Prendre de l’élan - Jour 9
Il faut prendre la route nationale 112 pendant une heure quarante pour arriver dans la vieille maison en bois.
Son intérieur est plein de préciosité, cabinet de curiosités ; cornes d’auroch, bougie jésus-notre-sauveur, vieux tapis improbables, tabouret en selle d’Harley et malles de voyages. Une véranda cercle la maison et les lumières s’allument en tirant sur des chaines pendant du plafond. L’escalier craque au dessus d’une toilette encastrée.
Les journées filent comme la rivière des doigts et seuls les flots du fleuves de voitures rappellent les délices du continent nord-américain. On va construire la ville juste au bord de la route, ce sera plus pratique. À côté de la maison est posé un cimetière à la pelouse fraichement tondue. Sous les uniques gouttes de pluie qui tombèrent, je lâchai quelques fleurs coupés. Geste païen d’adieu, rituels incertains de ceux qui sont loin. Mais la distance des corps fait mieux sentir le coeur. Danse, danse, danse et honore tes morts. Ces jours de calme prennent maintenant fin. Ce soir, nous rentrons à Montréal. Demain, Elie va rentrer en France et la semaine prochaine, un bus m’emmènera vers New York. Je frissonne d’extase en pensant à l’arrêt nocturne de 20 minutes dans le bus stop d’Albany. Les routes seront longues jusqu’au 8 octobre, mais elles seront belles et je serai neuf.
















