HORS NORMES - Un juif et un arabe sont dans une galère…. Que se passe-t-il? Quelques blagues, forcément; mais quelques blacks qui rappliquent aussi, des bras cassés à réinsérer dans la foulée, voire même des handicapés et leur familles, à soutenir et à aimer…
Ça fait beaucoup? Non, pas tant que ça, car le tout se fait dans la bonne humeur, dans la bienveillance, dans une collaboration pleine de coeur et d’ouverture, de tolérance et de générosité, whatelse?!
En auraient-ils fait un peu trop? Les Naccache-Tolédano sont humanistes, engagés, pas prétentieux, sincères et sans détours. Généreux, universalistes, drôles, efficaces aussi; on ne peut pas leur reprocher grand chose sinon qu’ils ont, en plus, profité d’un sujet porteur.
Qui oserait dire qu’un film qui décrit la douleur du handicap, et la souffrance des familles qui tentent d’accompagner leur proche les a ennuyés, ou saturés d’un spectacle qu’ils préféreraient ne pas voir? Personne, d’ailleurs ce genre d’opus ne peut être qu’efficace: la dénonciation est toujours utile, et la sensibilisation à la différence, et à la souffrance silencieuse complètement fondamentale.
Il se trouve que le cocasse de certaines situations et l’exotisme (relatif) d’un contexte qui intrigue toujours (les juifs religieux et leurs pratiques), ne pouvait qu’augmenter l’aspect attractif d’un message plutôt triste et difficile. Cette leçon très réaliste dont on se passerait volontiers, mais qu’on accepte parce qu’elle s’énonce dans la langue d’un cinéma vivant et vibrant.
NOTE 13/20 - Même s’il surfe sur la vague d’un sujet incontournable et d’une information nécessaire à tous, Hors Norme reste original, et la simplicité de son propos souvent trivial et toujours réaliste, en fait tout le mérite.
Les histoires sur les handicapés, les maladies et les guerres qui n’en finissent plus de décimer la planète, c’est pas drôle, mais leur mise en scène peut révéler leur haut potentiel cinématographique…