l’État saisit le CNRA et rappelle à Canal+ l’obligation de
Le gouvernement a annoncé avoir saisi le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) à propos de la récente hausse des tarifs appliqués par Canal+ Sénégal. L’information figure dans la réponse officielle transmise au député Guy Marius Sagna, qui avait interpellé l’Exécutif en août dernier sur l’augmentation des prix et sur le respect de la gratuité des chaînes nationales.
Selon le…
Je ne me rappelle jamais des années. Il y a tant de gens qui te disent : en “telle année” j’ai fait ci, ça...Je n’ai pas la mémoire des chiffres.
Je ne sais plus en quelle année nous nous sommes séparés. Je dirais que ça fait 3 ou 4 ans ? Une amie me raconte qu’elle c’était en 2019. Elle dit “je me souviens de ce voyage que nous avions fait, c’était en 2019”. En quelle année nous sommes-nous perdus à Pompéi ? J’ai dû chercher la date dans nos photos. 2018. Mais ce n’est pas ça que je veux raconter.
Je ne me rappelle plus chez qui nous avions atterris, c’était à la fin de la nuit, c’était au printemps. Ça je m’en souviens grâce à ce qui va suivre. Quelle année ? Aucune idée. Peut-être que j’avais 25 ans ? Non surement plus. Combien étions-nous, 4 ou 5 ? Je ne sais plus. Il y a juste une chambre, un lit face aux fenêtres, un bureau au pied du lit, un ordinateur sur le bureau. Des enceintes. Je suis allongée sur ce lit à côté de toi, A. A & A.
J. se tient face à l’ordinateur, elle met la musique. Il y a une autre personne à ma droite sur le lit, elle n’apparait pas dans mon souvenir. Mais je peux ressentir encore la présence de son corps, collé au mien. À ma droite.
J. a un de ces dons pour choisir la musique qui épouse les sensations. Elle nous fait planer et étire la douceur de ce que nous sommes en train de vivre. Dans cette chambre, après cette nuit de fête, à être réuni.e.s ensemble.
C’est l’aube maintenant. Il fait encore sombre et blanc. C’est la lumière que je préfère. C’est la lumière dont je porte le mot italien en prénom.
J. joue The Sky was pink de Nathan Fake, elle a poussé le son au plus fort afin que nous soyons profondément pénétré.e.s par la musique. Elle sourit, elle sourit si fort. J. était un soleil quand elle le voulait, un soleil brûlant et surexcité. Elle me sourit si fort et elle dit “c’est la fête des mères ce matin A.”. Je ne me rappelle plus comment je me suis retrouvée hors du lit. Debout devant ces deux grandes fenêtres, debout face au soleil qui est monté dans le ciel. Horizontal. Fort. Face à moi. Je peux ressentir encore sa chaleur dans mon ventre. Je crois que nous avons dansé, avant de nous endormir ensemble dans ce lit. Drowning In A Sea Of Love. J’ai eu mes règles, cette aube là, debout face au soleil.
Je me rappelle bien #14 : le pétrissage aérien et la commune auvergnate
Je ne me rappelle pas bien donc j'ai dû examiner des petits bouts de mon enfance, des photos récurrentes, cachées que je n'avais pas encore jeté, pour ne pas que ces souvenirs soient gommés par l'oubli. Ce sont des morceaux descriptifs d’une vie lointaine qui n’ont pas vraiment de silhouette ou de sens. Des leçons de vie. Des choses qui se sont produites comme des poussières (quelle quantité portons- nous en nous de poussière d'étoile ?)
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Après avoir attaché vigoureusement nos trois VTT sur le coffre avec les sangles bleues Décathlon, nous partions de la rue Lacordaire tous les étés pour une longue traversée caniculaire avec à chaque fois, une voiture de location différente (ma préférée, une Nissan Almera grise dont mon père savait savourer son accélération vigoureuse). Sur ces multiples trajets, il y a bien eu des milliers d'insectes qui se sont écrasés sur le pare-brise et bien que tentant avec cette atmosphère ardente, il ne valait mieux pas trop glisser son front hors de la vitre pour ne pas se prendre des bifles (gifles de bestioles). Ma mère y veillait."Rentre ta tête, tu vas te la faire couper" prévenait-elle pendant que ma sœur sirotait une brique de Candy'Up fraise sur le siège redouté du milieu.Mon rapport à la vitre lui alimentait évidemment une idée de danger mais j'aimais cette sensation entre pétrissage aérien de ma crinière blonde et roulette russe.
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Il y avait beaucoup de choses dans cette petite commune auvergnate : une colonie de vacances jouxtant un terrain de football à l'herbe molle presque quotidiennement exploité avec deux ou trois amis réguliers et le champ en face qui accueillait la fête du village, son bal et ses auto-tamponneuses, une chapelle en pierres de lave qui nous rafraîchissait lors des chasses au trésor, un four à pain avoisinant une fontaine ancestrale qui était un point de réunion pour les soirées où l'on voulait se faire peur, les longs chemins irréguliers où passaient les vaches dont les bouses disparaissaient sous nos Super Bison, les véhicules qui avaient leurs vrombissements personnels (tracteur, moissonneuse, boulanger, épicier) et la fameuse salaisonnerie de Jean-Yves et Marithé. Je faisais toujours attention à ne pas faire grincer le premier portillon pour que le vieux caniche ne m'aboit pas dessus ou alors je passais par le jardin en cueillant une poignée de groseilles au passage. Soit ça, soit des mûres, des cerises ou ce que je pouvais trouver. Et là, je pouvais arriver directement dans le laboratoire où l'on faisait les chipolatas qui garnissaient ponctuellement notre barbecue. Je ne sais pas quel endroit je préférais. Si c'était la cave humide où séchaient sur un entrelacement de tréteaux les saucissons coiffés de pénicillium (que je pouvais dévorer sans répit avec ou sans pain), le salon au pavage ocre où l'on regardait les défaites des Verts ou le grenier qui cachait Sonic. Je m'endormais parfois avec les mouches avant l'orage (peut-être qu'il pleuvait fort) puis je rentrais d'un pas vif la nuit car j'étais persuadé qu'on allait me manger silencieusement ou que quelqu'un allait surgir de la forêt la plus proche.
Je me rappelle bien #13 : l’amour dans le rond central
Cette fois-ci il n’y avait aucun besoin d’inventer. Je pouvais qualifier ce qui avait été vécu d’extra-ordinaire. Il fallait simplement suivre les faits. La réalité avait été suffisante, elle avait été rempli de fantastiques détails et d’une formidable interaction humaine. Il n’y avait plus qu’à se souvenir et à prélever.
Il faudra peut être un peu étoffer, grossir certains traits, mais toujours partir de ce socle qui avait existé. C’était très rassurant. La mémoire aidait à sélectionner, à embellir, elle donnait une certaine version des faits, parfois une partie était à imaginer, parfois il fallait compléter des blancs, remplir des trous, réparer des fissures et recoller des morceaux. Je versais dans ces zones manquantes de l’eau pétillante. Tout finissait par rentrer dans une chronologie logique issue d’une réalité éprouvée.
On avait commencé par boire un thé vert chez moi et tu avais croqué dans un carré de chocolat. On parlait des choses de la vie, de leurs forces, de leurs faiblesses. On était ensuite parti se balader dans un parc. Il était 18h. Tout était très foncé et la lumière laissait un aperçu en noir et blanc de l’environnement. On s’était reposé sur un banc. On a regardé longtemps les équatoriens qui jouaient au volleyball, ils avaient eux même apporté l’éclairage nécessaire pour arroser de blanc la zone de jeu. Après une décision commune, on s’est levé puis on s’est enfoncé dans l’obscurité. On se déplaçait côté à côte, les corps pouvaient prendre de l’amplitude mais dans le mouvement nos regards restaient parallèles et imposaient une heureuse configuration de discussion. Nos têtes pivotaient parfois pour capter l’attention ou pour souligner une émotion mais la plupart du temps on parlait droit devant. Tous les thèmes abordés connaissaient un vrai dépouillement, il y avait tant de choses à dire sur tout. On discutait et on marchait sur les sujets et les territoires.
On a fini par escalader le grillage pour rentrer dans le stade de foot qui jalonnait le parc. Il était 21 heures à ce moment là, le stade était totalement vide, on a foulé la pelouse humide, on a traversé la surface de réparation puis on a fait l’amour dans le rond central.J’étoffais peut être un peu, je grossissais certains traits, mais je partais toujours de ce socle qui avait existé. C’était très rassurant.