NICKY LARSON ET LE PARFUM DE CUPIDON (2019) Allez, on ne va pas mentir, cette adaptation live-action de Philippe Lacheau est bien française, à commencer par le ton 100% Club Dorothée assumé d’entrée: exit donc l’esprit original de CITY HUNTER et de son antihéros sombre et badass, au profit de cette culture déformée par la censure pour n’en conserver que l’aspect polar-comique. Comme HOKUTO NO KEN, la série animée Nicky Larson a fait les frais d’une tragique erreur à son époque dans son montage coupé et mal doublé pour être diffusé en tant que programme télé pour enfants: on se retrouve aujourd’hui avec les résidus erronés, qui mènent inéluctablement au PARFUM DE CUPIDON, calibré pour les quarantenaires qui regardaient le Club DOrothée étant gamins. Un capital nostalgie sur lequel Lacheau surfe sans honte et sans talent, le fan-service “frenchie-eighties” se résumant à un tableau où un chevalier se déplace en Zodiac -LOL-, quand ce n’est pas Dorothée elle-même -la meilleure actrice du film, d’ailleurs- qui vient sauver les pots cassés. LE PARFUM DE CUPIDON s’égare forcément du “vrai” Ryô Saeba -Nicky Larson-, restituant faiblement les codes de CITY HUNTER... à la française: la comédie de l’Hexagone est tombée bien bas, et il est malheureux de voir qu’un long-métrage tel que LA SOUPE AUX CHOUX (1981) demeure meilleur qu’une production actuelle ayant coûté 18,6 MILLIONS D’EUROS. En gros, ce NICKY LARSON est un film de beauf, stupide et mal joué, même l’INCONNU Didier Bourdon récitant son texte comme dans une première audition amateur: une bite, des bad-guys pas charismatiques du tout, des à-côtés scénaristiques inutiles, la liste est longue... Doit-on parler de ces bullet-time d’un autre âge, ou de ces costumes ridicules -désolé Philippe, mais on dirait un vieux ringard qui se cosplaye pour la Japan Expo là!- et indignes d’être portés? Doit-on encore évoquer l’imbécillité scénaristique de ce genre de film, et de l’humour paresseux et simplet qui le noie? Evidemment, aucune logique ne vient sauver cette histoire sans âme -l’action se déroule en France et Nicky se balade tranquille avec son sniper, les pseudo-twists sont mal écrits et bon dieu, que l’acting est mauvais!- qui satisfera celles et ceux qui ont grandi avec le dessin animé travesti par la télévision française, acceptant depuis trop longtemps de se fidéliser à une licence violée depuis trente ans. Il est fou de se dire que le légendaire CITY HUNTER a eu droit à son premier film animé japonais -une première très attendue-, sorti à quelques jours près simultanément avec ce PARFUM DE CUPIDON -qui a, on s’en doute, une belle fragrance de merde-, qui a été à peine projeté chez nous, soumis à la présence opportuniste de Philippe Lacheau pour promouvoir sa bouse. Le monde du Cinéma part en couille, et plus lorsqu’il doit passer par l’Hexagone: clairement, on vous invite à lire le manga légendaire de Tsukasa Hôjô, à regarder la série animée, et à patienter sagement jusqu’à ce que le prometteur SHINJUKU PRIVATE EYES (2019) soit visionnable par tous, plutôt que d’accorder du crédit à cette énième chose qualifiée de comédie à la française. Putain, le NICKY LARSON (1993) avec Jackie chan était naze, mais drôle, au moins... Niveau zéro négatif du rire, bêtise de mauvais fanboy, NICKY LARSON ET LE PARFUM DE CUPIDON n’a rien pour lui, sauf son nom racheté par AB Productions il y a des lustres -il faudrait interdire ce type de produit-: pour résumer, je vous laisse juger de mon ressenti de ce truc avec un extrait célèbre du film HITMAN LE COBRA (1987) -et ce n’est en aucun cas un moyen sérieux et dissimulé d’un acte à venir-. “Philippe! Où est-ce que tu te caches? Viens ici que j’te bute enculé!” BEAUFITUDE FRANÇAISE /20















