Dix ans que tu es dans ma tête,
Comme si le passé n’avait pas changé d’adresse.
J’ai appris à avancer avec peine,
Sans vraiment croire qu’elles me laissent.
Attachée à un souvenir vif,
Devenu parfois abrasif, addictif.
Et cette cicatrice qui brouille mon cognitif,
Tout devenait compulsif, impulsif… comme toi, comme moi.
Je rêvais d’un avenir doux,
Pourtant l’orage est passé et m’a laissée la rage.
Écroulée, j’ai roulé, vogué et erré dans une cage,
Mais au milieu de tout ça, j’ai trouvé mon courage.
Même si ma vie semblait un mirage,
Je voulais abattre tous ceux qui volent
Une part d’une histoire volage.
Et puis, après dix déblocages, j’ai compris.
J’ai compris, tu étais un comme tous ceux qu’on croise,
Derrière ton égoïsme, tes tromperies m’ont laissé peu d’appétit.
Mais j’ai marché jusqu’à atteindre la misophonie,
Tout semblait enfui jusqu’au moment où j’ai rencontré ceux pour qui il est possible que je ris.
Je suis redevenue une apprentie,
Pour régler les conflits et j’ai réussi.
J’ai appris que mes cicatrices sont des reliques,
Et qu’avec le courage, on transforme tout ce qui est toxique.
Et puis un soir, tu es arrivé, simplement,
Autour d’un verre, avec ce sourire qui défie le temps.
Tiens, regarde-moi, j’ai un peu de folie, suis-je jolie ? À toi de me le dire, sincère.
Que vois‑tu derrière ce rouge à lèvres qui maquille mes lèvres ?
Il ne s’agit pas de nous, mais un peu quand même, tu le sais, tu le devines.
J’ai peut-être envie d’aller plus loin,
J’ai confiance jusqu’à demain, et peut-être plus… enfin, pourquoi pas ?
Chaque regard, chaque geste, me fait vaciller,
Entre peur et désir, je me laisse approcher.
Tes doigts jouent sur mes mains, tes yeux frôlent mes envies,
Un souffle, un rire, et mon cœur oublie ses folies.
Chaque murmure est une danse, chaque sourire un défi,
Je me perds dans ce jeu, je ris, je me laisse séduire, oui.
Et puis il y a ces jours simples, où je t’envoie un message,
Ou juste une image, un sourire, sans besoin de voyage.
On rit, on se taquine, on se dit des “je t’aime” légers,
Sans drame, sans cicatrice, juste nous deux à rêver.
Chaque geste, chaque mot, construit un amour sain,
Pas besoin de fantasmes, ni de retour en arrière, ni de lendemain.
Juste toi et moi, nos petites histoires et nos rires partagés,
Un amour qui soigne, qui grandit, qui sait s’ancrer.
Depuis ce soir-là, mes cicatrices se referment doucement,
Deux ans que tu es là, et mon passé ne me tourmente plus vraiment.
Tu as appris mes peurs, mes rages, mes nuits ardentes,
Et dans tes bras, mes blessures sont devenues des flammes apaisantes.