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2017
J’ai beaucoup appris cette année.
J’ai appris qu’on pouvait mentir et se mentir pour son seul intérêt : gagner plus d’argent, de considération, d’estime de soi, de temps ou d’image(s) qu’on (se) renvoie dans le miroir, je suis un type bien, valeureux, estimable.
J’ai appris qu’on peut faire croire aux gens qu’on les aime alors qu’on a juste besoin d’eux ; j’ai aussi appris que oui, ça marche mais que cet amour-là ne dure qu’un temps.
J’ai appris qu’on pouvait faire mal exprès aux gens qu’on aime, en plus de leur faire mal sans le vouloir, juste parce qu’on a besoin de reprendre le pouvoir, de décider, d’essayer de maîtriser quelque chose. La douleur en conscience infligée en sceptre, quand tout fout le camp. Et tout fout toujours le camp.
J’ai appris à essayer de faire avec : c’est comme ça, on n’est pas Dieu mais on fait semblant. On est seul aussi, c’est peut-être ça qui fait qu’on confond.
J’ai appris que les mots ne sont que des mots, mais que c’est parfois tout ce qu’on a.
J’ai appris qu’il est possible d’offrir un secret en cadeau d’amour, avec les seuls mots qu’on a justement, que la confiance se gagne, à force de preuves, d’épreuves, de temps passé et de cris du cœur. Qu’on peut revenir dessus ou se souvenir, pour la vie.
J’ai appris que tout s’excuse quand on le comprend, qu’on peut dire je t’aime aussi souvent qu’on le ressent, revenir après être parti tant que l’amour dure et que la moussaka, ça rend moins d’eau quand on rajoute des pommes de terre.
2017, encore 3 mois et beaucoup de choses à apprendre.
Des questions et des réponses
Le recours à la magie est-il injuste et déloyal quand il s'agit de sauver sa peau ? Comment sauver sa peau d'une autre peau ? Faut-il faire passer les besoins de ceux qu'on aime avant les siens ? S'assommer pour dormir ? Et n'avoir pas de réponses à ses questions ? Les questions sont faites pour être posées. Et les réponses, pour reposer.
Quand la colère est sourde
Quand la colère est trop sourde, Sourde à son objet, c’est bien le sujet, Quand la colère est trop sourde, Et que tempêtent les apprêts de la paix,
C’est alors que la colère sourd.
Du courage.
Le courage c’est oser se lancer (faire, dire, choisir, renoncer, rencontrer, changer...) quand il n’y a pas de filet et que l’on sait que l’on risque de se casser outrageusement la gueule. Mais le courageux est celui qui a compris qu’il ne risquait pas tant à oser qu’à ne pas le faire, quand le lâche s’acharne et s’use à n’ourdir que des filets et des regrets.
Le courage est donc l’intelligence de la vie, son mouvement-même, au sens étymologique du terme (via : la voie, le chemin).
Pour autant le lien que chacun tisse avec lui n’en reste pas moins fragile car à la minute où l’on oublie sa force vitale, l’on oublie aussitôt comment s’en servir, qu’on a su un jour en jouer, et combien c’était bon. Il est donc sans cesse à protéger, à embrasser, à ré-apprivoiser, car il n’est fourni avec aucune forme de mode d’emploi. Il n’est pas fourni du tout d’ailleurs, et toujours faut-il aller le chercher là où il se cache, comme on irait chercher un trésor de pirate : précieux et lumineux.
Mantra
Ne compte que sur toi Prends soin de ceux qui t’aiment Et puis va te coucher
Je suis une fille.
Au lieu d’être un garçon.
Je suis une fille, avec des envies de fille, avec des rêves de fille, avec un corps de fille un peu femme malgré ça, beaucoup même, avec des règles qui font mal toujours, avant, pendant, après, tout le temps. Tout le temps et des hormones plein la gueule et des seins, plein de seins, trop de seins et des larmes qui coulent aussi tout le temps. Une fille avec des enfants. Des filles en plus. Une fille avec des rides et le temps qui passe.
Et je dis fille. Et je ne dis pas femme. Toujours pas. Putain. Ça aussi, tiens. Putain.
Je voudrais être homme et je suis fille.
Fille de ma mère, fille de mon père, fille de peu, fille de rien.
Je ne suis que fille et c’est à croire qu’en plus, je le fais exprès.
Au lieu d’être un garçon.
Comme un con.
Donne.
Donne tout.
Donne avant de crever, ça va venir vite.