Mon Massir a écrit sur notre rencontre avec Mokhtar Mostaycer sur la fondation de la Rachidia: Hier après midi, je suis allée à une petite conférence sur l'Histoire de la Rachidia. Le conférencier nous a expliqué que la Rachidia avait été créée parce qu'il y avait eu une crainte que le patrimoine musical tunisien ne se perde. En effet, c'était d'un côté la période coloniale, et en plus, la musique orientale faisait une entrée massive chez nous, d'autant plus qu'elle profitait déjà de l'industrie du disque, ce que nous n'avions presque pas en Tunisie. Les disques de Om Kalthoum et autres chanteurs égyptiens étaient distribués dans les cafés et diverses maisons qui disposaient du phonographe. Par ailleurs, la chanson tunisienne était dominée par la communauté juive, et la musique "musulmane" se raréfiait. La Rachidia a donc été fondée pour promouvoir et sauvegarder la musique traditionnelle tunisienne. Je suppose que c'est un peu schématique ce que je dis, mais pas grave, l'idée essentielle est là. En conclusion de l'intervention de ce monsieur, il dit qu'aujourd'hui, notre patrimoine musical tunisien est en grand danger. Nous subissons d'une part la musique orientale, surtout égyptienne et libanaise, et d'autre part l'émergence de nouveaux genres musicaux, tel le rap, qui plaisent aux jeunes. Ces mêmes jeunes qui ont perdu l'habitude de la chanson tunisienne. Il recommande donc de faire du lobbying pour essayer de forcer la Tv nationale et les diverses chaînes radiophoniques pour qu'elles passent de plus en plus de chansons tunisiennes anciennes pour habituer les oreilles de nos jeunes à cette musique. Il recommande aussi de partager au maximum ces chansons sur les réseaux sociaux. Il faut préserver ce patrimoine national immatériel sinon il risque de disparaître. Il a aussi proposé de faire le tour des écoles maternelles et de leur donner des chansons tunisiennes pour enfants (avec les textes) pour les faire apprendre aux jeunes enfants, au lieu de leur apprendre des chansons égyptiennes, telle que : mama zamanha gaya... Je pense qu'il a raison quelque part. Nos enfants devraient pouvoir habituer leurs oreilles avec nos anciennes chansons. Ils devraient pouvoir apprécier Sidi Ali Riahi, Saliha, Hedi Jouini, Mohamed Jamoussi.... Ils devraient. Je suis tout à fait d'accord. Et vous, qu'en pensez vous? De mon côté, j'adore lorsque je trouve ces chansons à la radio, ce qui est malheureusement très très rare. Et si nous participions tous à ce mouvement? Et si tous les jours nous partagions au moins une chanson tunisienne ancienne? Et si.... Chiche? On prend le pari? Update : mon amie Faten Abdelkafi propose de mettre le hashtag #ChansonTunisienne