Hélène Berr, juillet 1942
Il y a quatre-vingts ans exactement, la rafle du Vel d'Hiv débutait à Paris. La police française, et elle seule, arrêtait hommes, femmes et enfants. 13 152. Tous juifs.
Je relis le Journal d'Hélène Berr. En cette mi-juillet 1942, la jeune femme porte l'étoile jaune. Heure après heure, elle décrit la rafle. Scènes vues et histoires rapportées, jusqu'à l'inimaginable. L'effroi.
Je pourrais relever uniquement l'abjection - par exemple, le contrôleur du métro qui interpelle Hélène, sur le quai, pour qu'elle monte dans le wagon réservé aux juifs. Je préfère retranscrire ici un autre passage, lumineux comme toute la réflexion d'Hélène, lorsqu'elle saisit les gestes d'humanité dans ce Paris d'horreur :
"Et puis il y a la sympathie des gens dans la rue, dans le métro. Il y a le bon regard des hommes et des femmes qui vous remplit le coeur d'un sentiment inexprimable. Il y a la conscience d'être supérieur aux brutes qui vous font souffrir, et d'être unis avec les vrais hommes et les vraies femmes. Plus les malheurs s'amassent, plus ce lien s'approfondit".