Mais nous n'en faisons pas profession.
(image impitoyablement piquée chez Casse Toi Pov' Gif)
Oui, nous sommes méchants de nous moquer de Nadine Morano.
Méchants parce qu'en l’occurrence à vaincre sans péril nous triomphons sans gloire : il est plus qu'évident que cette femme, emportée par sa fougue vis à vis de Nicolas Sarkozy, ne prend pas du tout la mesure de son manque de crédibilité, voire de l'amusement qu'elle suscite.
Et c'est là l'objet de ce billet.
Je pense que, bien plus que les moqueurs amateurs dont je fais parti, c'est surtout les professionnels des medias "sérieux" qui devraient se poser des questions.
L'exemple le plus marquant est surement l'interview de Jean Jacques Bourdin que j'ai mis en lien hier (voir ici).
Voilà un journaliste réputé pour son ton incisif qui invite une femme politique connue pour être approximative et soupe au lait. Un choix tout à fait loufoque à moins de vouloir juste se "payer" une proie facile.
Le plus beau étant que, malgré deux clashs la veille, elle annonçait tout de même sur twitter cet interview : comme si le taureau vous invitait à la corrida.
Ce que je ne comprend pas, c'est que le "non candidat mais en pleine campagne quand même" Sarkozy a déjà une responsable de communication pour sa campagne : Valérie Rosso-Debord. On est alors en droit de se demander pourquoi Nadine Morano se retrouve dans toutes les émissions de radio et télévision en lieu et place de cette femme. Surement parce que cette dernière n'est pas aussi "vendeuse" que notre Nadine : calme, ne s'acharnant pas lorsqu'un sujet est en dehors de ce qu'elle maîtrise, et gardant dans les medias push comme sur tweeter une distance raisonnable vis à vis du flux d'actualité. J'imagine aisément qu'il est préférable d'inviter Nadine Morano avec la certitude qu'elle s'offusquera de la première question qui ne serait pas totalement en adéquation avec son point de vue. Mais peut on prétendre faire de l'information sérieuse tout en alimentant sciemment le show politique ?
Faute également à l'UMP.
Sachant que ce personnage est désormais sur-médiatisé, il serait peut être judicieux (voire salvateur) de lui donner quelques conseils de navigation dans la tempête. Quand on connait le gout de l'UMP pour la communication, pourquoi ne fait-il rien pour sauver le soldat Morano ? A moins que ce soit la technique décrite il y a quelques temps dans Kamelott :
On passe pour des cons, les autres se marrent, et on frappe.
EDIT : Petite illustration de mes propos : http://www.dailymotion.com/video/k6x4w4YHvzAe2y2FykQ