Le premier tour des élections présidentielles marque le succès des candidats LREM et enregistre parallèlement le plus haut taux d'abstention sous la Vème République. Thomas Guénolé interroge les limites du mode de scrutin uninominal majoritaire.

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Le premier tour des élections présidentielles marque le succès des candidats LREM et enregistre parallèlement le plus haut taux d'abstention sous la Vème République. Thomas Guénolé interroge les limites du mode de scrutin uninominal majoritaire.
NON à la proportionnelle, OUI au redécoupage des circonscriptions : la proportionnelle c'est quoi ? C'est remettre la désignation des élus dans les mains des partis politiques et non pas des citoyens. Que nous enseigne l'histoire : toutes les mesures prises dans l'urgence des circonstances sont une bêtise : non cumul des mandats, suppression du SNU ... En revanche pour
Vivement la proportionnelle !
Quelques partis politiques se battent depuis des années pour que le parlement soit élu à la proportionnelle, proposition que le Mouvement Démocrate, entre autre, défend depuis longtemps. Cela avait été promis par E. Macron et pas fait.
En quelque sorte cela vient de se réaliser. Certainement, ceux qui successivement arrivaient au pouvoir avec la proportionnelle dans l'escarcelle se sont ils ravisés en voyant le nombre de sièges qu'ils perdraient, dont la perte possible de leur majorité.
Il y a du pour et du contre, la proportionnelle ne rattache pas le député au territoire mais forcément au parti en premier lieu.
Après avoir fait exploser les partis politiques, chacun peut se demander pourquoi nous irions sur une proportionnelle qui relégitimerait les partis politiques au détriment des élus de territoires.
Mais depuis le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral les législatives sont redevenues hyper politiques, et le poids des partis n'a jamais été aussi importants pour se faire élire.
Cela repose deux questions de fonds.
La première dans un schéma de vote zapping comment les partis politiques peuvent ils réunir des militants qui vont certes défendre un parti mais surtout contribuer à faire remonter les problématiques et initiatives qui permettent de proposer de nouvelles solutions sur les territoires.
La deuxième comment retrouver le politique, c'est à dire sortir d'un marketing politique très segmenté - avec des offres électorales ciblées sur les différents clusters électoraux qui contribue à ce zapping électoral - pour voir revenir au sens politique.
Pour moi il y a deux éléments essentiels qui doivent nous amener à changer cette façon de faire. Le premier c'est de réinvestir les partis politiques, à commencer par les maires qui ont justement cette relation de terrain utile pour alimenter un parti politique. A force de dépolitiser les communes, il n'y pas non plus de relais local pour échanger (capter et expliquer). Le deuxième est de donner un cap et rattacher les actions au cap que nous souhaitons prendre. C'est donc de revenir au sens de l'action politique. Trop de mesures sont devenues incompréhensibles, et c'est logique, à force de rajouter des lois nous avons hyper complexifié les lois. Il nous faut donc une hygiène politique qui nous ramène à penser la sobriété législative, sobriété fiscale, sobriété sociale, pour pouvoir penser la sobriété de la société de consommation et entamer notre transition écologique.
Cela ne doit pas nous empêcher de penser le monde dans sa complexité - la guerre en Ukraine est un exemple de la complexité des actions, retro actions et inter actions et que chaque décision prise induit des rétro actions pas forcément prévisibles.
Cela ne doit pas nous empêcher de dire ce qui fonctionne et de demander à améliorer ce qui ne fonctionne pas ou mal, mais toujours en commençant par ce qui marche, sinon nous donnons l'impression que rien ne change.
ANALYSE - Une projection établie pour la Fondation Jean-Jaurès montre que l’instauration de la proportionnelle dans les neuf départements les plus peuplés ne priverait pas Emmanuel Macron de sa majorité. Le RN n’obtiendrait que 19 élus, contre 80 à la proportionnelle intégrale.
Proportionnelle : la promesse trahie de Macron
Proportionnelle : la promesse trahie de Macron
2021-01-21 17:28:56 La France Insoumise Tribune publiée dans Libération le 21 janvier 2021 par Raquel Garrido, avocate, éditorialiste et Pierre-Yves Cadalen, docteur en science politique, co-animateur du livret Constituante de la France insoumise. Le Président Macron vient de faire un pas de plus pour affirmer le peu de cas qu’il fait de l’expression réelle de la souveraineté populaire : il…
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Modifier le mode de scrutin des prochaines législatives serait «une erreur politique», juge le patron de la République en marche.
« Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». C’est ainsi qu’Abraham Lincoln définissait la démocratie. La 5ème République démontre chaque année un peu plus son inefficacité. Alors que les citoyen·ne·s, notamment les jeunes, démontrent leur envie de changement et de démocratie, par des mouvements comme Nuit Debout, les Indigné·e·s ou les manifestations diverses, les taux d’abstention dépassent les 50% lors des dernières élections. Nous avons besoin d’une nouvelle République qui garantisse par une meilleure représentation et une meilleure implication du peuple.
>> Nos propositions : http://jeunesavecunprojet.top/project/mettre-en-place-des-scrutins-de-liste-a-la-proportionnelle/
Pour une vie politique plus saine et représentative en France : fin de la présidentielle au suffrage universel, proportionnelle à hauteur de 50% à l’Assemblée Nationale.
Tous les 5 ans, en amont des présidentielles, de nombreux candidats s'entendent pour dire qu'il faudrait une nouvelle forme de représentation nationale. Beaucoup s'accordent pour dire qu'il faudrait "une dose de proportionnelle". C'était d'ailleurs un des engagements de François Hollande (l’engagement 48). C'est peu dire qu'il a particulièrement déçu de nombreux français à ce sujet. La raison? De simples et vils calculs politico-politiciens.
Selon moi, il y aurait deux choses à changer, dans la politique française.
1. ne plus voter aux présidentielles
Bien évidemment, je ne fais pas ici appel à l’abstention, mais au caractère du suffrage universel à cette élection particulière. Nous le voyons, cette élection cristallise longtemps à l'avance le débat politique. Cela donne un côté bonapartiste désuet à notre pays, qui détonne en comparaison des chefs d’état dans les pays voisins. Mais, lorsque nous y regardons de plus près, on remarquera que dans notre système, le Président n'est rien et a très peu de pouvoir réel, s'il n'a pas de majorité législative et un gouvernement qui lui est dévoué.
Pour sortir de cette hypocrisie, je serais favorable à ce que le Parlement (Assemblée Nationale + Sénat) élisent eux-mêmes le Président de la République, pour un mandat long et unique (8 ans?). Ce Président de la République n'aurait plus de rôle politique, mais il serait le garant de la Nation, de la constitution, des valeurs de la République, et resterait le chef des armées.
Le rôle politique reviendrait à un Premier Ministre au rôle fort, tel le 1er ministre de toutes les royautés européennes, de l'Allemagne ou de l'Italie.
2. une assemblée nationale plus représentative des français, à 50% élus à la proportionnelle
En parallèle, l'Assemblée Nationale se verrait renouvelée, pour être VRAIMENT représentative des français, tout en maintenant un système pour une stabilité. Pour moitié, l'assemblée nationale se verrait pourvue de députés comme actuellement, à savoir des députés au scrutin uninominal en deux tours, dans des circonscriptions électorale qui seraient de taille double. Pour l'autre moitié, il s'agirait d'élire sur listes nationales les députés, à la proportionnelle intégrale, en un tour. Et toutes les listes acquérant + de 4% des inscrits (soit environ 178 000 voix, au niveau national), seraient assurés d'avoir 1 député au moins. Ainsi, la grande nouveauté serait de ne plus raisonner en pourcentages, mais en nombre de voix. Et cela assurerait, de fait, la représentation de courants politiques minoritaires, avec, en outre, une plus forte incitation participative. Et plus il y aurait de listes dépassant les 4% d'inscrits, moins les grosses listes auraient un nombre de députés important, favorisant la diversité au sein de l'Assemblée Nationale. Empêchant donc l'accaparation de la vie politique par quelques partis. L'assemblée sénatoriale resterait telle quelle, afin d'assurer une stabilité à l'ensemble. En outre, un mandat de député durerait alors 6 ans, avec un roulement par moitié tous les trois ans.
Voilà une réforme qui me paraîtrait saine, appuyée par des fondements démocrates.