Repenser la réalité
La réalité n’est pas donnée, l’appréhension du monde à travers les images est sans cesse reconfigurée par leurs interprétations successives. Celles de Jon Rafman sont le reflet d’un rapport construit qui se joue des ambivalences entre réel et fictionnel. Non seulement le public, au même titre que l’utilisateur, perçoit le monde dit réel à travers le filtre de l’écran, mais le monde virtuel doit aussi être accepté comme partie du monde réel 98. L’écran ne me coupe pas de la réalité mais au contraire me permet d’en imaginer de nouvelles 99. Dans cette conception, il faut cesser de penser le virtuel comme une opposition au physique et au matériel mais bien le considérer en tant que potentiel.
Jon Rafman déconstruit ainsi la dichotomie entre des pseudo-mondes qui n’appartiennent qu’au même ensemble, celui de nos perceptions 100. L’écran n’est pas une frontière mais une interface qui met en connexion une matérialité tangible avec un univers intangible et potentiel construit via les réseaux. L’imagination au sein de la boucle serait-elle une libération ? Inquantifiable et insaisissable, j’en suis l’unique interprète.









