La valse des pensées
Ce mois de janvier est particulièrement instable, fatiguant, amer, douteux, mystique. Le brouillard danse dans ma tête, comme il flotte dans la rue. Je suis envahie par des nausées après chaque tasse de thé ou de café. La caféine, rebelle, refuse de s’ancrer en moi ; elle s’évapore, légère, comme si mon corps lui fermait la porte. Mais qu’essaie-t-il de rejeter d’autre ? Ma créativité, prisonnière dans mon cœur, se tord et tourbillonne, cherchant une sortie, et monte jusqu’à mes larmes. Quelque chose me tracasse… Le corps parle, il murmure des vérités que je ne veux pas entendre. Dites-moi ce que vous voulez : une épreuve de plus dans mon sac, ce fardeau que je finis par endosser, le portant comme un embryon qu’on m’impose, qu’on force à grandir en moi, que je n’ai jamais demandé. Je suis emportée par mes émotions, par cette douleur sans nom, comme par une valse furieuse qui m’étourdit. En fait, je réalise à cet instant que tout ce que j’ingurgite me rend malade. Suis-je en train de détester ce monde à ce point, au point de ne plus savoir l’avaler ? Oui, j’ai mangé, mais peu. Je me bloque. Je ne ressens plus cette faim, cette pulsion de vie, si belle soit-elle. Mon corps se ferme. Pourquoi ? Voilà, mes pensées valsent sans répit, virevoltent, s’élèvent, s’effondrent. Elles dansent une mélodie silencieuse, une chorégraphie chaotique. Quelle beauté dans cette folie des mouvements ! Mais cela donne le tournis, n’est-ce pas ?















