Les trottoirs de la rue triste étaient à ce point étroits qu’on marchait au milieu de la chaussée sur d’anciens pavés au dos arrondi et cernés par des touffes d’herbe et de mousse verte. Au 17 de la rue se trouvait sa boutique ou plutôt son échoppe, comme il disait. Marc était né là, dans l’arrière-boutique de cette cordonnerie comme l’indiquait une inscription soigneusement peinte sur la porte : MARC CORDONNIER et qui aurait pu laisser croire que « Cordonnier » était le nom de famille autant que la profession. La nuit tombe sur la rue triste. Chacun est rentré chez soi. Les rideaux sont tirés, les volets fermés. Le couvre-feu. Comme en d’autres temps, celui du veilleur de nuit que Marc avait entendu dans Les Huguenots de Meyerbeer : Dormez, habitants de Paris. Tenez vous clos en vos logis. Que tout bruit meure. Quittez ces lieux. Car voici l’heure, l’heure du couvre-feu… (Robert Sabatier, Le cordonnier de la rue triste, 2009).
Argis, Ain.















