VIDÉO - Le gouvernement veut une remise à plat des relations entre producteurs, industriels et distributeurs. Emmanuel Macron, qui devait initialement clôturer la journée de lancement des États généraux de l'alimentation, sera remplacé par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert.
Les états généraux de l’agriculture sont une bonne chose, pour permettre d’instaurer un revenu décent aux agriculteurs.
La vraie question c'est... comment? Instaurer un réflexe d'achat patriotique sera nécessaire, mais me semblerait largement insuffisant. Car si l'agroalimentaire tire les prix vers le haut pour augmenter le niveau de vente au profit des agriculteurs français, inévitablement ce sont les allemands ou espagnols qui progresseront en parts de marché dans nos supermarchés.
Tirer vers + de bio et les circuits courts? Oui bien sûr il le faudrait. D’ailleurs je ne vois pas comment, sur le fond, on pourrait s'y opposer, pour d'évidentes raisons environnementales... mais malheureusement, sur ce créneau, il n'y aurait pas de la place pour tous les agriculteurs. Qui + est, si les agriculteurs optant pour le bio ou les AMAP ont des revenus bien + élevés que la moyenne, c'est aussi car la demande est bien supérieure à l'offre, notamment pour les agriculteurs à proximité de villes de taille régionale. Et que, + il y aura d'agriculteurs sur ce créneau, + les prix de vente diminueront. Sans compter que l'effet de 'mode' actuel des amap pourrait très bien s'estomper tôt ou tard dans les villes. Et, même si les circuits courts sont sains pour l'économie, il ne faut pas oublier, non plus, que les circuits courts génèrent une casse d'emplois dans l'agroalimentaire et la grande distribution. Tout en faisant + de place au bio et aux pratiques raisonnées qui sont à encourager, il faut donc conserver une variété des pratiques agricoles.
Selon moi, la première des urgences, c’est de faire arrêter la course aux investissements des agriculteurs dans leurs exploitations. Passe encore pour le canard, le vin ou d'autres productions sujettes + que d'autres à de potentielles épidémies ou contagions dévastatrices, et qui nécessitent un traitement particulier pour ne pas mettre à mal des filières entières. Mais les élevages laitiers ou porcins, qui ont énormément investi matériellement ces dernières années, ce sont ces investissements qui les plongent, trop souvent, dans le surendettement, dès lors que les cours du marché s'abaissent un peu. Le souci étant que, bien malheureusement, les investissements effectués par emprunts bancaires doivent être remboursés. Ces dernières années, les différents ministres de l'agriculture ont incité les exploitants agricoles à se moderniser. Mais cela a été une attitude mortifère (au sens premier du terme): c'est la cause directe de trop nombreux suicides dans le monde paysan.
Il n'y a pas de solution facile ou en "yakafokon" à ce sujet. Et pour les agriculteurs, j'espère vraiment que des solutions décentes seront trouvées avant cet automne. Car aucune nation n'est viable si elle ne sait pas s'occuper de son secteur primaire.
Et l'idée d'un revenu décent, ou même d'un revenu de base universel AUX SEULS AGRICULTEURS (justifiant d'une surface minimale réellement cultivée), pourrait être à étudier sérieusement, pour ce secteur d’activité. Je suis plutôt opposé au revenu universel et cela principalement pour des raisons d’équilibre des territoires. Mais pour les agriculteurs, j'en ferais volontiers une exception, et une seule. Afin que chaque paysan puisse vivre décemment de son travail. Quoi qu’il en soit, ces états généraux de l’agriculture sont vitaux pour notre secteur primaire et les gens qui en vivent.









