De l’exposition des films, Érik Bullot (2009)
16/07/2018
3. Numéro Zéro, Eustache
En créant cette séance unique, en raréfiant l’exposition de son film, en optant pour une sorte de filmage impersonnel, Eustache ne préfigure-t-il pas le devenir-installation du cinéma ? On reste surpris par la radicalité de son geste, chargé de négativité et de promesse. Eustache cinéaste assume le travail du négatif. Il accepte et revendique une part d’invisibilité et de retrait. Il est curieux d’observer le déplacement du terme même d’exposition. Exposer un film a longtemps signifié soumettre la pellicule vierge aux rayons de la lumière. L’expression signifie désormais le soumettre à une autre lumière : celle du spectateur (ou de son absence).
4. L’exposition (salle)
« Introduire le ciné-club dans le cinéma », selon la formule d’Isidore Isou dans son Traité de bave et d’éternité. « C’est la première fois qu’on introduit le ciné-club dans le cinéma, c’est-à-dire qu’on préfère la réflexion ou les débats du cinéma sur le cinéma au cinéma ordinaire en tant que tel. » La radicalité de cette position rencontre aujourd’hui une terrible actualité. Le débat est-il devenu premier ?
5. Pointligneplan
La tâche de pointligneplan n’est-elle pas aujourd’hui l’invention d’un espace critique en vue d’inquiéter l’idée même de territoire ?
6. Le milieu et le genre
Le « cinéma du milieu » (appelons-le « de qualité ») semble souffrir d’une rupture d’équilibre : financer des films qui tentent de résoudre l’équation entre l’industrie et l’art devient de plus en plus difficile. Le milieu expérimental souffre également d’un écart entre une relative reconnaissance institutionnelle à travers les festivals et les musées et une absence d’aide en termes de production.











