l’insociable sociabilité humaine
Pourquoi ce besoin des autres ? L'homme est un animal politique écrivait Aristote.
Mon vice est plus profond : j'attends des autres leur venue vers moi. Comme si c'était le devoir de graviter vers moi. Ah bah tant qu'à faire ils peuvent aussi vivre à ma place, tiens ! Non mais c'est vrai man, y a de l'abus quelques fois. Genre moi qui clame haut et fort manquer de confiance en moi, qui se pose la question de ma propre légitimité, j’attends des autres un mouvement vers moi. Mais, pour qui me suis-je pris au juste ? Un dieu ? Oui parce que les gens vont vers leurs divinités, les gens vont vers leurs parents, amis, connaissances.Ils ne vont pas vers les gens qu’ils connaissent à peine sans raison. Malheur,je crois bien que je fais partie des gens en attente, de ceux qui attendent un sourire avant de le rendre, de ceux qui attendent gentiment qu’on leur donne le droit-de avant d’entreprendre une action .
Mais qu'est-ce donc que j'attends ? Attendrais-je la vie ? BORDEL y a un problème à ce niveau... car LA VIE PASSE. Comme un flot, elle coule et glisse comme un cours d'eau, indépendante et vive. Elle balaie, récupère et englobe tout ce qui a sur son passage. Mais elle n'est pas comme le bus qui s'arrête à chaque station. La vie est continue et lorsqu'elle s'arrête, c'est fini. Elle passe, inévitablement, à une vitesse des plus remarquables.
EST CE QUE C'EST VRAIMENT UNE QUESTION D'HABITUDE ? ATTENDONS NOUS UN GESTE DES AUTRES A NOTRE ENCONTRE SEULEMENT PAR HABITUDE ? Que serait cette habitude ? Une habitude de l'attente... Une habitude confortable en fait. On ne prend pas beaucoup de risques en attendant que les choses se passent. Quelle vie regrettable !
Alors même que je suis dans une posture attentiste, dans un repère, un cocon sécuritaire où je suis bercée par le chant de l'attente. Que je suis donc dans un mode d'action hautement passif puisque dans les faits je ne fais rien pour aller vers l'autre (au contraire, il m'arrive souvent de le fuir (chose que je gère d'une manière singulièrement ouf). J'attends, j'exige, je quémande insidieusement l'autre de venir vers moi comme s'il était de son devoir de venir vers moi. En fait je suis dans une posture où je suis tellement inscrite dans mon confort attentiste que je l'oublie. Ce qui explique pourquoi après je suis déçue et en colère contre les “gens”. Ce qui me fait dire a posteriori des choses hallucinantes : “ils sont tellement coincés du cul!”. Mais noooon c'est pas eux, c'est toi.
De ton cul, ils ont en rien à faire, fouttrement rien. Toi en revanche leurs culs te fais effet et tu jases, tu jases de ne pas être dans l'action avec eux.











