L’élu est un loup pour l’élu
Quel que soit leur niveau, vos élus sont vos élus. Personne ne doit leur manquer de respect : leur manquer de respect c’est vous manquer de respect.
Lorsque nous regardions les débats de l’Assemblée Nationale sur France 3 avec ma grand-mère, celle-ci me faisait cette remarque qui est restée gravée dans ma mémoire : « Il fut un temps où les bandits étaient des bandits d’honneur ». Je n’ai pas connu cette époque, mais j’aurai bien aimé pour comprendre! Pour moi un bandit est un bandit, que vient faire l’honneur dans une émission politique ?
Les parlementaires. Une espèce très protégée, ils sont à peine 997 [1] en France et se reproduisent dans des proportions infimes. Parfois ils peuvent être un vrai fléau pour le paysage politique qu’ils couvrent. Non content d’émarger à des sommes complètement folles pour le travail accompli, ils s’invitent parfois sur le territoire qui les a élus, se vantant d’une légitimité sans limite. Et cela pose un véritable problème dans notre cas.
Vos élus, même s’ils sont vos chouchous, dans le cas dont nous parlons sont des loosers. Ils ont perdu une municipales et se retrouvent élus d’opposition municipale quand ils auraient pu être adjoints et vous collaborateurs de cabinet… Mais cela n’est pas le pire. Le pire est si la circonscription qui couvre tout ou parti de votre ville a été gagnée par un candidat de votre parti.
En effet, celui-ci légitime d’avoir gagné sur un territoire que vous avez lamentablement perdu (avant ou après, peu importe). Il va donc vouloir peser sur vos rapports de force, vos dossiers, vos positionnements. Le rôle du collaborateur s’inscrit alors dans un contrat totalement informel envers lui-même mais également envers les élus : supprimer le joug du député sur les pauvres têtes de vos élus. Pour une simple raison qui est la suivante : vos élus ne doivent écouter qu’une seule voix, c’est la vôtre !
La question des clans est primordiale dans celle de l’affiliation à d’autres élus, vous vous en doutez. Dans le cas ou un parlementaire veut porter une hégémonie sur le groupe, il va sans dire qu’un des clans va certainement se mettre sous la coupe du parlementaire, de sa légitimité et de sa force, croyant que des forces hors du groupe peuvent l’aider à en prendre la tête.
Nous découpons là encore notre groupe en trois clans. Le premier proche du parlementaire, le second totalement opposé et le troisième qui fait la bascule. Or, le propre d’un élu est justement d’avoir de l’amour-propre. Et les incursions du parlementaire (supposée ou avérée) dans la vie du groupe par l’intermédiaire de son clan vont braquer les élus incertains, et renforcer ceux opposés au député. Si vous vous posez sur une ligne contre le député (quel qu’en soit le prix), vous vous inscrirez irrémédiablement dans la ligne majoritaire.
Un parlementaire doit donc, lorsqu’il sait un groupe politique instable, savoir s’en éloigner. Sinon, l’élu devient un loup pour l’élu.
[1] 72 euro-députés, 348 sénateurs et 577 députés