Le sectarisme progresse au sein de l'Hexagone surfant sur l'ignorance d'une partie de la population à propos de la crise sanitaire.

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Le sectarisme progresse au sein de l'Hexagone surfant sur l'ignorance d'une partie de la population à propos de la crise sanitaire.
À pas de loup
À pas de loup
Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s’installer à La Barbarie, un éco-hameau niché en plein coeur des Alpes-de-Haute-Provence, c’est bien pour fuir un quotidien trop pesant. pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons. Mais l’équilibre de cette nouvelle vi va un jour se fissurer. Un…
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“Qui pourrait porter impunément la main sur l’oint de l’Éternel” (1 Samuel 26 :9).
La manipulation au sein d’un groupe, qu’il soit religieux ou pas, pour qu’elle fonctionne doit surtout empêcher toute forme de critique. Tout manipulateur, conscient ou inconscient, ne supporte pas la critique. Si quelqu’un ose le critiquer, le manipulateur va réagir en lançant contre cette personne des remarques dévalorisantes ou même insultantes.
Dans les milieux évangéliques, outre le fait d’utiliser certains textes bibliques sortis de leur contexte, le manipulateur va utiliser des textes qui lui permettent d’asseoir son autorité et donc sa domination sur celui qui ose faire une critique. L’un des textes favoris de certains “pasteurs”, c’est celui qui dit : “Qui pourrait porter impunément la main sur l’oint de l’Éternel” (1 Samuel 26 :9).
Le pasteur manipulateur utilise ce texte pour étouffer dans l’œuf toute forme de critique concernant son enseignement, sa manière de vivre ou de diriger. En fait, il utilise l’arme d’une menace divine contre ceux qui oseraient le critiquer. Si vous êtes en contact avec un pasteur qui utilise ce texte, ou d’autres textes du même genre, pour asseoir son pouvoir de domination sur votre vie, sachez que vous êtes en présence d’un manipulateur et qu’il peut vous amener à faire des choses contraires à la volonté de Dieu. Soyez sur vos gardes. Si votre critique objective n’avait pas d’autre but que de vouloir attirer son attention sur certaines anomalies ou disfonctionnements et qu’il refuse de les entendre en avançant cet argument, soi-disant biblique : “On ne touche pas à l’oint de l’Éternel” c’est que vous avez à faire à un manipulateur.
Une autre manière d’étouffer toute forme de critique constructive au sein d’un groupe, c’est de dévaloriser le plaignant en le traitant de “charnel”. Cela signifie que celui qui élève une critique agit d’une manière non spirituelle. Parfois, certains milieux évangéliques attribuent à ce mot “charnel” un sens péjoratif. L’apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens développe ce concept d’hommes charnels et d’hommes spirituels (1 Corinthiens 2 :14 à 3 :4). Nous n’allons pas faire ici l’exégèse de ce texte, mais signaler seulement que certains pasteurs ou responsables religieux, tordent le sens de ce texte en l’utilisant à leur avantage pour étouffer toute forme de critique. Ils se placent d’emblée dans la position d’hommes spirituels. Cette attitude très cléricale, est évidemment aux antipodes du caractère de l’homme spirituel qui considère les autres (quels qu’ils soient) comme étant au-dessus de lui-même (Philippiens 2 :3). L’homme spirituel est avant tout humble et respectueux des autres.
Un conseil pour ce jour :
Si quelque responsable de communauté est sourd à vos remarques, n’acceptant jamais de se remettre lui-même en cause, s’il se place au-dessus des autres, comme “oint de l’Éternel”, si toute critique constructive et objective est refusée, il se peut que vous soyez en présence d’une forme de comportement sectaire.
Paul Calzada
“Étant parti de là, Jésus entra dans la synagogue. Et voici, il s’y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils demandèrent à Jésus : Est-il permis de faire une guérison les jours de sabbat ? C’était afin de …
“Étant parti de là, Jésus entra dans la synagogue. Et voici, il s’y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils demandèrent à Jésus : Est-il permis de faire une guérison les jours de sabbat ? C’était afin de pouvoir l’accuser … Combien un homme ne vaut-il pas plus qu’une brebis ! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat. Alors il dit à l’homme : Étends ta main. Il l’étendit, et elle devint saine comme l’autre. Les pharisiens sortirent, et ils se consultèrent sur les moyens de le faire périr” (Matthieu 12.9/14).
Ce texte de l’Écriture nous montre, qu’au sein du groupe religieux des pharisiens, il y avait une pensée qu’ils partageaient sans la remettre en cause : l’observation stricte du sabbat. Jésus, au sein du monde juif auquel il appartient, va proposer une nouvelle approche de la pratique du sabbat. Jésus aurait pu guérir ces malades un autre jour. Pourquoi a-t-il choisi ce jour ? Parce qu’il voulait provoquer une réflexion au sein du groupe des pharisiens. L’observation du sabbat en était arrivée à annihiler la loi supérieure de l’amour du blessé, du malade, du faible. Certes la loi du respect du sabbat était inscrite dans les dix commandements, mais la lecture qu’ils en faisaient était tellement rigide qu’ils en oubliaient la loi de la miséricorde. Le groupe des pharisiens était unanime dans l’interprétation qu’ils faisaient du texte biblique. Jésus introduisant une nouvelle lecture du texte biblique devient dangereux pour le groupe. C’est pourquoi ils veulent l’éliminer, le faire périr.
Nous pouvons transposer cette pression qui existait au sein de ce groupe religieux à toutes sortes de pressions au sein de communautés contemporaines. Supposons que dans une église évangélique les personnes se recueillent et prient assises sur leur chaise et qu’un des membres se mette spontanément à genoux, ou bien debout, pour prier, il peut alors paraître comme suspect. Si l’un des “gardiens” du groupe considère ce comportement comme inacceptable, il va accuser d’orgueil la personne qui a agi d’une manière différente. Il va rassembler autour de lui une large majorité du groupe, il va vouloir que la personne en question reconnaisse qu’elle a eu tort d’agir ainsi et si elle ne le reconnaît pas il va monter le groupe contre cette personne, générant ainsi une attitude de rejet.
La pensée unique, lorsqu’elle fonctionne dans un groupe, devient une puissance de manipulation extrêmement pernicieuse. Jésus n’a pas accepté cette pression de la part des religieux, il a gardé sa liberté de pensée. L’unité de pensée, différente de la pensée unique, ne doit pas provenir d’une pression exercée par un groupe mais doit être le résultat d’une action du Saint-Esprit.
Un conseil pour ce jour :
Si dans une communauté religieuse quelle qu’elle soit, votre liberté de penser différemment est remise en cause, et que vous êtes mis à l’index, c’est qu’il existe une forte pression à tendance sectaire.
Paul Calzada
“Nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom ; et nous l’en avons empêché… Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus… Qui n’est pas contre nous est pour nous” (Marc 9 :38/40).
Les disciples considèrent qu’ils sont les seuls à détenir toute la vérité puisqu’ils suivent Christ. Tous ceux qui n’appartiennent pas à leur groupe sont à bannir. Ils ont développé une pensée de groupe tellement forte qu’ils en deviennent sectaires. Jésus les invite à revoir leur attitude. La pensée de groupe s’installe au sein d’un groupe, quel qu’il soit, lorsque celui-ci se croit le meilleur. Le groupe a le sentiment de détenir lui seul et d’une manière absolue toute la vérité. Dans ces conditions toute pensée dissidente qui viendrait à se manifester, au sein du groupe, est fortement réprimée. L’intrus qui amène une idée nouvelle est considéré comme un corps étranger et mis de côté. Ceux qui appartiennent au groupe ont le sentiment d’une certaine supériorité.
L’un des moyens de manipuler des individus appartenant à un groupe c’est ce qui est appelé en langage des comportements humains : la pensée de groupe. Lorsque la pensée de groupe est en place, elle casse toute capacité de jugement propre et d’esprit d’autocritique. Le groupe a toujours raison, le dissident à tort. Le groupe rationalise ses propres injustices mais souligne avec partialité les prétendus errements de celui qui est différent. Toute démonstration ou affirmation qui contredit la ligne choisie par le groupe est ignorée. Il y a toujours une ou plusieurs personnes au sein du groupe qui s’engagent activement à écarter les dissidents. Une forte pression est exercée sur les individus pour qu’ils se soumettent aux décisions du groupe, sinon ils sont exclus, écartés des débats, sanctionnés ou rejetés. D’ailleurs, il arrive souvent que le groupe étudie le cas de ce dissident en son absence. Ce n’est que lorsque le groupe est arrivé à une conclusion «unanime» que l’opposant est alors invité à «s’expliquer». En fait on lui assène les conclusions sans entendre ce qu’il a à dire.
Ce mode de fonctionnement renforce l’autocensure, en effet chaque membre du groupe voyant ce qui arrive aux dissidents, préfère garder ses opinions divergentes pour lui. Ainsi il n’est pas écarté du groupe où, tout de même, il se sent sécurisé. Comme les opinions divergentes ne sont pas exprimées, ceci crée l’illusion de l’unanimité. Lorsque celui qui a une pensée divergente parle individuellement et séparément avec chaque membre du groupe, il a le sentiment que chacun le comprend et accepte ses arguments. Mais, lorsque tous se retrouvent dans le groupe, ceux qui semblaient l’avoir compris se taisent.
Un conseil pour ce jour :
Si vous appartenez à un groupe religieux, à une association, à une communauté où vous retrouvez ce mode de fonctionnement, c’est que vous êtes dans une structure où la dérive sectaire est potentiellement possible, Soyez vigilant(e)s.
Paul Calzada
“Lorsque tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, tache en chemin de te dégager de lui, de peur qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que celui-ci ne te mette en prison” (Luc 12.58).
Jésus n’interdit pas l’éventualité d’aller devant le magistrat mais rappelle qu’un arrangement amiable vaut mieux qu’un “bon procès”. Voici comment est présentée la justice civile par l’apôtre Paul : “Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu… Ce n’est pas pour une bonne action, c’est pour une mauvaise, que les magistrats sont à redouter. Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais-le bien, et tu auras son approbation. Le magistrat est serviteur de Dieu … ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal…” (Romains 13. 1/5).
Les seuls qui ont à craindre une action judiciaire sont ceux qui n’ont pas respecté le droit des personnes, qui ont bafoué la liberté, qui ont fait “le mal”, comme le dit l’apôtre. D’ailleurs l’apôtre ne considère pas le magistrat comme un infidèle duquel il faut se tenir à distance mais il le qualifie de serviteur de Dieu. Certes l’apôtre encourage les croyants à ne pas avoir de procès entre eux, et dans le cas où un conflit émerge il suggère que des hommes sages du sein de l’assemblée prononcent un jugement équilibré. Ce conseil apostolique a été repris et même institutionnalisé par divers courants chrétiens lesquels ont établi des tribunaux ecclésiastiques, des commissions ad hoc pour examiner les situations de conflits. On arguera, pour justifier la mise en place de cette justice interne, que la justice des magistrats de ce monde n’est pas compétente pour juger des affaires ecclésiastiques, et même on ajoutera que cette justice civile n’est pas toujours juste, qu’elle favorise le riche au détriment du pauvre, comme le décrivait Jean de la Fontaine : «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir».
Mais la justice religieuse est-elle aussi impartiale et juste qu’elle le prétend ? N’est-elle pas parfois entachée de sectarisme ? Dans l’histoire du christianisme, nous savons à quoi ont conduit les tribunaux de l’inquisition. Sans remonter à l’époque du moyen âge, nous savons comment les systèmes religieux ont justifié l’apartheid, la Shoa, la guerre “dite” sainte et bien d’autres discriminations. Là où l’on fustige la loi imparfaite des hommes, pour imposer une loi religieuse, ne sommes-nous pas déjà sur la pente glissante des dérives sectaires, comme nous le montre le radicalisme des uns ou des autres ?
Un conseil pour ce jour :
Êtes-vous dans un milieu où l’on fustige la loi séculière et où l’on encense la loi religieuse du groupe, soyez prudents, car derrière ces discours se cache un fonctionnement sectaire.
Paul Calzada
“Quelqu’un de vous, lorsqu’il a un différend avec un autre, ose-t-il plaider devant les injustes, et non devant les saints ? … Quand donc vous avez des différends … Pourquoi ne souffrez-vous pas plutôt quelque injustice ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouiller ?” (1 Corinthiens 6 :1/7).
Le chrétien évangélique est vivement encouragé à se laisser dépouiller, à supporter l’injustice. Cette attitude est rattachée au modèle que Jésus lui-même nous a laissé : “Lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement” (1 Pierre 2:23). D’une manière générale, nous pouvons dire que les chrétiens évangéliques ne sont pas procéduriers, car ils adhèrent à ces paroles de l’Écriture. Cependant il ne faudrait pas tomber dans une passivité coupable. Il est des situations où les injustices doivent être dénoncées et traitées selon la loi.
Lorsque certains responsables ou groupes évangéliques utilisent ces textes de l’Écriture pour réduire au silence les personnes victimes de quelque injustice, c’est alors qu’il y a une expression de dérive sectaire. Ainsi, par exemple, il peut se produire que des membres d’une association, victimes de certains abus ou injustices, soient culpabilisés s’ils veulent faire valoir leur droit devant la justice. La dérive est d’autant plus marquée quand l’association, qui culpabilise ses membres au nom du respect de l’Écriture, inscrit dans ses propres statuts qu’elle peut ester ses membres devant les tribunaux s’ils ne respectent pas les décisions de l’association.
Il n’est pas interdit de défendre ses droits, lorsqu’ils ont été bafoués. C’est ce qu’ont fait Paul et Silas : “Paul dit aux licteurs : Après nous avoir battus de verges publiquement et sans jugement, nous qui sommes Romains, ils nous ont jetés en prison, et maintenant ils nous font sortir secrètement ! Il n’en sera pas ainsi” (Actes 16 :35.40). Paul et Silas ont été accusés injustement d’être des fauteurs de trouble. Ils ont ensuite été battus et jetés en prison (Actes 16:19/24). Ils se sont laissé dépouiller et brutaliser sans rien dire. Cependant, le lendemain matin, lorsque les magistrats ont voulu les faire sortir secrètement, ils ont fait valoir leurs droits.
De nombreux croyants pensent qu’intenter des procès, ce n’est pas biblique. Ce n’est pas exact, il est des situations où l’on ne doit pas faire l’économie de faire cesser l’injustice. Certaines femmes battues, par exemple, pardonnent sans cesse leur mari violent, et ne pensent pas à faire cesser cette violence en faisant valoir leur droit et en portant plainte. Leur silence n’aidera pas ce mari à prendre conscience de son problème. Rappelons également qu’il est obligatoire de défendre le droit des mineurs lorsqu’ils sont violentés. Ne pas faire valoir leur droit, c’est se rendre coupable de complicité avec ceux qui les violentent.
Un conseil pour ce jour :
Dans la mesure où vous pouvez faire établir vos droits, faites-le. Pour les droits d’un enfant vous devez le faire. Interdire ces droits, c’est une dérive sectaire.
Paul Calzada