“Notre Empire du Nord,” La Gazette du Nord. May 6, 1932. Page 8.
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PALMAROLLE ET SES NOUVEAUX COLONS
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Au pays des mines, à une dizaine de milles du chemin de fer National du Canada, traversé par une rivière poissonneuse qui se jette dans le lac Abitibi. Palniarolle offre des avantages sérieux aux familles qui veulent établir leurs nombreux enfants. Ce sol d’alluvions argileux, défriché, égoutté et bien cultivé, produit en quantité le mil, le trèfle, les grains, les légumineuses et les légumes. Cette région deviendra fameuse pour l’industrie laitière l’elevage et la culture mixte.
Il y a à peine dix ans il ne se récoltait pas la 50 bottes de foin. On en fauche maintenant des millier.s de tonnes. L’an dernier, en plus de 10,000 minots de grain de la production du beurre, des oeufs, des volailles, du porc, des viandes, on y récolta divers légumes et des patates pour les besoins de la population.
Et Palmarolle est un fameux pays de chasse.
Quoique la foret soit d’une belle venue, le défrichement des terres est facile. La rivière Palmarolle est navigable et les usines de pulpe et de papier de l’Iroquous Falls sont à l’autre bout du lac Abibiti; ce qui donne aux colons un marchée avantageaux pour la vente de leur bois. Il ne faudrait pas oublier, cependant, qu’à Palmarolle comme ailleurs, présentement, les prix payés pour le bois sont descendus à un niveau ridiculement bas.
Palmarolle est à moitié chemin entre la voie ferrée et les fameux dépôts aurifères de la mine Beatty. Quoique de basse teneur ces minérais d’or sont si abondnts qu’il se bâtira là nous dit-on, une petite ville minière. Ce sera un marché avantageux pour ceux des colons qui vondront se spécialiser dans la production des denrées nécessaires aux mineurs du pays.
A Palmarolle on trouve une bonne chapelle, des écoles, de bons chemins, des magasins, un presbytère et un curé actif et dévoué aux intérêts de sa paroisse.
Le 18 mai dernier, sur le convoi quittant Québec et Montréal pour Cochrane se trouvait un groupe de Canadiens qui allaient visiter les terres de notre empire du Nord, dont un M. Côté venu de Sherbrooke,
A Amos, ce dernier rencontre le missionnaire qui l’interroge.
—Vous venez pour vous établir au pays ?
- Vous êtes marié, je suppose?
—Un peu! une femme et treize enfants.
—Avez-vous un peu d’argent. pour vous partir?
- Nous, j’ai perdu ce que j’avais.
- Alors, comment esperez-vous arriver à faire vivre tout votre monde, dans un temps ou le bois ne se vend pas, en meme temps que vous défricherez une ferme, que vous la logerez, que vous achèterez des animaux et des instruments aratoires?
—Je ne le sais pas, mais je veux essayer.
Et M. Côté part pour aller visiter le pays. Le missionnaire n’avait guère confiance.
A Palmarolle, M. Côté achète une ferme de 300 acres dont une dizaine en défrichement, une partie en bridé sale, renversé, le reste en foret généralement pillée. Une bonnee grange était batie.
Son marché fait, à crédit, M. Côté retourne, arrêtant à Québec, demander du secours pour le transport de sa famille et de ses effets de ménage. Quand il fut connu qu’il avait 13 enfants et pas de capital argent, on lui refusa tout secours.
A Sherbrooke, M. Côté dut se débattre pendant un mois pour trouver le montant nécessaire au transport de sa famille et de ses effets de ménage.