« Sa mort me laisse sans voix. » Et cependant, un cortège de voix l’accompagne. Mais quelle voix ? Celle qui me quitte sans me laisser sa voix ? Ou plutôt celle qui me laisse là privé de ma voix ? La lamentation n’est-elle pas une plainte adressée à sa voix perdue ? Car le silence ne va pas de soi. Le corps, qui imprime à la voix ses plus purs accents, pose aussi à celui qui se plaint (à celui qui profère le laudatio) la question de sa voix.
Dominique Laporte, Le deuil la nuit, Éditions Furor, 2014










