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Chauve-souris mimi (avec des bras)
The story of a creating process. Sometimes I kill an old painting to make an other one.
Un brin qui cri
En partant de tout, je reviens vers toi.
En parlant de tout, je parlais de toi.
En cherchant le bout, j'ai trouvé un toit,
Il y avait de tout, ne manquait que trois
Détails, souvenirs, parfums des doigts
Avec lesquels j'ai caressé la proie
De mon désir, le désir d'avoir foi,
En une vie d'émoi, de roi, chaque fois
où j'ai cherché à sonder tes rires.
Je suis entré, j'aspire,
Une fumée d'iris qui enivre,
Un parfum de femme soupire
J'ai retrouvé ce livre.
C'est celui que j'aurais aimé écrire. Et lire. Et vivre en même temps.
Le livre qui regroupe toutes les histoires qui précèdent les mots déjà usés de mon clavier. Les pages qui flottent n'ont rien à envier au PC qui tombe en Afrique, usé.
Exaucée, l'histoire délivrée de nos cerveaux qui bourdonnent de bruits superflus, ma tête qui se libère du temps perdu à jacqueter des paroles rythmées au flot incessant des JT, l'aurore d'une ère inventive et précaire.
Je ferme les pages. L'histoire continue.
J'ai lu, il y a longtemps, je ne me rappelle plus. Il disait que les plus belles histoires n'étaient pas dans les livres qu'il avait écrit, mais entre eux. Entre deux. Entre feux, feu les histoires que j'aurais aimé produire, patiemment, avec ardeur, aimant, le labeur, aimant, le matin réveillant mon amante et lui glissant le bord de la couette sur la poitrine, me glissant dans la cuisine pour y faire chauffer le café brûlant et arracher les premiers mots du matin, les paroles du vin de la veille, les pensées, le met divin, qui s'infiltrent entre le sommeil et le soleil du matin.
Elle se rendort car mon histoire l'ennui. J'ai trop parlé, peu écrit. Mais j'ai pu songer et songer encore, toutes ces histoires sans écrit, sans feuilles flottantes ni PC tombant, sans vie matérielle, sans mémoire dure, sans lecteurs non plus, pure créativité débordée, sans rênes, sans forcer. Pas assez forcé pour en faire de la lecture avec le thé, pour cette jeune adolescente qui aurait aimé feuilleter l'histoire des jeunes loufoques dégénérés qui arpentaient Paris dans des voitures brisées et réparées, aux pneus recroquevillés, et qui flottaient au rythme de la fumée du pétard qu'ils consumaient en regardant les passants dépassés.
Pas assez forcé pour compter l'histoire de ce couple qui s'entre-déchirait sur un chemin mais ne pouvait pas se séparer, ils avaient un gamin, alors ils dormaient dans du foin et reprenaient le chemin. Pas assez creusé, ce trio de guedin.
Pas assez dépecé, le scénario à trois balles, peut-être le plus rude, celui qui m'emporterait sur le chemin du livre que j'aimerais vivre et écrire, l'encre plantée dans les tripes, celle des porcs et celle des pitres, je ne l'ai pas soupesé, mais il m'a déjà pesé un brin. Un brin qui cri et qui demande, qu'il faudra bien finir par écouter...