Préquel : Soirée de fin d’année - Partie 6
Suite de la longue préquel de juin. Pour lire la partie 1, c’est par là, pour lire la partie 2, c’est par ici, pour la partie 3, c’est par ici, pour la partie 4 c’est là et pour la 5 c’est ici.
Pour un rappel de mes affreux jojos et de leurs relations, c’est par là.
TW : Insulte homophobe / Virilité toxique / Tension sexuelle
Les lumières se mélangeaient pour donner une palette floue, puis tout s’arrêta sur le visage d’Alexia quand elle le rattrapa. Maël avait la tête qui tournait, mais c’était agréable. Bien sûr qu’on devait un peu les dévisager, vu qu’il avait le rôle traditionnellement féminin dans leur danse nulle improvisée, mais il s’en foutait. Il était avec elle, et il était bien. Tout aurait été parfait si il ne sentait pas le regard glacial de Milo le transpercer de l’autre bout de la salle. Ses étaient braqués sur eux depuis qu’ils s’étaient éloignés pour danser, et il n’avait pas bougé de place. C’était vraiment très gênant. Il remit sa main frêle dans celle d’Alexia et lui sourit. Ne pas penser à ce gros con, juste profiter de l’instant. Même si c’était dur. Alex, devinant sa gêne lui fit un regard de questionnement, ce à quoi il répondit par un haussement d’épaules. Génial, il était vraiment le roi de la communication. Il ferma les yeux, essayant de ne plus penser au blond au fond de la salle et de se laisser porter par la musique. Ok, c’était de la merde, mais ça avait le mérite de bien passer pour danser. Alexia posa sa main sur le creux de ses hanches, et Maël eut un léger frisson. C’était agréable de sentir sa poigne. Il sourit. Il fallait juste penser à elle, et tout irait bien.
Milo fulminait au fond de la salle. Voir sa copine, enfin son ex copine danser avec cette petite fiotte rousse l'insupportait vraiment. Si il pouvait, il lui défoncerait la gueule. Mais c’était un garçon civilisé et l’idée de s’en prendre à plus faiblard que lui le repoussait. Et puis, si elle était heureuse, ce n’était pas le plus important après tout ? C’est ce qu’il voulait, en vrai. Mais si seulement ça pouvait arriver avec lui. Et pas avec… ce mec. Merde, il avait quoi de plus ? Il avait vraiment pas grand chose pour lui, non ? En plus sa manière s’écraser tout à l’heure. Pitoyable, il avait vraiment besoin d’être assisté pour tout. Et leur danse, mais merde. Il se faisait porter comme une princesse c’était vraiment un désastre. Oui, Alexia était clairement plus grande et plus musclée, mais là, c’était indécent. C’était un mec ou pas, merde ? Milo repris une gorgée de jus de fruit. Il détestait les abrutis qui se bourraient la gueule pour se rendre intéressants, mais ce soir, il aurait bien aimé perdre un peu contrôle aussi. Mais il avait entraînement demain, c’était impossible. Et puis il n’aimait pas déroger à ses principes. C’était comme en amour. Tout ou rien. Et ce soir, il le regrettait amèrement.
Adia avait remarqué ce mec qui la matait depuis tout à l’heure. Bryan, en S aussi, il lui semblait. Un brun avec des traits tirés et des épaules carrés. Pas mal, pas mal du tout. Elle lui fit un petit sourire. Bon, ça devait être bizarre vu qu’elle dansait sensuellement avec Eric, mais bon, pour elle comme pour son ami, ça ne voulait rien dire. Elle savait pertinemment pourquoi il était venu danser avec elle et ça la faisait plus rire qu’autre chose. Enfin, ça n’avait pas intérêt à devenir une habitude, elle aimait moyennement l’idée d’être utilisée juste pour faire du gringue à Alinne. Mais ce soir, elle laisserait passer. Pour une fois c’était même pas lui qui avait commencé. Quand elle s’y mettait, Alinne pouvait aussi être impossible. Adia commença doucement à s’éloigner d’Eric pour se rapprocher du garçon qui lui faisait de l’oeil. Il eut l’air étonné, mais pas déçu. Elle fit une blague sur les composants chimiques qu’il ne compris pas. Il la regarda vraiment perdu. Ben oui petit génie, c’est pas parce que je suis bonne que je suis conne asséna t-elle intérieurement à son partenaire de danse. C’est vrai qu’Adia avait oublié d’être stupide. Ça pouvait autant faire un peur aux gars aux égos fragiles, mais ça pouvait aussi bien se passer. Elle croisait les doigts ce soir, le mec était mignon. Elle s’approcha doucement en dansant au rythme d’un tube ringard, laissant voler ses longs cheveux noir qu’elle lissait avec application. Autant tenter le coup. En plus souvent, elle s’en sortait plutôt bien.
Voyant qu’Adia se libérait de ses obligations avec Eric, Dan commença à s’éloigner d’Alinne. Déjà, il savait qu’il allait vite se sentir de trop, et en plus il en avait plus qu’assez. Il fit un sourire à son amie qui lui répondit par un clin d’oeil. Il lui aurait bien lancé un salé “c’est ça, amuse toi bien maintenant”, mais il se retint. Autant qu’elle en profite, il savait à quel point c’était compliqué avec Eric. Il se dirigea vers la porte de secours entrouverte dans l’espoir d’y fumer un peu, mais sentir la caresse glacée du métal de la poignée l’en dissuada un peu. Un coup d’oeil dehors. Martin et Myriam étaient en train de cloper. Il ferait froid mais au moins il serait en bonne compagnie. Est ce que c’était une bonne idée ? Il n’en savait rien, mais autant essayer de passer une bonne soirée. Il se stoppa un instant. Et si… il se passait un truc entre eux ? Ce serait vraiment gênant de rester. Plus que gênant. C’est vrai que Myriam était proche de Martin. Et Martin… Oh non. Il n’avait pas envie de penser à ça. Ce serait vraiment un schéma horrible. Une amie si proche et… En plus elle savait, non ? Est ce qu’elle lui ferait ça ? Est ce que… Avant que Dan pu formuler quoi que ce soit de plus, la porte s’ouvrit en grand.
“Euh… Tu attends quoi au juste ?”
La jeune femme maigrichonne avec ouvert en grand, l’air maussade. Evidemment, il fallait que ce soit Myriam qui se décide à rentrer.
“Il caille, c’est tout.”
Elle acquiesça, et retira son gilet en laine d’un mauve d’un goût discutable.
“Tiens, t’aura moins froid”
Pas avec ce genre de ton. Dan se demandait si elle ne le détestait pas des fois. Pourtant elle pouvait être douce quand elle voulait. Mais ça demandait souvent des après midis entières. Il attrapa le vêtement pour l’enfiler et la remercia. Elle haussa les épaules, l’air un peu pincé. Elle avait l’air mal à l’aise. Merde. Est ce qu’ils venaient de s’engueuler avec Martin ? Ou c’était à cause de lui ? Il faisait toujours les choses mal de toutes façons. Il foutait toujours la merde.
“Reste pas planté là, je t’ai pas filé mon fringue pour rien.”
Elle avait dit ça avec un petit sourire. Un petit sourire un peu triste, mais vraiment affectueux. Ça serra le cœur de Dan autant que ça le soulageât. Elle n’était clairement pas bien, mais elle ne lui en voulait pas. Et ça, déjà, c’était vraiment important.
Marina remuait son boule en face de Selim. Est ce qu’elle en faisait trop ? Elle en faisait toujours trop, difficile à dire. Est ce qu’il avait capté un truc ? Difficile à dire aussi. Il était toujours en train de parler à double sens et à déconner, et était pas si simple à décoder. C’était galère, mais ça lui plaisait aussi. Elle lui lançait des petits regards, mais en exagérant juste assez pour pouvoir faire passer ça pour de l’humour. C’était toujours un plan de secours. Et puis, c’était lui qui lui avait proposé. Elle avait pas osé y croire. Qu’un mec l’invite. Que ce mec l’invite. Oui, tout ne tournait pas autour de ça, et elle même s’aggaçait à autant y penser ce soir. Mais là, elle avait bu, et c’est vrai qu’il était mignon dans sa chemise blanche. Il avait fait un effort pour bien se saper, mais il avait toujours ce petit sourire de petit con collé à la gueule. Ce putain de sourire. C’est peut être avec ça que ça avait commencé. Et quand il riait. Merde, elle avait envie de l’embrasser maintenant. Son corps se rapprocha instinctivement de lui. Il avait de belles mains aussi. Enfin, elle, elle aimait bien. Un peu nerveuses, plutôt fines. Elle en pris une dans la sienne et se fit tourner. C’était chaud ce contact. Au pire elle mettrait ça sur le compte de l’alcool. Elle en avait plus rien à foutre. Elle se rapprocha encore. Elle pouvait sentir son odeur, un peu. C’était grisant. Elle se mettait à sourire comme une idiote. Ça ne dura pas. Selim regardait ailleurs. La tête tournée vers la gauche, il avait une petite moue, mélange de tristesse et de déception. Myriam. Elle était juste en train de passer mais ça lui faisait encore cet effet, hein ? Putain. Elle lâcha la main de Selim et sentit des larmes remonter dans sa gorge. Non, non, non, elle n’allait pas se ridiculiser maintenant.
“Je vais aux chiottes.”
Elle avait lâché ça abruptement, et était partie bien plus vite qu’elle ne l’aurait voulu. Son nez était en train de couler de manière disgracieuse, si bien qu’elle passa rapidement sa main pour s’essuyer. Et voilà, elle avait tout gagné. Arrivée aux toilettes, elle s’enferma à double tour pour se moucher dans du papier toilettes. Elle laissait des traces du maquillage qu’elle avait mit tant de temps à fignoler. Merde. Tout ça pour ça. Elle laissa échapper un râle pitoyable. Quelle idée, mais quelle idée. Elle ne devait pas se projeter. Ca ne lui réussissait pas. Et puis c’était sûr qu’il n’allait pas s’intéresser à elle. Elle était trop… Trop tout. Trop extrême, trop bruyante, trop fatigante, trop énervée, trop angoissée, trop. Elle tenta de réguler sa respiration haletante. Merde, des gens étaient réellement dans la merde et elle chouinait pour un crush ? Oui. Elle avait un peu honte et l’impression d’agir comme une gosse, mais les sentiments l’étouffait dans la petite cabine de chiottes. Quelle idiote.
















