David Moreau adapte la BD à succès de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti “Seuls” et en fait un teen movie plutôt sombre tant sur la forme en optant pour des couleurs bleu-gris voire carrément noir à l’opposé de la BD très colorée que sur le fond où il arrive à créer rapidement un climat anxiogène. Si on s’attache plutôt au personnage de Leïla (Sofia Lesaffre), il n’en va pas vraiment de même pour les quatre autres de la bande qui basculent entre poltronnerie et insignifiance. Les jeunes acteurs n’excellent pas vraiment et manquent de complémentarité malgré leurs traits différenciés marqués: il y a donc Leïla, la beurette qui n’a pas froid aux yeux, Dodji, le black de service qui était forcément incarcéré, Yvan le fils à papa pleutre, Camille, l’intello à lunettes et Terry, le petit dernier malicieux. Il est dommage sans doute que pour les besoins du format film, David Moreau soit passé plus vite sur les 4 derniers de la bande, les rendant du coup moins sympathiques et ôtant presque toute empathie pour leur sort de la part du spectateur. Un matin, Leïla se réveille. Son téléphone n’a plus de réseau. Elle accuse sa mère mais ne la trouve pas. La maison est vide, de même que la rue, le quartier, la ville... Elle finit par tomber sur d’autres ados qui sont aussi désemparés et désorientés qu’elles. On est loin du “Seuls two” du duo comique Eric et Ramzy. Ici, la solitude n’est que source d’angoisse, d’autant qu’une inquiétante fumée cerne la ville et qu’un lugubre personnage armé de couteaux et d’une arbalète comme dans the Walking Dead auquel les jeunes se réfèrent les poursuit. La BD mériterait sans doute d’être développée en plusieurs volets à l’instar des teen movies américains ou pourquoi pas sous un format série qui eût pu être plus adapté. Cela dit l’étonnant final dont je ne révèlerai rien appelle une suite, qui verra ou non le jour selon le succès de ce film-ci. Je suis quand même plutôt curieuse de découvrir le développement qui serait fait ensuite. To be continued...