Alice Through the Looking Glass - AniMat’s Reviews
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Alice Through the Looking Glass - AniMat’s Reviews
@asraza55 - READAPTANDO!! Algo no iba del todo bien en mi sentandilla. Llevo estancada bastante tiempo y soy incapaz de mover pesos altos a varias repeticiones. Analizamos y vimos que desde lo de mi cadera pierdo el contacto con el suelo con el pie derecho. Sentadillas descalza poniendo el foco en los pies (por eso el cinturon, para "des preocuparme" De lo demás). Habéis tenido agujetas en la planta de los pies?? Pues eso... 3 semanas y algunas agujetillas molestas y mi sentadilla es otra! En cuanto mecanice quitamos cinturón ☺☺ #squat #readaptation #backtobasic #masnoesmejor #mejoresmejor #crossfit #lifestyle #livefreediestrong @thepulseprogram @solimedsd - #solimedsd (en Spain) https://www.instagram.com/p/BzYLKXBIIpD/?igshid=6pmxlqfkocnj
What if there were a modern adaptation of
the First Inspector serial ‘The Jihad’?
Chronique clinique III
Par où commencer? J’ai pas ben ben parlé de ce que je fais ici, depuis que je suis au deuxième hôpital. Peut-être parce que c’est vaste. C’est abstrait. Mais c’est tellement stimulant. D’abord, il y a un hôpital, avec une urgence, des départements d’hospitalisation (chambres communes, pour les femmes, les hommes et les enfants), un bloc opératoire pour des chirurgies de base, une clinique externe de physiothérapie (avec une physio et une technicienne d’ici), des salles de consultation pour différentes spécialités ainsi que pour des prélèvements ou suivis en externe, une unité de traitement du choléra, un snackbar, une cafétéria et une buanderie. Il y a aussi le Foyer Bethléem, où vivent une vingtaine d’enfants lourdement handicapés pour la plupart. Des sœurs, des infirmières et des préposées s’en occupent.
Notre but ici, c’était avant tout de déterminer notre but ici. On a travaillé fort là-dessus la première semaine, pour se mettre en action dès que possible. Parce que c’est ça que les Haïtiens attendent de nous. Alors nous, on a essayé de trouver comment on pouvait apporter notre expertise, en nuisant le moins possible au milieu. Parce que oui, on peut nuire, même quand on veut faire le bien. Pis on veut pas ça. Ce qu’on a décidé de faire, c’est de promouvoir les bénéfices de la réadaptation pour les patients, autant à la clinique, qu’à l’hôpital, que pour les enfants du Foyer ou encore pour les gens de la communauté. On veut aussi outiller le personnel, de la direction au personnel soignant, en passant même par la communauté elle-même, pour que chacun ait envie et ait la capacité de s’impliquer dans la réadaptation. On veut montrer ce que la physio et l’ergo peuvent faire, c’est-à-dire traiter un petit peu, mais on veut aussi enseigner ce qui peut être fait par les gens ici. Donc on ne fera pas à la place de. Ce serait pas logique. Et ce serait pas cool. Alors tout ça ne se fera pas en un stage de six semaines, ni même en deux ou trois cohortes. Ils ont commencé à construire un nouveau bâtiment sur le terrain, pour des chambres privées d’hospitalisation. Ça fait 3 ans 8 mois. Ça fait des millénaires que l’Homme construit des bâtiments. Fait qu’on va pas révolutionner la réadaptation, qui existe depuis la Première guerre mondiale à peu près, en quelques jours en Haïti. Mais on essaie de faire des petits gestes significatifs, parce qu’on croit à notre profession et à ses avantages pour la population.
Une journée classique pour nous, ça comprend généralement une visite au Foyer Bethléem. On passe du temps avec les enfants, pour les stimuler et les faire travailler. Les faire marcher, de toutes sortes de façons, à cause de leurs nombreuses déformations. Leur faire faire des manipulations avec les mains. Essayer de manger seuls ou avec juste un petit peu d’aide. Tout ce qui peut améliorer leur quotidien, et celui des intervenantes. Aussi, on enseigne et on propose nos idées à ces dernières. Je sais pas ce qui va rester après notre départ, mais si une seule petite chose améliore leur vie, alors ce sera déjà ça. Il faut voir petit avec des enfants aussi poqués. Les étudiants font ensuite leurs notes pour les dossiers. C’est pas nécessairement dans les habitudes ici, la tenue de dossiers, mais les stagiaires doivent quand même répondre à certains standards québécois. Ils auront quand même leur diplôme pour vous traiter en ergothérapie et physiothérapie après ça. Et comme on est que de passage, aussi bien laisser des traces claires de ce qu’on a fait.
Par la suite, on passe aussi du temps à la clinique de physiothérapie. Pour échanger. Ça veut dire montrer un peu ce qu’on a l’habitude de faire, mais aussi voir ce qui est fait. Disons qu’il y a quelques différences. Mais on travaille là-dessus. On prend du temps pour discuter avec la physiothérapeute et la technicienne. Voir ce qui peut être fait pour améliorer le service aux patients. On a aussi vu quelques cas de gens hospitalisés référés par les médecins. On a évalué ces patients et donné quelques recommandations aux patients, aux familles, mais aussi à l’équipe traitante. Surtout, on a recommandé que les gens soient vus plus rapidement, au chevet même, par la physiothérapeute. Surtout pour les gens ayant subi un AVC. Il faut se mobiliser rapidement. Malheureusement, ici, on attend que la personne puisse se rendre à la clinique pour débuter la thérapie. Alors on travaille en ce sens aussi.
Puis, on s’est dit qu’il n’y a pas que les « malades » qui peuvent bénéficier de nos compétences. Il y a aussi l’équipe ici. Si on veut un hôpital qui roule bien, il faut une équipe en santé. Alors les étudiants vont donner la semaine prochaine une courte formation sur comment déplacer de façon sécuritaire les patients qui ont besoin d’aide pour se lever, s’asseoir, marcher. Pour ceux dans le domaine de la santé, ça s’apparente à une micro-formation de PDSB. Mais adaptée. Parce qu’ici, on n’a pas ça des lève-personnes.
Tout ça, ça implique une continuelle remise en question. Est-ce que c’est correct ce qu’on choisit de faire là? Quels en sont les impacts? Est-ce que c’est trop, ou pas assez? Qu’est-ce qui va rester quand on va partir? Alors on en parle. On recherche sur ce qui a déjà été fait de comparable. On essaye des choses. On observe et on écoute. Si on se plante, on en reparle, et on essaye de faire mieux.
Chronique clinique
La réadaptation en Haïti a besoin de réadaptation. Ça se dit tu?
On a un local, avec des murs et un toit. C’est déjà beaucoup. On a même quelques bancs à roulettes, chaises, tables d’entrevue, tables de physio avec des petits bouts de tape et des affaires de bricolage pour l’ergo. Parce qu’on sait qu’en ergo on fait du bricolage. Sans blague, ça nous est utile pareil, pour la stimulation sensorielle et la motricité fine. Ah oui on a aussi des ventilateurs (les mêmes que dans notre maison, qu’on transporte donc matin et soir à la clinique) et ça, c’est sûrement notre outil le plus important. Ils sont juste moins utiles lors des pannes d’électricité quotidiennes.
Les patients (ici on dit plus ça que « client »). Les attentes les plus fréquentes des patients par rapport à leur suivi en ergo ou physio jusqu’à maintenant sont, pour la médaille de bronze, « je viens parce que j’ai de la douleur » (il faut comprendre que c’est une raison pour venir, mais que comme objectif de thérapie, on a déjà vu mieux). Pour la médaille d’argent, « je veux faire de la thérapie ». Mais encore? Pour la médaille d’or, « j’aimerais savoir ce que vous pouvez faire pour moi ». Alors on part de loin. L’ergothérapie, ce n’est pas clair pour le vraiment-plus-que-commun des mortels au Québec, alors en Haïti, c’est compliqué. Peut-être que je devrais trouver une définition intégrant une comparaison avec le vodou…
Il y a aussi une grosse barrière à l’ergothérapie en raison du contexte culturel et socio-économique. L’environnement et l’occupation des gens sont peu flexibles. Une couturière travaille dix-huit heures par jour, sept jours sur sept. Elle doit travailler, question de survie. Comment réorganiser son horaire de façon plus équilibrée? Les recommandations et enseignements habituels de gestion d’énergie et d’hygiène posturale sont difficiles à appliquer dans un tel contexte. C’est sans compter les quatorze marches inégales pour se rendre chez ce monsieur ayant eu une fracture de la hanche, et la façon dont il se lave, assis dans un coin à se verser de seaux d’eau sur lui (on est hyper chanceux d’avoir la douche ici à notre maison-hôpital, car pas mal tout le monde a l’air de faire avec des seaux). Mais on fait quand même quelques avancées. À tâtons, petit à petit.
Au moins, on a un traducteur qu’on adore. Il travaille habituellement à la clinique communautaire et vient nous aider sur demande pour les patients qui parlent seulement créole (j’ai pas encore atteint le niveau capable-de-traduire-les-éléments-importants-d’une-évaluation-concernant-la-santé-d’un-humain). Ça c’est bien, ça met du positif. Parce que lorsqu’on reçoit une petite fille accompagnée d’une servante d’où elle habite, qui ne connaît rien du tout à sa condition et à ses habitudes de vie, ça ne donne pas une évaluation très profonde.
On travaille fort. Les stagiaires sont évidemment au stade d’apprentissage (et forcément, en raison du contexte inconnu, les superviseures aussi…). Sauf que les gens ici, malgré leur apparente improductivité dans leurs propres tâches, ont tendance à surestimer nos capacités. Le personnel et les patients ont de grandes attentes pour nous : plus de patients et plus de gens « guéris ». J’imagine que lorsqu’on fait nos notes de suivi, ils nous voient plutôt en train de prendre un rhum-punch sur la plage. Évidemment, ici, les notes au dossier, ce n’est pas vraiment la norme.
On ne sait pas non plus si la clinique de réadaptation pourra se poursuivre à l’hôpital. Beaucoup de contraintes financières et peu d’implication pour la pérennité du projet de la part des acteurs sur place. Des conflits employés-direction mêlés à tout ça. C’est un portrait très complexe et bien qu’on puisse maximiser nos efforts de transmission de connaissances et de proposition d’idées liées à la gestion, nos actions ont des limites. On ne peut pas tout contrôler, et l’effort doit aussi venir du milieu. Tsé, l’histoire du pauvre à qui on donne un poisson et celui à qui on enseigne plutôt à le pêcher. On peut pas toujours donner le poisson. Anyway, j’aime ça la pêche, mais je passerais pas tout mon temps là-dessus pour nourrir quelqu’un d’autre.
Bref, on fait ce qu’on peut. Et ce qu’on peut, j’imagine que c’est déjà ben assez.
Switching to Ableton Live 0_o
Marie tu pleures - Karkwa
Great song, amazing band and a good cause at the same time :)
It has being almost a month sinces I left Belgium -Wow!- I miss everything about it really hard everyday, and Chile doens't stop teaching me.
I didn't write before cause everything was way too "fresh", I didn't want to write about all the stuff that are/were still in process. Soon I'll update some things that surprised & teached me, I had already thought about it a lot &, yeah, I'm ready to tell all my conclusions about it! Yeeeih!
#It's blog time!