AGITATION FRITE, le volume 3, sous-titré “chroniques de l’underground français” est en cours de rédaction. Il contiendra entre autres un TOP 320 commenté des albums les plus singuliers en la matière. Merzbo-Derek en diffusera quelques extraits avant parution en 2018 chez Lenka lente… À signaler, bien qu’annoncé partout “out of stock”, il reste encore quelques exemplaires du premier volume chez Metamkine : qu’on se le dise !
VINCENT GÉMIGNANI, Modern Pop Percussion (1970)
JEAN-CLAUDE VANNIER, L’Enfant assassin des mouches (1972)
Quand Modern Pop Percussion, originellement sorti sur Concert Hall, a été réédité à juste titre par Musique pour l’image, référence 35 avec titre (Musique pour un voyage extraordinaire) et tracklisting différents, il a été présenté par Robert Viger comme une suite de matériaux sonores d’une grande richesse pour l’illustration musicale. Vrai ! À son écoute, le temps du splendide « Ophis le serpentaire » par exemple, on peut évoquer Airto Moreira, Les Percussions de Strasbourg, voire Miles Davis rencontrant Jean-Claude Vannier (période L’Enfant assassin des mouches, voir chronique plus loin).
PATRICE SCIORTINO, Chronoradial (1970)
BERNARD PARMEGIANI, Chants magnétiques (1974)
CHARLES BELLONZI & ROBERT VIGER, Structures percussions (1972)
MARTIAL SOLAL, Locomotion (1974)
Patrice Sciortino est un compositeur contemporain passé par le Groupe de Recherches Musicales parisien. Comme pour certains de ses confrères, l’un de ses meilleurs disques a été édité par un label consacré à la library music : l’excellent PSI, sous-label de Musique pour l’image, dirigé par le pianiste Robert Viger, spécialiste du genre. À son catalogue, à côté de jazzmen français réputés, tels les pianistes Henri Renaud et Georges Arvanitas, figure l’électroacousticien Bernard Parmegiani avec l’édition originale des Chants magnétiques – une pièce majeure !
En duo avec le batteur de jazz Charles « Lolo » Bellonzi (connu pour avoir fait partie d’un trio de Martial Solal et accompagné Maurice Vander, René Thomas, Ivan Jullien ou Claude Nougaro), Robert Viger a réalisé un disque, certes pas foudroyant comme un Cecil Taylor / Tony Oxley, mais étonnant à bien des égards, où voisinent compostions d’ambiances et improvisations bruitistes.
Sur le même label, Martial Solal délivre en Locomotion le disque de jazz funky ultime en trio piano électrique / acoustique, accompagné par Henri Texier (basse) et Bernard Lubat (batterie). Son auteur l’avait quasiment oublié, car à l’époque on prenait ce genre de disque, depuis largement réhabilité par les DJ curieux, pour de la musique au kilomètre. Les accords répétitifs d’« Un Drôle d’escalier roulant », par exemple, possèdent quelque chose de bêtement fascinant ! Certes, on est loin de la palette harmonique et des digressions virtuoses de ses solos tel Nothing But Piano.
( Bernard Lubat, par là )