Jour 10 - lundi 16 juin (début de l'opération commando)
Débroussaillage, désherbage, tri de plantes, rempotage.
Température 8,5°C à 6h50, max. 16,7°C.
L'arrivée la veille en soirée force la remarque que ça se transforme dans le jardin. Ça continue de pousser, ça fleuri encore un peu plus...
Je démarre la matinée par une séance de débroussaillage sur le parking public du jardin et le parking du personnel technique.
Il y a les tenants du tout débroussaillé façon urbaine, ceux qui préfèrent la prairie fleurie (entendez par là : on laisse faire la végétation et on ne touche à rien), puis ceux qui sont un peu des deux en pensant aménager des bassins de prairie fleurie sur des zones bien propres et bien délimitées.
Il faut aussi faire avec les caprices du matériel.
Un peu de désherbage secteur Japon, près du miroir pour finir la matinée.
La fin de matinée est consacrée à la préparation des travaux lourds que l'on va mener dans le secteur des Pyrénées.
Le secteur des Pyrénées n'a pas été entretenu pendant de nombreuses années. Mais c'est une zone qui est frontale à l'arrivée dans le jardin et son état se prêtant très difficilement à l'identification botanique fait tâche (entendez par là : c'est une mini-jungle laissée à l'abandon, ça fait mauvais genre). Le plan Lautaret 2030 prévoit que cette année on réaménage la zone Pyrénées : voilà, eh ben ça tombe sur moi/nous.
La zone Pyrénées, c'est ça :
Étiquettes noyées dans la végétation très dense, espèces inter-colonisées... c'est illisible et surtout c'est devenu inentretenable.
On nous explique comment on va s'y prendre pour réaménager la zone.
Nous, les stagiaires, allons découper le sol en tranches/strates d'une vingtaine de centimètres. Sur ces mottes nous allons faire le tri des espèces présentes que le jardin souhaite conserver. Il s'agit de ré-isoler les espèces, puis désherber les mottes.
Ensuite il s'agira de rempoter les heureuses élues, de les stocker et d'en prendre soin durant le temps des travaux (qui s'étalonneront certainement jusqu'au mois d'août).
Le sol décaissé sera regarni de terre et on fera une plantation des espèces rempotées, avec une organisation tip-top dans les bassins.
"Trop facile" j'entends dire.
Eh bien c'est parti dès le début d'après-midi.
J'ai travaillé avec l'équipe "tri et rempotage", en recevant les énormes mottes de terre et leurs végétaux solidement enracinés dessus.
Le dumper Wall-e est sollicité pour nous apporter la matière à un rythme effréné.
A l'aide d'une bétonnière on crée une terre pour le rempotage adaptée aux espèces de montagne : pas trop riche, drainante.
La mixture comporte du terreau, de la pouzzolane et du "sable" à base de graviers fins à très fins. La recette de cette mixture est à peu près aussi bien gardée que celle du Coca-Cola.
Quand ce sont des Iris que l'on remporte : on coupe. Quand il y a des fleurs : on coupe. Il faut éviter que les plants ne s'épuisent trop dans les difficiles conditions d'attentes qui seront les leurs avant d'être replantées.
On ajoute un paillage minéral qui a pour but de bien laisser passer l'eau et que celle-ci ne s'évapore pas (moins) en surface.
Puis on stockes les élues dans la nurserie
Pendant ce temps là on pense à l'autre équipe qui, elle-aussi en plein soleil, donne des coups de bêches pour décoller la végétation du sol.
Les pauvres ont l'étrange impression de ne pas avoir beaucoup avancé, alors que c'est très loin d'être notre perception ! Et effectivement quand on voit leur travail, on se dit "tout ça pour ça ?".
Eh oui, le travail sera long et ce sera certainement à mon tour de donner des coups de bêches ingrats dès demain matin...
Bonus du jour : photos du joli jardin.
Attention : un erreur s'est glisée dans cette série de photos. Si vous pensez l'avoir trouvée : vous avez certainement raison.