Bienvenue dans Les Petites Glo, la petite sœur rebelle des Glorieuses.
Résolument badass, infiniment impertinente, c’est la première newsletter féministe et culturelle destinée aux adolescent.e.s. Toujours empreinte d’un esprit #GirlPower, déculpabilisant et empowering as fuck, elle va révolutionner la semaine de celles et ceux qui veulent changer le monde.
Si ce n’est pas encore fait, recommandez-la à votre feminist squad !
Florence Fortuné & toute l'équipe des Glorieuses
par Florence Fortuné (Elle/Iel)
Mardi dernier s’est ouvert à Paris le premier Grenelle contre les violences conjugales. Qu’en est-il des violences que nous, millenials - gen Z ou peu importe comment les médias nous appellent - subissons ? Malheureusement, nous ne sommes pas épargné.e.s.
En 1992, un groupe d’adolescent.e.s a réussi à faire passer une loi interdisant toute forme de discrimination envers les étudiant.e.s LGBTQI+ dans l’Etat du Massachusetts. Aux Etats-Unis, le Conseil International des Jeunesses Indigènes, - un groupe de jeunes militant.e.s - a occupé Standing Rock pour défendre leur droit à une eau potable. Durant le Printemps Arabe, la jeunesse tunisienne a massivement participé à l’organisation d’une vague de manifestations pro-démocratie. L’activisme chez les jeunes a été un véritable levier pour changer nos sociétés au cours de ces dernières décennies. Comme le prouvent les exemples précédents, aucun problème sociétal n’est trop complexe pour nous. Ensemble, en nous organisant, nous avons le pouvoir de changer les choses. Les violences domestiques auxquelles nous sommes confronté.e.s ne font pas figure d’exception.
D’après l’Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France, réalisée par l’association En Avant Toutes en 2017, 1 femme de moins de 25 ans sur 7 a déjà été confrontée à un comportement violent de la part de son partenaire. En moyenne, 22% des femmes de tous les États membres de l’UE sont ou ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire dés l’âge de 15 ans. Pourquoi n’en parle t-on pas dans les médias mainstream, me demandez-vous ? Parce que l’on sait pas à qui s’adresser pour demander conseil et que l’on ne nous livre pas les informations nécessaires pour pouvoir identifier si ce qu’il se passe dans notre couple est problématique ou non. Alors on crée des comptes Instagram pour échanger nos expériences, on se tourne vers des sources qui ne sont pas spécialisées ou on s’enferme dans notre silence. Si le consentement nous est à peine enseigné sur les bancs de l’école, les limites à instaurer dans une relation les sont encore moins. D’ailleurs, si ce n’est sur des comptes Instagram de développement personnel, où nous explique t-on ce que signifie une “relation saine” ? Nulle part, ou presque et Instagram ne suffit plus.
“Quand on est ado, on n’a pas le réflexe d’appeler le 39 19, on a envie de se tourner vers des personnes qui partagent la même expérience que nous, qui nous comprennent”, ai-je entendu lors de l’événement “Safe Place Day” organisé par le collectif We Are Safe Place et TOMS samedi dernier. J’ai instantanément eu envie de me lever et d’applaudir (je ne l’ai pas fait, #TeamTimide). Après avoir quitté la salle quelques heures plus tard, je me suis plongée dans mes souvenirs. J’ai repensé à ces longues heures passées sur le lit d’une amie pendant mes soirées pyjama à parler, sans m’arrêter. C’était ça, l’antidote pour me faire partager mes doutes et mes craintes. C’était là, mon “safe place”, l’endroit où je me sentais enfin en confiance. Je pouvais dire “il me donne l’impression que je ne vaux rien”, à cet instant-là, il n’y avait plus de jugement. Ce flux de paroles, sans attendre nécessairement de réponse en retour, juste de savoir que ce moment existait, était déjà libérateur. Même si l’oreille attentive que j’avais en face de moi n’allait pas tout régler en un claquement de doigts, je savais que je n’étais plus seule. Cette parenthèse sororale m’engageait déjà sur le - long - chemin de la guérison.
C’est précisément ce qu’offre le collectif We Are Safe Place, une communauté créée par les membres du Gucci Gang au sein de laquelle nous pouvons tou.te.s partager nos expériences et nous soutenir mutuellement. Ce qu’elles offrent à travers leur compte Instagram, leur boîte mail et leurs événements : une écoute, beaucoup de bienveillance et une présence rassurante. « En tant que jeunes femmes, nous estimons qu’il est de notre devoir d’aider d’autres jeunes femmes. », déclarent Annabelle, Angelina et Crystal et Thais, fondatrices du Gucci Gang. En France, c’est aussi l’association En Avant Toutes qui s’engage en mettant en place un tchat anonyme et gratuit pour toutes les personnes qui vivent des abus dans leur relation. Dans le cadre de la campagne #StandForRespect, elles se mobilisent pour sensibiliser le public à la violence domestique chez les jeunes, élargir les réseaux de soutien pour les jeunes victimes de violences sexuelles, psychologiques ou physiques dans leurs relations et créer des espaces sûrs pour un dialogue ouvert et inclusif.
Comme je le dis depuis l’existence de cette newsletter et continuerai de le répéter tant qu’elle existera : tu n’es pas seul·e. Et si tu doutes de ta relation, sache que nul n’a le droit de te traiter autrement que comme ce que tu es : une personne formidable. Le tabou de la violence dans nos relations n’a qu’à bien se tenir, on arrive.
Voici quelques ressources que l'on ne répétera jamais assez :
Le tchat d'En Avant Toutes
Le Collectif We Are Safe Place
Le 3919 : le numéro dédié aux violences conjugales
SOS Viols : 0 800 05 95 95. Numéro gratuit et anonyme, disponible du lundi au vendredi de 10h à 19h.
https://lesglorieuses.fr/safe-place/?utm_medium=email&utm_campaign=LesPetitesGlo%20%20Saison%204%20-%20Edition%20Spciale&utm_content=LesPetitesGlo%20%20Saison%204%20-%20Edition%20Spciale+CID_36b9f06a7908c0b0996fd1f37e4867e0&utm_source=Email%20marketing%20software&utm_term=Lire%20la%20mme%20chose%20en%20ligne