EL RAQUERO
La sombra de las dunas bajo la luna, larga y pálida, festonea la playa y arpa el mar.
Distantes entre sí lucen los faros que gesticulan —verdes, gualdas— sobre el mar sus aspavientos.
El viejo raquero escarba tras raro pecio, con rapaces ojos,
y sigue; la sombra en torno a sus morosos pasos cuaja negra.
Los pies le pesan y la espalda carga. Rayando un resalsero de alas blancas, las gaviotas huyen noche adentro; las mira él, se aleja luego, mas se obstina y torna, torna a irse, y otra vez se para: su cachimba de palo de súbito flecha en sus dedos roja pavesa.
Un carabinero en la duna sobre los buchinches tal vez lo llama de lejos, pero el raquero de pecios y suertes nunca responde.
Con vieja vara de haya, patulla y patulla por las veredas que costean el mar; sin descanso patulla... hasta el alma calado de tormentas y agrios ventarrones.
Solo, agotado, no ceja. Y cada atardecer, con terquedad cerril... allá va siempre, fiel a la esperanza tantos años intacta, que un tumbo de la suerte todavía en su lienzo de espuma y furia presentará un día a sus ojos de orate —brasas encendidas— el oro vagabundo que a puñados lanza la tormenta al extraño que enfila horizontes.
*
LE RAMASSEUR D'ÉPAVES
L’ombre qui sous la lune Tombait, longue et pâle, des dunes, Longeait la grève et dentelait la mer.
De loin en loin, apparaissaient des phares Qui se mouvaient, jaunes et verts, Avec des gestes sur la mer.
Le vieux chercheur d’épaves rares Fouille le sable, avec des yeux d’avare, Et va ; — son ombre Autour de son pas lent fait de l’ombre plus sombre.
Ses pieds sont lourds et ses épaules lasses ; Flot d’ailes blanches qui se déplacent, Les mouettes fuient dans la nuit ; Il les regarde, et puis s’éloigne et puis s’entête À revenir, et puis s’en va et puis s’arrête : Sa petite pipe de bois Darde soudain d’entre ses doigts Un éclat rouge.
Un garde-côte, du haut des dunes Qui dominent les bouges, Parfois l’interpelle de loin, Mais le chercheur d’épaves et de fortune Ne répond point.
Il marche et marche, avec son vieux bâton de hêtre, Par les chemins qui font le tour de la mer ; Il marche et marche encor — et tout son être Est imbibé d’orage et de grands vents amers.
Il va lassé, mais il va seul ; Rude et têtu passant du soir, Il va toujours, toujours, toujours, avec l’espoir, Depuis combien d’années Gardé, que les vagues des destinées Quand même, un jour, en leur linceuil D’écume et de fureur, étaleront, Devant les deux yeux fous qui incendient sa tête, L’or voyageur que les cent mains de la tempête Jettent à l’inconnu qui marche aux horizons.
Émile Verhaeren
di-versión©ochoislas













