Foyer
Le monde est vaste, gigantesque, d'une telle taille que l'esprit humain ne peut l'appréhender véritablement sans se focaliser sur de petits points de détails, paysages, architectures, lieux de vie ou de passage. Ce sont des îles, des phares, des points de certitudes qui nous permettent d'appréhender des distances vides autrement si faramineuses qu'elles vous perturbent l'esprit.
On peut courir toute sa vie autour, en suivant autoroutes ou sentiers, cherchant alternativement le fourmillement incroyable des villes surpeuplées ou la solitude sublime des zones les plus reculées. Chaque endroit a sa valeur, le cœur des déserts brûlants, les forêts primitives impénétrables ou les bidonvilles en bordure des cités, la complexité d'organisation des métropoles hyper-connectées ou l'incroyable efficacité simpliste d'un village ancestral perdu. L'air, la terre, le feu, l'eau et l’œuvre des animaux et des hommes trouvent une infinité de moyens de se combiner pour offrir aux yeux et à l'esprit de quoi s'émerveiller pour bien plus longtemps qu'une vie humaine.
Mais. Si l'on veut cesser de se focaliser sur les petits tourbillons et les éléments fixes et contempler le spectacle dans sa globalité, quelque chose manque toujours.
Un simple endroit que l'on peut appeler chez soi révèle enfin l'immensité de ce que signifie le planète sur laquelle nous vivons. Cet endroit créée, ou révèle, une nouvelle facette de vous-même. Il aiguise votre joie d'une simple pensée, aussi loin que vous en soyez, et parfois, pour un peu de temps, par sa simple existence, il retient le temps et la vie en place, et vous colle au cœur une nostalgie poignante alors même que vous êtes dans un des lieux les plus objectivement fantastiques que le monde ait à offrir.
"Je suis rentré" est une phrase qui devrait guérir l'humanité entière.








