni parfaitement en joie de se retrouver face à Isaak. Quand il pourrait en être heureux, en réalité, si il n’était pas en panique à l’idée d’un possible basculement dans la conversation. Tout pourrait bien se passer si ils s’asseyaient simplement autour d’une bouteille de whisky, et qu’ils se racontaient leurs vies. Connor pourrait lui parler de ses retrouvailles avec Ephram, et peut-être que Isaak lui raconterait comment il avait dragué la nouvelle et qu’ils finiraient ensemble par se plaindre du nettoyage de la soirée du Nouvel An. Oui, ça pourrait bien se passer. Le loup décide de s’accrocher à cet espoir, pas prêt encore à laisser s’évanouir la joie de cette dernière vingtaine de jour. Son sourire s’élargit, une part de l’angoisse fond, alors qu’il pose ses clés sur le comptoir et qu’il vient donner une tape un peu brusque sur l’épaule de l’aîné en guise de bonjour. « Où est l’alcool qui devrait m’accueillir ? » ajoute-t’il alors en guise de plaisanterie, abandonnant son sac au sol et sa veste en cuir sur le porte manteau pour officiellement arriver chez lui et planter ses fesses dans son canapé.
Isaak : Les yeux d’Isaak se ferment une nouvelle fois tandis qu’il s’enfonce un peu plus sur le fauteuil du salon des Shermann. La nuit n’a pas été assez longue. Comme toutes les nuits depuis plusieurs jours, quand on y réfléchit. Ou plusieurs semaines ? C’est pas comme si il avait été très productif dernièrement. Une longue inspiration vient tenter de le réveiller mais ça n’a d’effet que d’éveiller ses courbatures, situées un peu partout dans son corps. Il est sorti hier soir, et le soir d’avant. Et surement le soir encore d’avant. Il a du mal à déterminer si c’était une très bonne idée de sortir autant ces derniers temps. Mais il a tendance à faire des cauchemars quand il s’endort sans alcool. Et au moins il sait pourquoi il a mal à la tête quand il boit. Ça diminue un peu l’angoisse qui attend sagement au creux de son ventre le bon moment pour exploser. Olko à ses pieds commence à grogner alors que le bruit d’une voiture dans l’allée se fait entendre. Leurs parents étant partis en voyage, ça ne peut être que Connor. Peut être qu’il restera un peu plus longtemps cette fois. A cette pensée, Isaak reprend un peu plus conscience de son environnement et ses doigts viennent frotter sans aucune délicatesse ses yeux pour les convaincre de rester ouverts. Le retour de Connor le soulage plus que de raison. Mais il a manqué d’une épaule où s’appuyer ces derniers temps et il sait qu’il pourra la trouver chez son frère. L’aboiement du chien achève son petit retour à la réalité et il sourit un peu en apercevant le brun dans le couloir. Il a l’air en forme, assez pour l’insulter avec le sourire. Il s’en veut presque de l’attendre pour lui parler de tout ce qui ne va pas chez lui. Mais l’option de tout garder dans un coin de sa tête en attendant que ça passe ne semble plus vivable sur le long terme. Et considérant l’état de son cerveau actuellement... Isaak lâche un sourire à la tape de son frère et le suit des yeux pendant qu’il pose son manteau. « J’ai tout fini pendant que t’étais pas là. » Il accompagne sa réponse d’un léger haussement d’épaule. Il reste un peu d’alcool par ailleurs, mais il n’est pas sur que son organisme soit prêt à l’accepter. Il se contente alors de se pencher en avant, les coudes sur les cuisses, sans quitter Connor des yeux. « Tes petites escapades étaient bien ? »
Connor : Le loup-garou examine du regard le visage de son frère. Mauvaise mine, yeux fatigués, et traits tirés. Chouette. Exactement tout ce qui peut inquiéter Connor d’avantage. Il tente cependant de ne pas s’en formaliser, parce que son frère lui offre un sourire. Le plus jeune n’a pas envie de laisser sa bonne humeur se tirer tout de suite. Il s’installe sur le canapé, écartant ses jambes en prenant tout son confort mais aussi toute la place – typique Connor. Le chien vient lui donner sa tête, en réclamation de caresses, et le loup lui donne son dû avec un air tranquille qui tente de rester installé dans son comportement. Isaak a fini l’alcool sans lui. Ah. C’est moyennement bon signe. Peut-être qu’il s’était servi de l’alcool comme exutoire, et cette perspective n’enchante que moyennement le loup-garou qui ne veut même pas imaginer la détresse intérieure de son frère. Si seulement il pouvait être dans sa tête pour comprendre comment ça marche et ce qu’il est supposé faire. Ça y est, le loup a de nouveau mal au ventre. Mais non, Connor, on se reprend. « Alors comme ça tu fais la fête sans moi ? » articule-t’il avec un sourcil levé. Il tente une légère taquinerie plutôt que d’essayer d’avoir des explications de la part de Isaak. Parce qu’à moins que celles-ci soient rassurantes, il préfère ne pas les entendre. Son frère se renseigne sur son séjour, puis les souvenirs de ses moments avec Ephram reviennent comme pour faire pansement sur le reste de la situation. Ses lèvres se tendent dans un rictus tendre. Voilà que la conversation tourne vers un sujet agréable. L’appréhension descend encore d’un cran. Ce n’est pas qu’il a particulièrement envie de raconter sa vie, mais si la discussion peut rester sur les mêmes lignes directrices au moins pour ce soir, ça lui faciliterait les choses. « Magnifiquement bien, si tu veux tout savoir. Et rien que pour la réaction par rapport à son cadeau – ça valait le coup de devenir pauvre. » réplique Connor avec ce même sourire doux, mais aussi un peu amusé.
Isaak : La scène tranquille qui se joue devant Isaak amène une vague de calme dans son esprit. Les choses paraissent simples sur le moment. Il en oublierait presque sa migraine qui elle ne se laisse pas attendrir par le spectacle. Sa main vient masser brusquement sa tempe tandis que Connor le sonde avec son air taquin habituel. Pour le coup il n’est pas sur qu’il aurait vraiment voulu le suivre dans ses sorties. « Disons ça comme ça. » Heureusement que la maison avait été vide ces dernières semaines, ça a au moins évité au brun de devoir expliquer pourquoi il finissait souvent par s’endormir dans le couloir en rentrant le soir. Olko gardera le secret. Rangeant ce détail pour un autre jour, Isaak se racle rapidement la gorge pour se replonger dans la discussion. Connor a l’air heureux. C’est presque étrange de le voir dans cet état mais il ne peut pas dire que c’est une mauvaise chose. Ce type de sourire n’est pas des plus communs chez son frère. Mais ça éveille d’autres genres de sentiments chez l’aîné, une certaine culpabilité. Une part de lui veut le laisser parler de son voyage et d’Ephram autant qu’il veut ou simplement supporter ses blagues pour lui faire plaisir. Mais la majorité de son être attend juste un signal pour pouvoir déverser toutes ses angoisses devant lui. A l’instant présent il a presque l’impression que c’est la solution miracle. Sûrement parce que c’est pratiquement le seul repère de confiance qu’il trouve dans son environnement actuel. Le reste a peu d’importance dans l’état de flou dans lequel il avance. Ses muscles se contractent tous encore un petit plus à ces pensées. C’est comme si il était incapable de se concentrer sur quelque chose de positif plus de trente secondes. Un faible sourire accueille les propos de Connor mais le brun ne se sent déjà plus vraiment présent. Alors il saute sur ses pieds brusquement, comme si bouger son corps allait être suffisant pour masquer le problème. Le sport l’a bien aidé dans le passé mais il sait déjà que ça ne suffira pas. « On a qu’à aller acheter une nouvelle bouteille pour fêter ça. C’est ma tournée puisque t’es pauvre. » Son ventre émet un léger bruit de protestation à l’idée de devoir gérer une nouvelle dose d’alcool. Mais c’est pas comme si il lui demandait son avis. Isaak ne lâche pas son frère des yeux, mi-épuisés mi-survolté, ce qui doit donner un mélange assez étrange au vu de l’expression de Connor.
Connor : Isaak exerce une tentative de massage de tempes assez brutale, attirant de nouveau l’attention de son frère sur le mal-être du plus vieux, qui se fait de plus en plus apparent. Grâce à son odorat de loup-garou, Connor peut capter l’odeur d’alcool et de fête bloquée sur l’humain en face de lui. Il doit probablement avoir une sacrée gueule de bois. La réponse de Isaak elle non plus n’aidait pas à rassurer Connor. Mais il n’est pas sûr de vouloir savoir ce qu’il a fait exactement pendant son absence, ça allait forcément accroître son inquiétude. Encore un sujet à éviter, donc. Le plus jeune fronce un peu les sourcils, comme si il essayait à nouveau de sonder le comportement de son frère, qui lui paraît de plus en plus fébrile à mesure que les secondes s’égrainent entre eux. Comme si il n’était qu’à moitié-là. Il a de nouveau mal au ventre quand il y pense, mais c’est quelque chose de nouveau qui s’installe en lui. De la culpabilité. Parce que probablement que son frère doit avoir besoin de réponses et d’une épaule sur laquelle se reposer, et Connor ne se sent pas capable de lui donner quoi que ce soit. Si il n’avait pas si peur de ce que ça allait produire, et si il n’était pas lui aussi dans le déni de la situation merdique dans laquelle ils se trouvent tous les deux, peut-être que lui parler serait plus facile. Ou pas. Quoi qu’il en soit, les choses que Isaak a oublié sont bien mieux enfouies. Elles sont trop dures à exprimer, trop dures à se souvenir, et encore plus dures à remettre sur les épaules de Isaak alors que ce dernier s’était ôté de ce poids tout seul, seulement grâce à son cerveau. Alors oui, Connor est coupable. C’est son égoïsme qui laisse son frère dans cet état. Sauf qu’en attendant, est-ce-qu’avoir cette discussion avec lui est une bonne idée ? Elle est en tout cas peut-être mieux que celle que propose maintenant Isaak. Connor est toujours partant pour boire, mais son métabolisme peut tenir largement mieux que celui de son frère, visiblement en train de flancher. Le loup-garou toise l’aîné des yeux, de plus en plus perturbé par les signes qui trahissent sa faiblesse. Non, il ne pas le laisser comme ça. Mais il ne peut pas lui parler non plus. Alors il fait seulement un premier pas, en décidant de lui ouvrir la porte. « Je pense que ce serait mieux qu’on reste là. T’as pas l’air en forme du tout, honnêtement. » amorce Connor avec un rire un peu nerveux, comme si il cherchait à rendre la situation moins dramatique. Ce qu’elle n’est pas encore pour l’instant, mais ce qu’elle pourrait très probablement devenir si Isaak prend la perche qu’il vient de lui tendre.
Isaak : Il n’a pas l’air en forme ? Probablement parce qu’il ne l’est pas. Du tout. Mais ce serait trop simple que Isaak arrive à l’avouer directement. Il en a envie pourtant. Il a envie de laisser tout exploser, quelque soit la nature réelle de ses angoisses. Il sait qu’il y a quelque chose au fond de lui qui ne fonctionne pas comme il faudrait. Sinon il n’aurait pas l’impression de nager dans le vide en permanence. Pourquoi est-ce-que les autres personnes ne vivent-elles pas dans le même vide que lu i? Pourquoi Connor en face de lui lui donne l’impression d’avoir un coup d’avance sur lui et sur cette discussion ? Putain pourquoi est-ce-que ses pensées n’ont aucun putain de sens ? Isaak est parcouru d’un vif frisson, comme si la température de la pièce avait brusquement chuté. Haussant alors faiblement les épaules, il se rassoit sur le fauteuil. « Tant pis pour toi, je serai pas aussi généreux la prochaine fois. » Pourquoi est-ce-qu’il essaye de prendre cet air détaché alors que son corps même trahit son état ? C’est ridicule. Des jours à attendre de retrouver son frère pour finalement ne rien vouloir lui dire une fois qu’il est là. Son raisonnement n’a aucune logique, c’est l’une des seules choses dont il est sur à ce moment. La douleur dans son crâne le relance une nouvelle fois et peut être que oui, il n’a pas envie de garder ça pour lui. Tout ça n’a aucun sens. « J’ai pas beaucoup dormi ces derniers jours. J’ai pas mal réfléchi à... des trucs. » L’aîné baisse la tête quelques secondes, passant ses mains dans ses cheveux nerveusement. « Tu vas trouver ça bizarre. Mais j’ai fait des rêves. Ça paraissait... Enfin je sais pas. J’y ai pas mal pensé. » Ça paraissait réel. Et pourtant il n’a aucune image nette de ses rêves. Il a juste la conviction que c’est important. Est-ce-qu’il est en train de devenir fou ? Parce qu’il a aussi la conviction d’être dingue. Le regard du brun s’oriente vers le visage de Connor, sondant sa réaction. Il va surement faire une blague. Ou hocher la tête. Qu’est-ce-qu’il pourrait faire d’autre ? Lui construire un attrape-rêve ? Il ne sait même pas vraiment à quoi il s’attendait en parlant à Connor. Son frère n’est ni magicien ni psychologue. Mais maintenant que les choses ont commencé à sortir il est trop tard pour faire demi-tour. Alors Isaak prend une grande inspiration ; Tout va bien se passer.
Connor : Les lèvres de Connor articulent un maigre sourire à la réponse de son frère. Plus pour lui faire plaisir, pour l’apaiser, parce qu’à côté de ça, Isaak est visiblement de plus en plus fragile. C’est sérieusement pénible de le voir comme ça, tentant de sauver les apparences quand Connor peut deviner que l’intérieur se décompose. Les mots qu’il prononce pour décrire son malaise ensuite font grandir la boule dans le ventre du loup-garou. Il ne peut pas avoir une idée précise de l’état de trouble dans lequel il doit se trouver, mais les images qui se dessinent dans son esprit sont déjà assez inquiétantes. Isaak, la nuit, en train de revoir Athéa, dans un état... Il ne sait pas. Est-ce-que son cerveau est déjà en train de trahir les informations qu’il avait caché ? « Ça semblait... réel, c’est ça ? » Il prononce avec l’incertitude perceptible dans sa voix. Qu’est-ce-qu’il se passe dans sa tête la nuit? Qu’est-ce-qu’il se passe dans sa tête tout court? Qu’est-ce-qu’il voit ? « C’est à dire... qu’est-ce-qu’il y a dans tes rêves ? » Connor demande encore avec les sourcils froncés. Son cœur se met à battre plus fort dans sa poitrine, comme un coup brutal d’adrénaline, peut-être à cause de ce qu’il s’apprête à dire. « Est-ce-que tu voyais... Athéa ? » Il rajoute dans un souffle un peu faible, comme si il n’osait pas vraiment prononcer son nom, comme si il n’assumait pas de poser cette question. Parce que c’est un peu ça. Il n’assume pas, il n’est pas prêt. Mais pourtant la bombe est lancée. Plus moyen de reculer. Il va devoir répondre aux questions. Il va devoir lui dire la vérité. Comme Matthew et Ephram lui ont conseillé. Il va les écouter. Pense à la libération qui va venir ensuite. Ou plutôt à la destruction mentale de Isaak... Non. OK. On ne recule pas Connor, et on ne panique pas. Pourtant, la main un peu tremblante qu’il passe dans ses cheveux trahit son angoisse. Son regard sonde celui de son frère, essayant de présager ses réactions, essayant de trouver d’avance comment il va pouvoir réagir selon les réponses qu’il reçoit.
Isaak : Connor vient compléter sa phrase dans un souffle et la respiration du joueur se coupe pendant quelques instants. Oui, c’est bien ça. C’est réel. Il se réveille avec la sensation d’avoir vécu ce moment. Puis le jour reprend ses droits et tous les éléments de la nuit se brouillent pour ne devenir qu’une vision floue. Isaak exhale un long soupir. Il n’y comprend rien. Ses coudes se calent sur ses genoux tandis qu’il frotte ses yeux durement. Peut être qu’il est toujours en train de rêver, après tout. Il n’en serait même pas étonné. L’inquiétude de Connor vient dessiner un nouveau point noir dans sa poitrine et il n’arrive même plus à le regarder. D’accord, il ne lui a pas rigolé au nez. Mais comment est-ce-qu’il pouvait comprendre ce que lui même était incapable de conceptualiser. « Je... Je sais pas. C’est flou quand j’y repense, c’est... Bizarre. » C’est bien l’euphémisme du siècle. Carrément terrifiant pourrait être plus adapté. Déclencheur de crises de panique, comme celles qu’il faisait lorsqu’il avait cinq ans aussi. Le même genre de crise que celle qu’il manque de faire en entendant de nouveau la voix de son frère. Athéa. Pourquoi Athéa. « Non ! » Le simple bruit gronde en sortant de sa gorge et vient se fracasser contre les murs à l’intérieur de son esprit. Non. Pas Athéa. Il n’aime pas en parler, encore moins ces derniers temps alors qu’il n’a fait qu’entendre son répondeur. Ça le fait la détester encore plus. « J’ai pas envie de parler d’elle. » Et il n’a aucune envie d’écouter la petite voix qui lui chuchote que c’est exactement d’elle qu’il devrait parler. Peut être qu’elle est bien dans ses rêves après tout. Peut être qu’aborder ce sujet là à défaut de lui parler à elle serait une bonne étape pour commencer. Mais l’idée s’est à peine formée dans son cerveau que Isaak la rejette déjà en bloc. C’est ridicule. Il aurait du avancer depuis le temps. Une pique de douleur le relance au milieu de son crane et il se lève brusquement de son fauteuil. Ses pieds traçant automatiquement des pas ne menant nul part. Si Connor ne le prenait pas déjà pour un fou, cette fois-ci c’est sur. Et si le joueur n’évitait pas son regard il y verrait toute son inquiétude et sa panique qui s’y reflètent.
Connor : Connor remarque directement que l’élément qu’il vient de rajouter à la phrase de Isaak est le bon. Les rêves de son frère sont probablement simplement l’émergence de ses souvenirs. C’est pour ça qu’ils doivent paraître réel. Mais est-ce-que Isaak s’en souvient ? Est-ce-que la journée, des images viennent le hanter ? Et lesquelles ? La réponse à cette dernière question semble évidente. Celles d’Athéa, de sa mort plus précisément. Et c’est quand le grand frère réagit aussi brutalement à l’atterrissage de ce prénom dans la conversation que le loup-garou comprend bien qu’il a visé juste. Trop juste. Trop fort. Trop. La réaction de Isaak est trop qu’il ne puisse supporter. Ses entrailles se tournent dans tous les sens. Il s’apprête à lui arracher le cœur une nouvelle fois avec la vérité, il le sait, et c’est pour ça qu’il aimerait reculer. Il sent poindre une émotion étrangère en lui, comme quelque chose qui lui donnerait presque envie de pleurer. Pleurer, lui, Connor Shermann. Non, ça ne lui ressemble pas. La dernière fois date de la mort d’Athéa justement, et il a l’impression de se la reprendre lui aussi de plein fouet dans la face. Mine de rien, lui aussi il avait souffert dans cette affaire. Il avait perdu une amie, un guide. Une personne qu’il appréciait sincèrement sans jamais comprendre tout le calme et la bonté qui émanait d’elle. Vraiment, il a mal au ventre. Mais ça ne doit rien être comparé à ce que Isaak ressent, et dans la forme que prend sa réponse, Connor se sent replongé dans son enfance et il a l’impression que son frère pourrait repartir dans une ces crises qu’il faisait quand il était petit là tout de suite. L’inquiétude est croissante. « On en parle pas si tu veux. » Connor articule avec l’angoisse palpable dans sa voix. « Mais… je crois qu’il faudrait. Ce que tu vois… Faut que tu me le dises. » La bombe qui avait été lancée vient à l’instant de lancer son compte à rebours dans la maison des Shermann, et c’est comme si Connor pouvait entendre les secondes s’écouler pour lui signaler l’explosion imminente. « Je vois bien que ça va pas. Il faut que tu m’en parles. » C’est probablement ce dont Isaak a besoin aussi, du courage, pour affronter ces souvenirs refoulés. Et Connor se dit que c’est le moment qu’il en fasse preuve aussi.
Isaak : Les mots de son frère retentissent de manière lointaine aux oreilles d’Isaak, son esprit déjà perdu dans ses hallucinations. Parce que c’est bien ce que ses rêves doivent être, après tout. Des créations. Aussi il ne voit pas pourquoi est-ce-qu’il devrait s’épancher dessus. Les souvenirs qu’il en a ne sont pas clairs, c’est bien qu’il doit les oublier, non? Sa respiration se fait de plus en plus saccadée à mesure qu’il dialogue avec lui même. Connor ne doit rien comprendre à son état. Tout cela n’a aucun sens. Le garçon continue ses aller retours dans la pièce, sans regarder vers ailleurs que le sol. Des images lui viennent, des images qu’il n’a pas envie de voir. Et son frère ne fait que l’encourager à s’y confronter et non, il ne veut pas, c’est n’importe quoi, qu’est-ce-qui se passe bordel. « J’ai pas envie de te raconter ça, Connor. » Il ne s’attendait pas à ce que sa voix tremble en la libérant mais c’est pourtant le cas. Le contrôle qu’il exerce sur son corps diminue de plus en plus et c’est totalement effrayant. C’est pas comme ça que les choses sont censées se passer, c’est lui qui doit décider de comment sa respiration va et à quoi il pense. Son corps n’est pas censé le lâcher comme il le fait depuis ces derniers mois. « Je me souviens même pas de ce que je suis censé te raconter. C’est pas net. » Il a envie de partir en courant de cette maison, et à vrai dire il le ferait si il faisait suffisamment confiance à ses jambes pour le porter. Mais à cet instant ce n’est pas le cas, alors il va s’appuyer contre le premier mur qu’il trouve. Comme si il tentait de s’appuyer à la moindre chose solide et réelle. Son cerveau commence à faire tourner en boucle des images sombres, et puis Athéa et puis plus rien et il n’y comprend rien. Comment est-ce-qu’il en est arrivé là. Ses yeux tentent désespérément de trouver un soutien en remontant vers son frère. Dans un mélange de peur et de colère. « Y a rien qui va, Connor. Pourquoi est-ce-que ça va pas ? »
Connor : Connor sent l’envie de s’avancer plus en avant s’évader à mesure qu’il voit la décomposition de son frère progresser. C’est presque une torture. Il aurait envie de tout lui balancer d’un coup, lui hurler dessus la vérité, le ventre totalement retourné par la douleur. Sans qu’il s’en rende compte, sa respiration prend le même rythme que celle d’Isaak. Il reste bloqué sur place, à bout de souffle. Il doit encourager le plus vieux, il le sait. Il doit se montrer plus fort, et l’aider à se confronter à tout ça sans faillir à son tour. Alors il tente de prendre plus d’assurance, la gorge pourtant enrobée de mal-être. « Il faut qu’on en parle Isaak… » Puis le timbre de sa voix se fait plus imposant ensuite, il va peut-être y arriver. « Parce que je sais ce que tu vois. » Connor fait encore un pas en plus vers l’effrayant moment où les faits vont réapparaître sous leurs yeux à tous les deux. Ce qui semblait poindre au bord de ses yeux, fait encore un peu plus son chemin dans ses canaux lacrymaux. C’est maintenant quelques larmes qui coulent sans plus de pudeur des yeux du fier loup-garou. Plus moyen de cacher le poids qu’il porte devant son frère. Plus moyen d’essayer. Plus envie d’essayer. La bombe va exploser. Les yeux du plus vieux remontent vers Connor, en quête d’une aide, et découvrent seulement son frère sans face, les paupières humides. Connor plante ses yeux dans les siens et s’avance vers lui, attrapant son bras dans un geste ferme, s’imposant maintenant absolument. « Je sais que ça va pas Isaak, et ça peut pas aller tant que tu sauras pas. » Un temps, Connor inspire. « Ce que tu vois, c’est la vérité. C’est arrivé. Alors tu dois t’en souvenir. »
Isaak : Le mur contre son dos semble instable, ou peut être que c’est seulement son propre corps qui tremble. Isaak a envie de sortir de là, de cette maison, de cette ville et même de cette peau. Il ne veut plus de cette migraine qui semble lui ronger le cerveau. Et toutes ces images floues qui dansent devant ses yeux, il ne veut pas les voir. Il rêve peut être encore. Mais les larmes dans les yeux de Connor semblent bien réelles et le force à considérer la vérité. Ils en sont vraiment là. La poigne de son frère l’ancre encore un peu plus dans la réalité et il le voit à la fois comme un sauveur et comme effrayant. Pourquoi est-ce-qu’il a l’air de savoir ce que Isaak ignore ? Est-ce-qu’il lui cache quelque chose ? « Connor... » Le son sort rauque et presque inaudible et n’empêche pas le plus jeune de continuer. Mais le brun n’a pas envie d’entendre ses prochains mots, il n’a aucune idée de ce que ça peut être mais il sent déjà qu’il va les détester. Un trou semble se créer dans sa poitrine. Et Connor parle. Et il n’y comprend rien. Qu’est-ce-qui est arrivé. Des contours d’images reviennent se peindre dans son regard, semblables à tous les cauchemars de ces dernières nuits. Auxquelles s’ajoutent des cauchemars qu’il avait jusque là oublié. C’était il y a plusieurs mois. De longs mois, quand il n’avait plus revu Athéa. Quand leur relation s’était arrêtée brutalement. Isaak secoue faiblement la tête, dans l’espoir de réussir à contredire son frère. « Je sais pas de quoi tu parles, Connor. Arrête. » Il n’y a plus aucune prestance chez le garçon, aucune fierté, aucune force. Rien qui ne ressemble au Isaak de tous les jours. Ses mains viennent s’accrocher aux épaules de son frère, autant pour repousser ce qu’il peut vouloir dire que pour réussir à tenir debout. « Rien ne s’est passé. Rien. »
Connor : Connor pourrait être sur le point de reculer. Son frère le presse à faire des pas en arrière dans sa démarche pour lui parler. Ses mots sont comme des supplications pour lui demander de ne pas en rajouter – et pourtant. Le loup-garou sait que la vérité doit sortir d’entre ses lèvres. Il ne retient plus ni les larmes qui tombent sur ses joues, ni l’accélération audible de sa respiration. Il ne retient plus rien, et avec ça il ne retiendra pas non plus les mots. Il commence enfin à comprendre que le poids sur ses épaules peut se lâcher, et surtout qu’il doit briser une bonne fois pour toute le mental de son frère pour le voir se réparer plus tard. Un flot d’images remonte dans son esprit, et il ne sait pas quelle vérité va sortir en premier, si il doit donner tous les détails à Isaak, même les plus cruels. Ou si il doit se contenter de la brutale évidence. Et c’est d’abord elle qui fait sa sortie de sa bouche, avec une voix embuée de larmes, Connor peine à articuler ces quelques syllabes : « Athéa est morte, Isaak. » Et la bombe vient de retentir. La maison des Shermann pourrait bien exploser là tout de suite. Ou tout au moins, ce qui faisait qu’il tenait tous les deux debout pourrait s’effondrer. Les jambes du plus jeune tiennent mal, mais il se doit de supporter plus que son frère, qui vient après plus d’un an de déni d’entendre la pire version qu’on pouvait lui donner du départ d’Athéa. Une version qui est pourtant la bonne, la réelle. Connor place à son tour ses mains sur les épaules d’Isaak, comme pour le maintenir, et pour le forcer à le regarder, à affronter le tableau horrible que le benjamin lui dépeint. « Je suis désolé. Mais elle est morte Isaak. Elle est morte dans tes bras. »
Isaak : Le regard suppliant que Isaak pose sur son frère lui permet de percevoir les larmes que ce dernier laisse échapper. Il ne comprend pas pourquoi est-ce-qu’il pleure. Et il ne cherche pas à comprendre, plutôt à faire arrêter tout ça. Ses paupières viennent se refermer devant ses pupilles comme une dernière tentative d’ignorer son environnement. Peut être qu’il est encore temps de se réveiller de ce cauchemar, de disparaître. « Arrête de pleurer, Connor. Arrête! » Le dernier mot est martelé avec puissance, ses dernières forces se rejoignant dans un dernier combat. Refusant de voir que la bataille était déjà perdue. Sa voix se perd dans un souffle alors que celle de son frère s’élève à son tour. Son cerveau est comme déconnecté. Les mots l’atteignent et se fondent en lui, transperçant l’armure que son esprit avait jusque là mise en place. Athéa est morte. Athéa est morte. Athéa est morte ? Ces trois mots n’ont rien à faire dans la même phrase. Une voix dans sa tête les répètent en boucle, sous tous les angles et avec tous les tons. Ça échoue pourtant à les rendre plus acceptables. Isaak déteste son frère pour les prononcer et il se déteste encore plus de les croire. Athéa ne peut pas être morte. Pas elle. Une nouvelle prise de parole vient enfoncer le clou dans sa poitrine, laissant un trou béant dans l’espace où est censé se situer son cœur. Un murmure inaudible finit par répondre au benjamin. Des gouttes salés envahissent désormais ses joues et ses neurones semblent trop occupées pour lui faire réaliser que ce sont des larmes. Il n’y a plus rien qui semble répondre chez le jeune homme. Pas même ses jambes qui se déverrouillent brutalement, le laissant rejoindre le sol comme un vulgaire chiffon.
Connor : Les supplications de Isaak se font plus insistantes. Arrête de pleurer, Connor. Oui mais comment ? Le loup-garou n’a pas l’impression de contrôler quoi que ce soit, ni même les mots qu’il a pensé cent fois avant de les laisser dépasser ses lèvres : Athéa est morte. La vérité est glaçante et destructrice quand bien même il la connaît depuis un an. Qu’est-ce-que c’est alors pour Isaak ? Le loup-garou a l’impression d’entendre le cœur de son frère se briser en fracas violents pour s’échouer sur le sol, quand en vérité c’est le corps de l’humain qui vient s’y écraser comme si il avait été abattu par le poids de ses paroles. Les larmes de l’aîné viennent rejoindre le tableau d’horreur qui se peint sous le regard impuissant de Connor. Ça ne fait qu’amplifier le goût salé qu’il sent au bord de sa bouche. Les frères Shermann pleurent ensemble. Dans deux échos distincts. Connor laisse panser sa plaie quelques secondes pendant qu’Isaak semble ne pouvoir rien faire d’autre qu’embrasser sa douleur. Le loup-garou déteste tout de cette situation. Sa peine, celle de son frère, celle qu’il vient de provoquer, lui, parce qu’Isaak était dans sa bulle et qu’il avait tout oublié. Et merde, putain. Comme à chaque fois que ses sentiments viennent cogner dans tous les sens, c’est la colère qui prend le dessus pour tenter de lui refaire prendre le dessus. Alors Connor déteste, Connor est en colère et se met à crier comme si il cherchait à se convaincre lui-même plutôt qu’Isaak qui en avait en réalité plus besoin que lui. « Elle est morte Isaak, bordel ! Elle est morte ! » Ses entrailles sont brûlantes comme elles ne l’ont jamais été. Il envoie valser un meuble qui se promène à côté de lui, sans aucune idée de ce que ça va pouvoir changer. Rien. En soit, rien. Mais ça fait du bien. De balancer. Alors il balance, et cette fois c’est des mots. Et après plus rien. Après il ne cachera plus rien à Isaak, et ça en sera fini de cette histoire de merde. « Elle est morte parce qu’Alexis l’a tuée, Isaak ! Parce qu’Athéa était un loup-garou, comme moi. »
Isaak : Les romans raconteraient que le monde d’Isaak venait de s’écrouler autour de lui. Mais ce n’est pas l’impression que les mots de son frère lui laissent, au contraire. Les murs de la maison sont toujours là, Connor est toujours là et lui aussi il est là, son cœur bat toujours. Putain, il bat toujours. La douleur bruyante qu’il lui fait ressentir est insoutenable. Le jeune homme voudrait avoir encore assez de force pour se l’arracher à cet instant et tout envoyer valser. Il voudrait éteindre son cerveau, crever toutes les neurones qui lui permettent de faire les liens entre les mots et les souvenirs. Tout fait sens et c’est insupportable. Morte. Morte. Morte. Elle. Non putain, pas elle. Mais aucun mensonge ne serait assez puissant pour maintenir l’illusion, la vérité est criante et semble le narguer. Des piques d’eaux salées continuent de creuser leur chemins sur son visage, toujours plus profondément. Et si il s’extirpait de cette peau aussi ? La voix de Connor le sonne de plus en plus et lui reste prostré au sol. Indifférent au fracas d’un meuble pas si loin et aux syllabes qui planent dans l’air. Il semblerait que les informations ne soient plus transmises finalement. Il y a certainement une partie de son crâne qui enregistre les paroles de son frère pour lui redistribuer mais elle n’est plus relié qu’à une coquille vide. Alexis. Athéa. Morte. Les images restent infusées devant ses yeux, il est incapable de dire quoique ce soit. Il sait. Sa souffrance n’est qu’un écho de celle qu’il avait ressenti il y a un an, celle qui avait déréglé son cerveau. Et les mots de Connor qui se répètent ne sont que l’infime secousse qui déclenche l’avalanche. Peut être que lui aussi est mort emporté ce soir là. Ses joues le tiraillent toujours mais c’est la seule réponse de son corps qu’il perçoit encore. Son esprit fige ses lèvres, ses paupières, ses muscles. Athéa est morte.
Cade definitely hadn’t expected Connor to be coming over, he also hadn’t expected him to be so flirty through those texts. Honestly, he hadn’t been expecting any company. So when Connor said he was at his door, well implied it, Cade didn’t exactly have time to get dressed. He was wearing only his boxer briefs and his boot for his injured leg. So close to having that off, he walked to his door and opened it, actually a little surprised to see Connor standing there, he held the door open and just looked at him, “I don’t actually have ice cream out, I thought you were just messing with me.” He admitted with a smirk, “But, I do have some.”
WARNINGS: Angry Gail, some mild violence but lots of yelling.
After having the uncomfortable heart to heart with Marley, Gail knew her next destination was Connor’s. She’s going to have to sort this all out, and she’s a woman of action. She does things, she doesn’t just idle about and pray that things just get done by some divine power. Marching into Connor’s apartment like she belonged there, she immediate went to stand in front of the birthday boy. “Give me one good reason not to slap you into kingdom come right now.” She said angrily as she crossed her arms.
Notes» On a mit beaucoup trop de temps pour le finir (sorry) mais Shermann power quand même.
Connor: L'ambiance à la maison depuis ces quelques heures qu'avaient suivi le retour de Connor était sûrement encore plus tendue qu'à son départ. Son père qui lui hurle dessus pour avoir agit de façon immature et irresponsable. Sa mère qui essaie de le défendre tout en rajoutant une couche parce qu'il ne lui avait pas mentionné, après s'être réfugié, qu'il manquait les cours... Bref. Tout pour le remettre en forme. Tout pour le faire péter les plombs un peu plus et lui donner envie de repartir. Mais bon, il savait qu'à un moment donné il allait être obligé de se confronter à ça si il devait rentrer chez lui. Et il avait voulu rentrer chez lui. Non pas que l’accueil d'Aidan n'était pas bien. Il avait été très bien là-bas, il avait pu se détendre un peu, et rien faire à part boire et manger. Mais il avait aussi sa petite vie chez lui qui commençait à lui manquer. Sa mère, son chien, ses affaires et ses chemises à prix excessif. Et quelques besoins plus charnels qu'il ne pouvait pas vraiment assouvir chez le vampire. Alors son chez-lui était plutôt agréable à retrouver, si on ne comptait pas les nouvelles raisons de casser des meubles que lui imposait son retour à la vie normale. Ses parents donc. Et puis cette foutue Alexis. Puis Ephram, qui lui cassait bien les couilles lui aussi. Qui pouvait bien en rajouter encore une couche ? Pourquoi pas son frère. Le loup-garou entend le crissement de ses pneus alors qu'il se gare dans la cour. Évidemment qu'il allait se rappliquer. Il n'avait pas l'air d'avoir compris le message. Connor n'avait juste aucune envie de le voir, il avait quand même tâché d'être assez clair, non ? Le jeune homme ne bouge cependant pas de sa chaise, il reste là à fumer sa cigarette dans le jardin en envoyant de l'autre main sa balle à son chien. De l'autre côté, Isaak passe la porte d'entrée et pose ses clés avant d'avancer pour le rejoindre. « T'étais pas obligé de repasser me voir, Isaak. » Lui balance le plus jeune avec fermeté, en décrochant ses yeux d'Olko pour les poser sur son frère. Connor est fatigué, il sait que ça se voit sur sa tête. Rien foutre c'était pas non plus de tout repos quand on accumule tellement de colère qu'on a du mal à en dormir. « Qu'est-ce-que tu veux ? »
Isaak: La semaine avait été particulièrement longue pour Isaak. Il n’aimait pas vivre dans cette grande maison sans son frère. Il n’aimait pas particulièrement cette maison tout court, en fait. En général il était seulement content d’y retourner pour retrouver Connor et à la place, il n’avait fait que le chercher pendant plusieurs jours. Avec en prime leur père qui s’énervait toujours un peu plus à chaque fois qu’il rentrait sans l’avoir trouvé. Le retour d’Alexis en ville avait au moins pu lui changer les idées le temps d’une soirée, même si il se doutait que l’arrivée de cette dernière ne faciliterait pas les choses avec son frère. Il y avait eu comme une rupture entre les deux cousins il y a quelques années de ça sans que Isaak ne sache vraiment pourquoi. Mais à l’heure actuelle c’est plutôt entre son frère et lui même que le jeune homme ressent un fossé, tandis qu’il s’avance vers lui dans le jardin. D’un côté il a envie de l’étrangler. Il supporte difficilement de le voir là, le derrière nonchalamment enfoncé sur la chaise alors que lui s’est inquiété toute la semaine. Pour autant il n’a pas attendu pour venir le voir, prenant sur lui pour ne pas remettre de l’huile sur le feu. Même si au regard de la réaction de Connor les tensions sont loin d’avoir disparues. « Ouais, tu m’as manqué aussi. » Répond il finalement tout en se baissant pour caresser le chien qui vient l’accueillir joyeusement. Et après on se demande encore pourquoi il préfère Olko. Il lance à son tour la balle puis se retourne vers son frère, les sourcils froncés devant les marques des cernes sous ses yeux. Il se demande bien où est-ce-qu’il a pu passer la semaine pour revenir encore plus fatigué qu’avant. « Où t’étais passé? » La question est posée sans animosité, l’aîné étant décidé à essayer de calmer le jeu. Mais Connor ne lui relance qu’une pique et déjà, ses bonnes résolutions commencent à partir avec le vent. Ok. Il peut comprendre qu’il ait les nerfs à vif mais chose incroyable, c’est loin d’être le seul. Isaak fait alors un pas de plus en sa direction, jetant un regard sur la cigarette auquel Connor avait l’air de se rattacher. « T’aurais au moins pu laisser un message pour prévenir. Au moins ça. »
Connor: Définitivement, Isaak n'avait pas l'air de comprendre qu'essayer de parler avec lui, maintenant, ça ne mènerait à rien de bon. Il n'aurait juste pas du venir, et lui laisser encore une semaine pour se calmer dans son coin. Pour qu'Isaak commence à lui manquer et que quand il rentre il n'ait pas d'autre solution que de laisser tout ça de côté. C'était déjà bien parti, de base. Connor passait peu de temps séparé de son frère. Même quand ce dernier était chez sa mère, ils trouvaient toujours le moyen de se voir. Là il avait vraiment senti une coupure, et elle avait été nécessaire pour qu'il entretienne sa santé mentale mais quand même il l'avait senti, la séparation. Encore un peu plus de temps et peut-être qu'il aurait finalement voulu oublier l'affaire. Mais non, Isaak s'était jeté sur l'occasion de le voir et ce n'était juste pas une bonne idée en l'état de la chose, d'avoir une discussion. Mais en réalité, peut-être qu'elle devait avoir lieu, et peut-être que peu importe le moment que le joueur choisissait pour revenir, ça aurait quand même été comme ça. Connor pousse un profond soupir, et laisse sa tête tomber en arrière. « Quoi ? Tu comptes me faire un interrogatoire en plus ? » Il lui répond d'un air plutôt tranquille, mais toujours un peu plus amer. « Je pensais que tu serais bien tout seul avec papa. » Il lui lance l'air de rien, alors qu'il est en train de rentrer doucement dans le vif du sujet. C'est un terrain peut-être un peu dangereux dans lequel il s'enfonce mais dans l'état où il est, il n'en a plus rien à faire. Il est fatigué et très tendu. Les deux ensemble font une sorte de combinaison méchante qui fait qu'il peut craquer à tout moment pour balancer le pire de ce qu'il a dans la tête tout comme décider de se taire et de se casser. Là, pour le meilleur ou pour le pire, si son frère le pousse sur sa lancée, il partira probablement sur la première option. Il se relève légèrement pour écraser sa cigarette dans le cendrier à ses pieds. Il s'étire un peu en même temps. Il a l'air parfaitement nonchalant. « J'en ai laissé un à ma mère. Elle était au courant, ça suffisait. » Le loup annonce en reposant son dos sur la chaise, offrant un faux sourire à son frère au passage.
Isaak: Les mots de Connor sont en parfaite adéquation avec son attitude et l’aîné comprend vite que les choses vont être encore plus compliquées que prévues. Isaak est prêt à faire des concessions et à essayer de se mettre à la place de son frère. Mais c’est hors de question pour autant qu’il encaisse tout sans rien dire. Et le ton employé par son frère n’a rien d’encourageant. Aussi il se laisse répondre d’un ton sec, agacé par le comportement de l’idiot en face de lui. « J’en ai rien à foutre de rester seul avec papa. » Le brun retient néanmoins un soupir, pour calmer la situation autant que lui même. Les deux n’ont jamais été connu pour leurs qualités en communication. A vrai dire elles s’expriment souvent à travers leurs poings. Et il a conscience que bon, c’est pas ce qui se fait de mieux. De toute manière Isaak n’a aucune envie de se battre avec son frère à cet instant. Au contraire. Il a surtout envie de lui faire comprendre que non, sa famille n’en est pas une si il ne peut pas le compter dedans. Il aimerait insuffler cette idée dans ses paroles mais la réponse de Connor le coupe dans cet élan. De manière assez brutale, même. Et soudainement se battre ne parait pas être un concept si idiot. Ses yeux ne quittent pas le sourire hypocrite de son frère et il attrape violemment l’accoudoir de la chaise pour la tourner vers lui. Penché vers Connor, il bloque son regard pour pouvoir exprimer toute la colère que sa réflexion fait remonter en lui. « Ça suffisait? » Le jeune homme ne bronche pas. Il ne sait pas si c’est de la fatigue ou un manque total d’intérêt mais dans les deux cas, ça le rend dingue. « J’méritais pas d’être au courant, peut être. Ça devait être la barre du siècle de m’imaginer en train de te chercher partout. T’as du te marrer. » Un sourire. C’est ce qu’il se dessine à présent sur le visage de Connor et mon dieu, il ne sait même pas comment c’est possible qu’il ne lui ait pas encore éclaté le crâne sur le sol. « Bravo, Connor. J’suis ravi d’avoir fait parti de ton putain de spectacle! » Cette fois il a un mouvement de recul tandis qu’il donne une impulsion dans les accoudoirs de la chaise, projetant son frère en arrière. Et honnêtement, c’est le mieux qu’il pouvait faire pour se contenir.
Connor: Le loup laisse échapper un rire jaune alors que la réponse de son frère remet un ton encore plus froid à la conversation. « Si t'en as rien à foutre, tu te rends bien compte quand même que c'est pas son cas. » Cette fois-ci, Connor est honnêtement sec. Et honnête tout court à vrai dire, sur sa vision de la situation. Il n'a pas vraiment le temps d'en dire plus parce qu'ensuite Isaak vient à le retourner vers lui avec une certaine brutalité qui donne au plus jeune quelques envies de meurtre. Il se retrouve nez-à-nez avec son frère et son regard plein de colère. Celui de Connor a la même. Il sent bien par ailleurs que c'est ce qu'il vient de dire qui a mis Isaak dans cet état. Il l'avait cherché après tout. Si il ne voulait pas entendre ses réponses, il n'avait qu'à pas continuer la conversation. Maintenant son frère vient à lui dire qu'il avait essayé de le retrouver, exprimant un peu de l'inquiétude qu'il avait pu ressentir. Même ça, ça ne réveille pas Connor. Rien ne le sort de son foutu comportement d'imbécile borné et vexé. Alors, bien provoquant, il lui sourit, avec un de ses sourires en coin un peu moqueur. Et ce sourire lui n'aide pas à calmer le joueur. Le loup-garou est en train d'enfoncer cette situation. Cette fois Isaak est à deux doigts d'exploser, et c'est son geste qui pousse Connor vers le même état. Là il y a bien quelque chose qui se réveille. Quand la force du joueur propulse sa chaise en arrière, il l'arrête, et dans une impulsion rapide se relève pour rejoindre son frère. Et dans un élan, il s'en va pour le pousser à tour : il saisit son tee-shirt de ses deux mains avant de le repousser un peu plus loin. Sa force bouscule Isaak, le provoque, et il a l'air prêt à se battre mais les mots de Connor vont l'arrêter avant. « Parce que tu crois que c'est ça que c'est ? Un spectacle ? » Le loup parle plus haut, et sa voix vient résonner bien fort alors qu'il se tient à quelques centimètres de son frère. « Tu crois que moi j'étais plus tranquille enfermé chez Aidan ? A passer mes journées à essayer de pas péter les plombs quand je repensais à ce que papa a dit ? » Et rien qu'en en parlant, il y a quelques mots qui passent par l'esprit de Connor pour accroître sa haine. Il ne parle pas que de ce repas d'il y a quelques jours, parce que ça c'était juste la goûte d'eau pour faire déborder le vase. Il parle de toutes ces autres fois où il a été confronté à la préférence injuste de son père. A son quotidien, en fait.
Isaak: Le reproche du cadet frappe Isaak en pleine face tant il le sent brut d'honnêteté. Ce n'est pas la première fois que ce sujet arrive sur la table mais c'est comme si il résonnait encore plus cette fois ci. La relation entre le père et les deux fils avaient toujours été particulière. Et ce que dit Connor n'est pas faux. Isaak le sait bien, même si il préférerait pouvoir nier. Mais il n'y est pour rien. Il n'a jamais rien demandé à son père, et surtout pas une quelconque préférence. Ce genre de pensées tourne en boucle dans sa tête, dans un sale mélange de colère et de désespoir. Cette situation ne va qu'en empirant. Surtout qu'il sait qu'elle est lourde de sens et reflète un problème installé et conforté depuis des années. Le brun accuse le coup péniblement lorsqu'il se retrouve à son tour projeté en arrière, il s'attendait à une réponse mais la force de son frère le surprend pendant quelques secondes. Mais pourtant pas autant que ses paroles. Il ne s'attendait pas à le voir exprimer clairement ses ressentis. Finalement, dit une voix dans sa tête. C'est en passant par là que les choses vont peut être pouvoir se dérouiller. Mais la majorité de son esprit est toujours embrumé par la colère et c'est ce qu'il projette dans sa voix. « Alors règle ça avec Papa! Va lui balancer tout ce que t'as à vomir mais me punis pas moi! » Il en veut à Connor de l'avoir mis de côté de cette manière. Même si à ses mots il comprend mieux pourquoi. Il comprend mieux que lui aussi a du passer une semaine de merde mais putain, il aurait voulu qu'ils passent cette merde ensemble. Mais il se rend bien compte que ça n'aurait pas été possible, parce que d'une manière lui aussi a participé à ça. Il aurait du mal à ne pas avouer sa responsabilité là dedans. Seulement il n'a jamais voulu de ça, et à vrai dire lui non plus ne se retrouve pas dans l'image que leur père a de lui. Sa respiration est un poil haletante tandis qu'il pense à tout ça. Il passe nerveusement une main dans ses cheveux en fuyant le regard de son frère quelques secondes. Mais l'heure n'est plus à la fuite pour aucun des deux. « Ce que pense Papa ne reflète ni toi ni moi. »
Connor: Connor entrevoit l'effet de ses paroles sur son frère. Et lui-même en les disant se bouscule tout autant. Il aimerait bien ne pas en vouloir à Isaak, et n'en vouloir qu'à leur père. Mais il était jaloux en réalité, de ces privilèges qu'accordait le papa tout simplement parce qu'Isaak était ce qu'il était. Parce qu'il correspondait mieux à l'image que le chef de famille se faisait d'un fils et d'une descendance qui réussit. La jalousie conduisait à la colère. Et le loup était réellement en colère contre son frère d'être aussi... impeccable, et par dessus tout de ne rien faire pour révéler l'injustice de ce traitement de faveur. Il aimerait juste des fois que son frère le défende, ou qu'au moins il reconnaisse tout ça. Comme il était en train de le faire, et peut-être que c'était déjà un premier pas. Peut-être que pour une fois ils allaient avancer sans se tabasser. En étant honnête l'un envers l'autre, comme Connor l'est maintenant que tout ce qu'il avait enfoui sort de sa bouche sans même qu'il le contrôle. « Tu veux que je lui dise quoi à papa, hein ? 'Depuis que t'as retrouvé ton autre fils, je suis devenu un échec' ? Pour qu'il me dise encore une fois que je suis immature et centré sur ma personne ? » Connor laisse échapper un rire plein d'ironie. Il est toujours en colère mais son ton devient plus calme parce qu'en réalité il se moque de lui-même. Toute cette situation est ridicule et il se sent con d'être autant affecté par tout ça, d'autant plus que c'est quelque chose d'installé depuis des années. Que ça n'avait pas changé et que ça ne changerait peut-être jamais, et qu'il se mettait dans des états pareils sûrement pour rien. Mais ce n'était pas comme si il pouvait vraiment s'empêcher d'y réagir quand ce décalage entre les deux frères était aussi évident. « Ça nous reflète pas mais c'est quand même ce qu'il pense. Que t'es le fils parfait. » Connor soupire, et lui aussi se met à éviter le regard de son frère alors qu'il fait quelques pas dans le jardin. Les mains dans les poches de son jean et les yeux rivés devant lui, il tente de se donner un air détaché.
Isaak: Isaak essaye de dépeindre le tableau de leur situation et honnêtement, ils doivent avoir l'air assez cons. Les deux frères perdent vite de leur superbe quand ils ne se crient plus dessus. Mais il sent que tout ce qui ressort de cette conversation est primordial pour leur relation. Déjà parce qu'il réalise peut être pour la première fois combien les comportements de leur père pouvaient affecter Connor. Bien sur il se doutait que cela avait forcément un impact. Mais pas aussi violent. Peut être qu'il n'avait jamais voulu le voir aussi. Et ne pas avouer que peut être il n'en avait pas fait assez pour que cela cesse. Peut être pas assez payé attention à des détails qui avaient de l'importance pour son frère. Un soupir se libère de ses lèvres alors qu'il relève doucement les yeux. « Avoir une vraie discussion avec lui pourrait aider. » Il a envie de rajouter que ce serait plus efficace que se barrer pendant une semaine mais cette pique n'aiderait en rien. C'est pas comme si il ne lui a pas déjà dit en plus. Mais le terme choisi par son frère ne le lâche pas. Un échec. Il a du mal à se dire que c'est à cause de lui qu'il se voit comme ça vis à vis de leur père. Surtout quand il le désigne lui comme le fils parfait. Lui. Le mec qui frappait un mur à la moindre contrariété il y a quelques années. C'est d'un ridicule incroyable même si malheureusement, il sait que d'après leur père ce n'est peut être pas si loin de la réalité. « C'est totalement con. Il a pas raison pour autant." Mais Connor ne réagit pas et ses croyances ont l'air bien ancrées en lui. Le genre qui ne s'efface pas en quelques jours, ni en quelques mots. Il espère seulement qu'au moins il n'a pas fait de raccourci entre ce que pense leur père et ce qu'Isaak pense, lui. Parce qu'en revanche malgré tout ce qu'ils ont pu se balancer dans leur vie il n'y a personne qui croit plus en son frère que lui. Il est sa famille, et c'est surement pour ça que leur relation peut être aussi compliquée parfois.
Connor: « Une vraie discussion, hein ? » Connor répond avec un sourire ironique, se faisant le schéma dans sa tête de ce que ça pourrait donner. Il ne saurait même pas par où commencer si il devait s'exprimer face à leur père. Tout remonte à trop loin, tout s'est normalisé au fil des années et le père Shermann ne doit même pas avoir conscience de la force avec laquelle il pousse son cadet à se sentir inférieur dans son estime. Le loup soupire. Les secondes s'écoulent pendant qu'il remonte dans le temps mentalement pour revenir à l'arrivée d'Isaak dans sa vie. Tout se dessine de manière assez flou, parce qu'ils n'avaient que quatre ans, mais il a quand même cette image d'eux qui le traverse. Ce moment où ils se sont vus pour la première fois, les deux inconnus qu'on déclarait maintenant 'frères'. Peut-être que le favoritisme du père et la jalousie de Connor sont nés dès ce moment-là, en fait. A partir du moment où justement, Isaak rentrait dans l'image et qu'il y avait quelque chose à comparer. « Ça mènera à rien, Isaak. Ça changera jamais. » Il le pense vraiment. Parler serait complètement vain. Déjà, c'était bien connu, mais les Shermann manquaient de pratique en communication. Et parce que le loup-garou savait très précisément ce que son père pensait. Il l'avait vu dans ses yeux au moment où il lui avait dit qu'il arrêtait de faire la boxe parce qu'il était plus intéressé par le piano. Il l'avait vu au moment où Isaak avait ramené Athéa. Et même mieux, son ouïe de loup-garou lui avait permis de l'entendre de sa chambre après qu'il ait annoncé à son père qu'il était gay. ''Heureusement que j'ai deux fils''. Et ça voulait tout dire. Rien à rattraper pour lui, il y avait Isaak. Et d'accord, il n'y pouvait rien, mais comment ne pas en vouloir Isaak d'être le meilleur ? Cependant Connor avait arrêté de faire les choses pour essayer d'être mieux aux yeux de son père. Il se contentait d'être lui, de se féliciter lui-même de faire ce qu'il faisait et de ne chercher aucune approbation de qui que ce soit d'autre. Ça n'empêchait pas pour autant que ces histoires le touchent et lui donnent envie de taper dans n'importe quoi qui se présente devant lui. Alors il était parti tenter de se calmer. Pour seulement retrouver son calme maintenant, alors qu'il parle avec son frère. La solution était quand même plus simple qu'un squat chez Aidan. « Mais j'ai jamais dit qu'il avait raison. » Dit maintenant le loup en haussant les épaules. « Personnellement je me trouve beaucoup mieux que toi. Mais c'est comme ça qu'il te voit, c'est tout. » Il ajoute d'un ton un peu plus moqueur mais pas méchant pour autant. Il est plus en train de chercher un équilibre pour parler sans trop en dire. Parce qu'y aller de son cœur ce n'est pas ce qu'il y a de plus simple pour lui. Connor passe un peu nerveusement sa main dans l'arrière de ses cheveux, le geste parfait pour indiquer qu'il n'est pas à l'aise. Il sent jaillir un peu de culpabilité de faire payer son frère pour des choses dont il n'est pas responsable, et encore un peu plus du fait que malgré ça il lui en veuille encore. « Je sais que c'est pas de ta faute si c'est comme ça, Isaak. » Connor ajoute plus sérieusement, et il sait qu'en plus de n'y être pour rien, son frère n'est pas parfait, qu'il n'a jamais essayé d'être préféré par leur père et qu'il ne l'estime pas inférieur à lui. Mais dans toute cette innocence il y a aussi une part de passivité chez Isaak. Le loup-garou aurait juste aimé que son frère prenne sa défense, peu importe ce que ça aurait changé ou pas. Il avait besoin de son soutien, comme il en aurait toujours besoin dans tous les moments plus chaotiques de sa vie. Parce que son frère, c'était son allié avant toute chose. Il aurait aimé pouvoir compter sur lui pour ça autant que pour tout le reste.
Isaak: Le calme qui règne désormais entre les deux frères est aussi apaisant qu’inattendu. Il y a cinq minutes à peine Isaak se demandait qui des deux allaient commencer à frapper en premier. Et les voilà en train de se parler, de se dire les choses, celles qui pèsent depuis trop longtemps. L'image de la mère de Connor lui traverse rapidement l'esprit à ce constat. Elle était toujours désespérée de les voir se battre quand ils étaient plus petits - même plus grands). Il revoit son regard réprobateur tandis qu'elle les somme de 'régler les problèmes par la parole'. C'est comme si ils avaient finalement décidé de l'écouter, même si c'est des années plus tard. Mais cette pensée positive est rapidement ternie par les paroles de Connor. Non pas parce qu'elles sont blessantes, pour une fois, mais parce qu'il sait qu'elles sont vraies. Leur père ne changera pas. Il pourrait à la limite apprendre à la fermer un peu plus souvent. Mais il ne changera pas d'avis, il est bien trop borné pour ça. Au moins ils savent tous les deux de qui ils tiennent ce trait de caractère. Pas leur meilleur, d'ailleurs. Alors pendant quelques instants le brun ne dit rien, se contentant de prendre une grande inspiration tandis qu'il commence à se détendre un peu pour la première fois depuis des jours. Et il est alors d'autant plus heureux d'entendre une note d'humour dans la voix de son frère, preuve qu'il se détend lui aussi. Ça lui arrache un léger sourire et il ose finalement relever franchement les yeux sur lui. Il sait que cet humour doit aussi agir comme une protection pour lui, parce que c'est un sujet qui le touche et que c'est la première fois qu'il en parle aussi ouvertement. Mais c'est rassurant de le revoir tel qu'il est habituellement. Cette semaine de squat intensif ne l'aura pas trop abîmé de ce côté là. « Content de te revoir, ego de Connor.» Finit-il par lâcher en croisant un peu les bras sur son torse. Il aurait presque envie de terminer cette conversation là dessus, d'attraper son frère par les épaules et l'emmener voler une nouvelle bouteille de whisky. Mais il reste des choses non dites dans l'air et elles retombent avec un peu plus de sérieux. Ça le fait énormément réfléchir. Il sait que Connor le pense. Mais le penser et ne ressentir aucune colère, aucun ressentiment sont deux choses bien différentes. Isaak sait ça, aussi. Et ça prendra du temps, et du travail des deux côtés, pour effacer ce genre de sentiments entre eux. « J'aurais quand même dû faire quelque chose. » Il espère que le fait qu'il reconnaisse ses torts apaisera son frère dans un sens. Qu'il sache que oui, il a tout de même des raisons de lui en vouloir parce qu'il n'est pas blanc comme neige. En ne disant rien, il a participé. La relation qu'entretient Isaak avec son père est toujours difficile à aborder, lui même ne sait pas toujours comment agir avec lui quand bien même il le connait depuis ses quatre ans. Mais il y a quelque chose qui n'a jamais fonctionné. Une rancœur, un manque non comblé, il n'en sait rien. Mais d'un côté il aime la fierté qu'il a toujours vu dans son regard et de l'autre, il ne s'y retrouve pas et il essaye de s'en émanciper d'années en d'années. Le seul avec qui les choses avaient toujours parues évidentes, c'est Connor. Ça ne signifie pas qu'il n'aime pas son père ou sa belle mère pour autant. Mais avec l'espèce d'idiot qui se trouve en face de lui, ça a toujours été deux pièces de puzzle qui fonctionnaient ensemble. «Tu seras plus seul là dedans, Connor.»
Connor: L'absence de réponse de la part d'Isaak n'offre à Connor qu'une simple confirmation de qu'il venait d'avancer. Ce rapport installé n'allait pas changer. Il en avait l'idée depuis longtemps, mais s'y faire était plus compliqué que prévu pour le loup-garou. Peut-être bien qu'il ne s'y ferait jamais complètement, à dire vrai. Connor profite de cet instant de silence entre eux pour finalement se rendre compte de ce qui venait de se passer : il avait communiqué. C'était donc de ça que sa mère parlait ! Incroyable. Finalement, c'était pas si inefficace. Le loup sent que la tempête qui grondait en lui trois heures plus tôt s'est brillamment apaisée. Il y a encore quelques nuages, parce que tout ne peut pas être réglé en un instant, évidemment, mais le plus gros du travail est fait. Parce qu'il a parlé. C'est ridicule. Mais bon... c'est vrai. Son regard se fixe finalement sur son frère, qui réagit à son trait d'humour par un petit sourire. Connor lui en renvoie un en coin. « Il était pas parti bien loin, mon égo. » Il répond tout naturellement avant d'être de nouveau embarqué par le sérieux de la discussion. Cette fois, c'est son frère qui reconnaît ses torts. Le simple fait qu'Isaak admette qu'il aurait pu faire plus gomme un peu la rancœur du cadet. Sans que ce soit réellement une excuse (et tant mieux, parce que le loup avait horreur de ça), cette affirmation vient confirmer la légitimité de sa colère et c'est encore un apaisement supplémentaire. « T'auras d'autres occasions, pour te rattraper. » Connor annonce, ironique sur la situation mais pas l'air plus triste que ça d'annoncer la répétition de ce schéma avec son père. C'était la simple vérité. Mais elle n'était pas si grave, puisqu'il avait son frère pour assurer ses arrières. C'était bien ce que l'aîné venait de lui promettre. Et le moins qu'il puisse dire, c'est que ça faisait plaisir à entendre. C'était tout ce dont il avait besoin : de savoir qu'il était avec lui. Il laisse un sourire un peu plus franc s'étaler sur son visage. « J'espère bien, gros con. » Le loup lui répond avec un air légèrement condescendant pour cacher la tendresse dans sa voix. Il se laisse aller à un geste affectif version Connor, et le plus jeune vient donner une tape bien masculine dans le dos de son frère. Un peu forte et qui résonne bien. Impeccable. Connor jette à Isaak un regard qu'il dirige ensuite vers l'intérieur de la maison, prévoyant l'annonce d'une idée qui avait dû germer également dans l'esprit des deux frères. « Si on allait fêter ces chaleureuses retrouvailles avec un whisky ? » Bien sûr, tout n'est pas réglé pour autant. Il y a encore des choses qui pèsent sur les deux, puis une liste d'autres choses qui pèsent sur lui tout seul. Elles sont toujours là, à tirer dans un coin de son esprit, et il sait qu'elles finiront par ressortir à un moment donné, pour une raison ou pour autre. Mais elles n'ont pas d'importance maintenant qu'il peut juste prendre Isaak par les épaules pour l'emmener voler une bouteille de whisky, et être simplement bien avec son frère.
Kelsey: was glad that her dress had hidden her bump perfectly since she wasn't really ready to make it public. She already told Callum, her brother and someone else and that was good enough for her. Even though she should've told her parents, but later. She smiled as she made her way to the snack table, grabbed a plate and filled it with random food then she spotted Connor. Once she was done with grabbing food, she headed his way. "Hey, stranger," She said with a soft smile, still having her plate in her hand. "I didn't realize you were going to be here. You look handsome, by the way."
The last time that Connor had seen Gia was at the funeral. The funeral of there father. The father that Connor had shot and killed in the line of duty. Not that he had actually attended. God no. He wasn’t about to go and watch a bunch of people cry over a man that beat him as a child, nor was he going to pretend to be upset that he was gone. I’ve been unraveling since my birth. In a lot of ways, Connor was happy that Mason O’shea could no longer hurt anyone. He was six feet under and a ghost to all those he’d fucked with over the years.
Speaking of ghosts, Gia looked like one now. A child was what Connor remembered her as. Small, and someone he wanted so badly to protect. His little sister. She would always be that to him. Even if he was a long way away from the ones that he loved. They could hate him, disown him, blame him for the raids and the bullet he shot to kill there father. They could put it all on him if they wanted. And he’d still show up when they needed him. When the ghosts came calling.
Still, if she needed help, he’d help but she needed to understand. If you think I’ve changed, you know me not. Connor rubbed the back of his neck as he stood in front of his sister, others bustling around the police station as he looked on at her. “What do you need Gia?” Connor asked with a slightly raised chin.
“Honey, I’m home” Gail bellowed out once she let herself into Connor’s home. She made quick work in taking off her shoes, sighing in relief as her feet were released from their high heel prison. She loved wearing heels, but being on her feet for all those hours while in heels is just self-inflicted torture. “You’re dead to me if there’s no food in the fridge!” She called out again as she padded her way towards the living area.