Palmares (début)
Gilles Lapouge, Dictionnaire amoureux du Brésil : La condition de l’esclave, dans les grandes propriétés du sucre, est indigne. Orphelins de leurs terres natales, séparés de leurs tribus et endeuillés de leur langue, ils travaillent et ils meurent. Beaucoup se résignent. Quelques-uns se suicident. D’autres se révoltent, quitte à en mourir ou à subir le supplice du ‘pelourinho’. Certains réussissent à se regrouper et opèrent une sortie en force qui aboutit soit à une répression implacable, soit à la création d’un ‘quilombo’ - appelé également ‘mocambo’. Un ‘quilombo’ est un village libre que les Noirs en fuite créent loin des plantations, dans des forêts mal connues et impénétrables. Ces ‘quilombos’ ont généralement une espérance de vie assez brève. Les seigneurs de moulins, aidés de leurs gardes, les réduisent et les châtiments suivent. Certains, cependant, réussissent à durer. Le plus célèbre, l’un des plus anciens, fut celui de Palmares. Il défia les autorités durant un siècle et compta jusqu’à 80 000 personnes. , Palmares se trouve dans le Nordeste, au nord du cours inférieur du rio São Francisco, dans l’actuel État de l’Alagoas. Dans les dernières années du XVIème siècle, une quarantaine de Noirs s’enfuient d’un des plus grands moulins à sucre du Pernambouc. Ils se dirigent vers les hautes terres de l’intérieur, que l’on appelle les ‘palmares’ car elles sont couvertes d’épaisses forêts de palmiers. Les fugitifs s’éloignent du littoral. Ils marchent plusieurs jours et finissent par découvrir une montagne assez rude, la Serra da Barriga, qui forme une citadelle naturelle. Elle domine les environs et permet de surveiller les mouvements d’une troupe ennemie...













