La culture Qijia serait issue de plusieurs lieux ; on trouve notamment dans la province du Gansu les sites de Siziuping, Huangniangniangtai, Dahezhuang et Shizhaocun en lien avec cette culture, mais on en retrouve aussi dans la province du Qinghai avec le site de Lajia ou le site de Liuwan. Ainsi, cette culture issue du Néolithique final et du début de l’âge du Bronze est, pour certains scientifiques, l'une des cultures du début de l’âge du Bronze.
Le premier des sites découvert et excavé a été le site de Qijiaping en 1924, découvert par Johan Gunnar Andersson, géologue et archéologue. L’excavation initiale de Johann Gunnar Andersson a permis de révéler, en plus de nombreuses tombes et de nombreux artéfacts très bien préservés, une culture tout entière, celle de Qijia qui sera nommée d’après la zone où le site a été découvert. Centrés sur le site archéologique de Qijiaping, les sites s’étendent bien plus loin, notamment sur le haut des rivières Taohe, Daxia et Weihe dans la province du Gansu, allant même jusqu’au bassin de Huangshi. Pei Wenzhong et Xia Nai, deux archéologues chinois, découvriront de façon additionnelle des sites aux abords des villages de Yangwawan et de Cuijiazhuang dans les années 1940 et 1950. Ces découvertes, avec les autres qui suivront, permettent de conceptualiser le noyau solide de la culture Qijia, tout en identifiant Qijiaping comme une pièce d’un puzzle bien plus large.
Le site et la culture seraient datés de 2200 à 1900 avant Jésus-Christ, cela grâce à la datation au carbone, mais aussi par des analyses révélant le fait que la culture serait au tournant majeur et en pleine transition entre la fin du Néolithique et le début de l’âge du Bronze. Cette transition entre deux âges se manifeste directement dans les artéfacts retrouvés sur le site, notamment en 1975 à Qijiaping, où de nombreux artéfacts allant des outils en pierre et des poteries en terre cuite jusqu’aux miroirs de bronze ont été découverts.
La poterie de ce site n’a rien d’ordinaire et montre, en réalité, la meilleure évidence des influences culturelles et trans-eurasiennes qui se font petit à petit lors des contacts entre différentes cultures et civilisations. Fabriquée à la main avec des matériaux communs de la Chine tout en ayant des designs et des gravures différents selon les lieux, les dates et les personnes les ayant fabriqués. En 1975, l’excavation à Qijiaping d’un miroir de bronze appuiera cette conclusion tout en mettant en évidence les différentes routes commerciales, d’immigration ou de chemins qu’il y a au sein même de la Chine, permettant ainsi de voir une connexion entre la Chine occidentale, la Chine centrale, mais aussi la zone iranienne, suggérant tout comme pour la poterie, une existence d’échanges trans-eurasiens.
Toujours en 1975, en plus des outils, poteries et miroirs en bronze, plusieurs ossements d’animaux et d’humains sont découverts, permettant ainsi d'évaluer et d'analyser le mode de vie, mais aussi le régime alimentaire des habitants de cette zone géographique et de cette période de l’histoire.
Ainsi, les scientifiques ont pu dire que les habitants de cet endroit possédaient un style de vie sédentaire basé sur l’agriculture grâce à une large quantité de millet trouvé, tout en suggérant une domestication du cochon, du mouton, des chèvres et des vaches grâce aux restes étudiés. L’étude en détail des os a révélé dans le régime alimentaire, non pas uniquement la présence de millet, mais aussi de blé et d’orge, mettant un point clair sur la présence des échanges trans-eurasiens, car la présence de ces deux plantes à cette époque était uniquement à l’ouest, permettant d'identifier donc des contacts avec d’autres civilisations situées plus à l’ouest.

















